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Full text of "Catalogue d'une partie des livres composant la bibliothèque des ducs de Bourgogne, au XVe siècle"

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in 2011 with funding from 

University of Toronto 



http://www.archive.org/details/catalogueduneparOOpeig 



DE 



L'ANCIENNE BIBLIOTHEQUE 

DES DUCS DE BOURGOGNE. 



Cet Owrage se trowe aussi 



A STRASBOURG, chez F. Lagier, lib. , rue Mercière. 

; Pelissonnier , lib. , rue des Math.-S.Jacq. 
PARIS , chez ] Techener , libraire , place du Louvre ; 

\ Dumoulin , libraire , «juai des Augustins. 



DIJON, IMPRIMERIE DE FRAMIN. l84l. 



CATALOGUE 

d'uke partie 
DES LIVRES COMPOSANT LA BIBLIOTHÈQUE 

DES 

DUCS DE BOURGOGNE , 

AU XV"= SIÈCLE. 

SECONDE ÉDITION REVUE ET AUGMENTEE 

DU CATALOGUE DE LA BIBLIOTHÈQUE DES DOMINICAINS 
DE DIJON, RÉDIGÉ EN 1307, 

Avec détails historiques, philologiques et bibliographiques, 
PAR G. PEIGNOT, ANCIEN BIBLIOTHÉCAIRE. 




A DIJON , 

CHEZ VICTOR LAGIER , LIB. -ÉDITEUR , PLACE ST. -ETIENNE. 

M. DCCC. XLI. 



LETTRE PRELIMIi\AIRE. 



A M. C.-N. AMAXTON. (i) 



Monsieur 



Je ne suis nullement surpris que votre goût pour 
les monuments littéraires français antérieurs à Tin- 
vention de l'imprimerie , goût très-répandu aujour- 



(1) Ne voulant rien changer , dans cette nouvelle édition , au 
plan adopté dans la première , qui a paru en 18 50 , nous con- 
servons cette Lettre préliminaire, quoique, depuis sa publication, 
nous ayons eu le malheur de perdre le digne arai auquel elle 
était adressée. M. Claude-Nicolas Amanton , né près d'Auxonne 
(Côte-d'Or), le 20 janvier 1760, est mort au château deMeudon 
le 28 septembre 1835 , emportant les regrets sincères de toutes 
les personnes qui l'ont connu. (Voyez notre Notice sur la i^'ie et 

1 



— G — 
d'hui , vous fasse vivement désirer la connaissance 
de quelques pièces assez curieuses récemment décou- 
vertes dans le vaste dépôt de nos archives de Bour- 
gogne , et qui m'ont été communiquées avec une 
extrême obligeance par M. Boudot, conservateur 
de ce précieux dépôt (i). Je m'empresse, Monsieur, 
de déférer à votre demande et de vous envoyer non 
pas ces pièces mêmes , mais un petit travail dont 
elles m'ont donné l'idée , et qui peut-être ne vous 
paraîtra pas dénué de quelqu 'intérêt. J'en ai puisé 
les matériaux dans les inventoires des joyaulx , vais- 



les ouvrages de M. "" C.-N. Amanton, insérée dans les Mémoires 
de l'Académie des sciences , arts et belles-lettres de Dijon , 
année 1836 ( partie des belles-lettres ) , /?. 124-142. — Vovez 
encore les articles que lui a consacrés le savant bibliographe, 
M. Quérard, dans sa France littéraire y Paris, 1827 et ann. 
suiv. , tom. 1 , /». 44-46; et dans sa Littérature française con- 
temporaine , Paris, 1840 et ann. suiv., tonj. 1 , /?. 29-31 , 
deux ouvrages capitaux , et qui , avec le précieux Manuel de 
M. Brunet, dont la quatrième édition doit bientôt paraître, for- 
meront le répertoire bibliographique le plus complet qui puisse 
exister. ) 

(1) Depuis la première publication du présent ouvrage, la 
mort a aussi frappé M. Boudot; il est décédé le 21 janvier 1838. 
Nous nous faisons un devoir de payer à sa mémoire le tribut de 
notre reconnaissance. Nous avons le bonheur de retrouver la même 
obligeance dans son savant et zélé successeur , notre digne ami , 
M. Maillard de Chambure, secrétaire actuel de l'Académie des 
sciences de Dijon , président de la commission des antiquités 
de la Côte-d'Or , etc. , etc. , etc. 



selle d'or et d'argent, aoiirnements de chapelle, Hures , 
draps d'or et de soye , chambres , tapisseries, tableaux, 
robes et aultres , biens-meubles , délaissés à la mort des 
Ducs et des Duchesses de Bourgogne de la dernière 
race (1). Toutes les richesses étalées dans ces somp- 
tueux inventaires étaient bien faites pour m'éblouir; 
mais , en vrai philosophe , je les ai dédaignées , et 
ne me suis attaché qu'aux livres : j'en ai fait un relevé 
exact et que je crois fidèle , malgré les difficultés que 
m'a offertes une écriture très-difficile à déchiffrer , 
formée de caractères entrelacés , et hérissée d'abré- 
viations ; puis de ce relevé j'ai formé un catalogue 
nouveau dans son genre, qui renfermera une bonne 
partie des livres qui composaient la bibliothèque de 
nos Ducs. Je vous soumets ce catalogue, Monsieur , 
dans Fespoir que vous ne serez pas fâché de voir en 
quoi consistait la bibliothèque d'un prince dans ces 
temps reculés où Tart de l'imprimerie et la poste , 
seuls moyens de communication , n'existant pas 



(1) Ces inventaires , les seuls dont j'ai eu communication 
jusques à ce moment, sont, 1° celui de Philippe-le-Hardi , 
mort à Hall le 27 avril 1404 ; cet inventaire a été rédigé la 
même année. 2^ Celui de Marguerite de Flandres , veuve de 
Philippe-le-Hardi , morte à Arias le 16 mars 1405; sou inven- 
taire a commencé le 7 mai 1405. 3° Celui de Marguerite de 
Bavière , veuve de Jean -sans-Peur , morte à Dijon le 23 janvier 
1423; son inventaire a commencé deux jours après sa mort. 
A"" Et celui de Charles-le-Téméraire , tué devant ISancy le 
5 janvier 1477 ; son inventaire a été rédigé par ordre de 
Louis XI et a commencé le 6 mars de la même année 1477. 



encore , les livres devaient être fort rares ; vous 
verrez aussi quelle était leur condition , comment 
on en dressait le catalogue , etc. Les usages des xiv'' 
et XV* siècles sont si di f férents des nôtres , qu'on éprouve 
toujours un certain plaisir à en faire le rapproche- 
ment. 

Mais, avant d'entrer dans des détails purement 
bibliographiques sur la bibliothèque des Ducs de 
Bourgogne , il est bon de dire un mot du goût de ces 
princes pour les lettres , et de leur empressement à 
accroitre continuellement ce qu'on nommait alors 
leur Librairie : ce sera , Monsieur , le principal objet 
de la lettre que j'ai l'honneur de vous adresser. 

Quoique les livres fussent encore rares au xiv® 
siècle , où il n'existait que des manuscrits , la biblio- 
thèque commencée par Pliilippe-le-Hanh était de- 
venue promptement une des plus considérables et 
des plus belles de cette époque (i). Ce prince aimait et 



(1) On ne peut guère lui comparer que celles de ses deux 
frères , Charles Y , Roi de France , et Jean , Duc de Berrj. Ces 
trois bibliothèques pouvaient passer pour les plus considérables 
et les plus curieuses de l'Europe. Nous exprimions le désir que 
l'on en rédigeât les catalogues; nous indiquions les sources. 
Les inventaires manuscrits, disions-nous, existent encore à 
Paris , et on en trouverait aussi des parties imprimées dans les 
Mémoires de V Académie des Inscriptions , dans les Dissertations 
de l'abbé Lebœuf , dans V Histoire de Charles VI , par Le 
Laboureur , dans etc. , etc. La publication de ces catalogues, 
ajoutions-nous, serait d'autant plus intéressante , que ces trois 
bibliothèques ont été presqu'entièrement dispersées avant qu'on 



— 9 — 
recherchait avec avidité tout ce qui pouvait con- 
tribuer à son instruction et à son amusement sous 
le raj port httéraire ; c'est dire que la passion des 
livres le dominait ; rien ne lui coûtait pour la satis- 
faire. Il serait curieux de voir l'état complet des 



songeât à établir la bil liotlièque du Roi sous Louis XIII (a). 
Vers 1430 , le duc de Bedfort avait enlevé et conduit en Angle- 
terre une grande partie de celle de Charles V y Charles VI et 
Charles VII ; on ne sait guère ce qu% st devenue celle du Duc 
de Berry ; et celle des Ducs de Bourgogne a éprouvé toutes 
sortes de dilapidations depuis la mort de Charles-le-Téméraîre ; 
mais une grande partie était restée dans la Belgique et formait 
le fond de celle de Bruxelles , sur laquelle 31. de Lasema a 
donné une bonne notice en 1809. 

Gomme tous les Rois et les Princes dont je parle dans cette 
note sortent de Jean , Roi de France , je vais donner un petit 
stemma de leur famille, qui fera voir d'un coup-d'œil , et date 

(a) Pendant que nous formions ce vœu , M. J. Barrois, de Lille , alors 
député du Nord, l'a rempli avec succès parla publication de sa Bibliothèque 
protypograplùque , ou librairies des Jils du Roi Jean, Charles V , Jean de 
Jierry , Philippe de Bourgogne et les siens. Pai'is , i83o, de xl-346 oo^. 
et 5 planches. Cet ouvrage est très-curieux, et sou exécution typographique 
confiée aux presses de M. Crapelet ne laisse rien à désirer. — On con- 
sultera encore avec avantage sur une partie du sujet qui nous occupe , le 
précieux Inventaire ou Catalogue des livres de l'ancienne bibliothèque du 
Louvre, fait en l'année i373, par Gilles. Mallet , etc. ^ (publié par feu 
M. Van-Praet ) , Paris, imprimerie de Crapelet; i836, vol. gi\ in-i" ^ 
avec 2 fac-similé. Ce curieux et important ou^Tage a été le chant du cygne 
pour son illustre auteur. M. Joseph Van-Praet, conservateur de la biblio- 
thèque du Roi, l'un des premie s bibliographes de l'Europe, est mort le 
5 fé\Tier 1837, emportant les regrets universels auxquels ses vastes con- 
naissances et son extrême obligeance lui donnaient tant de droits. L'affec- 
t'ieuse bienveillance dont il m'honorait ne s'effacera jamais de ma 
mémoire. 



— 10 — 

dépenses particulières que ce prince et ses successeurs 
ont faites , soit pour se procurer de superbes ouvra- 
ges, soit pour en ordonner à grands frais l'exécution. 
Les écrivains , les enlumineurs , les relieurs , les 
libraires, tels que les Dyne et Jacques Raponde , les 
Polequin et Janequin Manuel, et tant d'autres, 
étaient continuellement à la recherche de tout ce 



par date, les rapports de la dernière race des Ducs de Bourgogne 
avec les Rois de Fmnce. 

Le Roi JEAN, 
Ké le 26 avril iSip. — Mort le 8 avril i364. 



CHARLES V, 
Roi de France , 

?f. le 21 janv. 1337. 

M. le 16 sept. i38o. 

I 
CHARLES VI, 
N. le 3 déc. i368. 
M. le 21 cet. 1422. 



Jeax , 
Duc de Berry, 
N. le 3o nov. i34o. 
M. le 14 juin 1416. 



Philippe-le-Hardi , 
Duc de Bourgogne , 

N. le 1 5 janv. i342. 

M. le 27 avr. 1404. 

I 
Jean -sans-Peur , 

N. le 28 mai 1371. 

M. le 10 sept. 14 19. 

I 

PerLIPPE-LE-BoN , 

N. le 3o juin iSyô, 
M. le i5 juin 1467. 

I ^ 
Charles-le-Téméraire, 
N. le 10 nov. i433. 
M. le 5 janv. 1477. 
Louis XI s'empare du ducLc de Bourgogne en 1477 ; et ce 
qu'il y a de singulier , c'est que ce Roi ignorait , dans le principe, 
que ce duché fut réversible à la Couronne , à défaut d'héritiers 
malcs , et Charles n'avait qu'une fille , Marie , née le 13 février 
1457, qui épousa l'archiduc Maxim ilien , le 20 août 1477, et 
qui mourut le 27 mars 1482, d'une chute de cheval, à la 
chasse au héron. 



CHARLES TU, 
N. le 22 fév. i4o3. 
M. le 22 juillet 1461. 

I 
J'ajoute LOUIS XI 
N. le 3 juillet 1423. 
M. le 3 août 148 3. 



— 11 — 
qui pouvait flatter en ce genre la noble passion de 
ces princes; et ils s'empressaient de venir leur offrir 
le résultat de leurs découvertes , bien persuadés de 
la magnanime générosité avec laquelle ils étaient 
accueillis. 

Le duc Philippe ne se bornait pas à de simples ac- 
quisitions d'ouvrages ni à faire exécuter de riches 
manuscrits ; il mettait aussi à contribution le génie 
et les talents des personnes instruites de son temps , 
et leur prescrivait les sujets qu'il désirait que l'on 
traitât. C'est par ses ordres que l'histoire de son 
frère , le Roi Charles V , fut composée par Christine 
dePisan. Elle-même le dit dans le premier chapitre 
de cette histoire ; voici ses propres expressions qui 
donneront une idée de Tétat de la langue et du style 
français dans ce siècle où l'aurore de la littérature 
commençait à poindre : 

.... « Pour ce, moy Christine de Pisan , femme 
)) soubz les ténèbres d'ignorance au regard de cler 
» entendement, mais douée de don de Dieu et na- 
» ture, en tant comme désir se peut estendre en 
» amour d'estude, suivant le style des primerains 
» ( anciens ) et devanciers nos édiHeurs en meurs re- 
» devables ; à présent par grâce de Dieu et solicitude 
» de pensée , emprens ( entreprends ) nouvelle com- 
» pillacion menée en style prosal et hors le commun 
» ordre de mes autres passées, à ce meiie, par 
» estant informée que ainsy plaist estre fait à tresso- 
» lemnel et redoubté prince Monseigneur le Duc de 
)) Bourgongne, Phelippe fils de Jehan, par la grâce de 



— 12 — 

» Dieu Roy de France , par lequel commandement , 
» ceste dicte euvre ay emprise , suppliant sa digne 
» et vertueuse humilité , que le défaut de la foi- 
» blece de mon sçavoir soyt souppleyé, visant moy 
» non instruicte de science. ...» 

Plusieurs autres ouvrages commandés par le Duc 
de Bourgogne attestaient son goût et le désir de ne 
composer sa bibliothèque que de bons livres. Lui et 
son frère le Duc de Berrv se faisaient réciproquement 
des cadeaux de livres. On trouve dans différents 
inventaires que M. de Berry donna à M. de Bour- 
gogne les Dialogues Saint Grégoire , in-fol. sur vélin, 
et Joseph, De l'anciennefé des Juifz, gr. in-fol. sur véhn; 
et dans d'autres, que M. de Bourgogne donna à M. de 
Berry le Livre de la Fleur des Ystoires, in-fol. sur 
vélin, et le Livre de toutes les Cités du Monde , in-fol. 
sur vélin. 

La bibliothèque du même Duc Philippe fut encore 
augmentée des livres assez nombreux qu'il eut de la 
succession de Louis de Maie, comte de Flandre 
(mort en 1383), dont il avait épousé la fille, 
Marguerite de Flandre, unique héritière de son 
père. On sait que les arts, le commerce et l'indus- 
trie ont été très-florissants dans le xii^ siècle sous les 
anciens comtes de Flandre ; c'est une preuve de la 
protection qu ils accordaient aux lettres qui n'ont 
pas cessé d'être encouragées parles derniers Comtes , 
surtout par Louis III , dit de Maie, dont nous venons 
de parler. 

Jean-sans-Peur , en héritant en 1404 des riches 



— 13 — 
possessions de Philippe-le-Hardi , hérita aussi de 
son goût pour les lettres ; mais sa vie orageuse ne 
lui permit pas de donner autant de soins que son 
père à l'augmentation de sa bibliothèque. Cependant 
on y trouvait plusieurs livres qui portent son nom 
soit dans le prologue ou dédicace, soit comme lui 
ayant été donnés en présent ou exécutés par ses 
ordres. 

Il était réservé à Philippe-lj^-Bon, qui succéda à 
Jean-sans-Peur en 1419, de surpasser son père et 
son aïeul par son goût pour les lettres (1) et son 
amour pour les livres , malgré les terribles événe- 
ments qui signalèrent une trop grande partie de sa 
carrière. C'est sous lui que la Maison de Bourgogne 
fut élevée au rang des premières puissances de 
l'Europe -, ses immenses richesses le mirent en état 
de se procurer tout ce qu'il pouvait désirer dans 
tous les genres, mais surtout en fait délivres, objets 
très chers alors (2). Aussi sa bibliothèque devint une 



(I) Par sou testament, fait le 8 décembre, Pbilippe-le- Bon 
fonda le Collège de Dole , qui depuis est devenu si célèbre sous 
le nom de l'Arc. (\. notre Choix de Testaments anciens et 
modernes , remarquables par leur importance , leur singularité 
ou leur bizarrerie. Paris , Renouard , et Dijon , Lagier , 1829 , 
'^vol. m-8% tom. I, pp. 109-110, et 1-21-122. ) C'est là que 
nous donnons des détails sur l'université de Dole et sur l'éta- 
blissement du Collège de l'Arc. Le testament de Pbilippe-le- 
Bon et les circonstances curieuses de sa mort occupent, dans 
ce premier volume, les pages 101-122. 

(2) Les livres étaient considérés commç joyau r , et les pcr- 



— 14 — 
des plus nches de Tépoque, selon le témoignage 
des contemporains , et surtout de David Aubert , 
d'Hesdin en Artois , qui s'exprime ainsi dans le 
prologue de sa Chronique de Naples , écrite en 1443 : 

(( A cestuy présent volume esté grosse et ordonné 
» pour le mettre en sa librairie {^de Philippe-le-Bon), 
» ou autrement, et non obstant que ce soit le prince 
» sur tous aultres garny de la plus riche et noble 
» librairie du monde , si est il moult enclin et dési- 
» rant de chascun jour Faccroistre comme il fait ; 
)) pourquoi il a journellement et en diverses con- 
» trées grands clers , orateurs , translateurs et 
» escripvains à ses propres gages occupés, etc. (1). » 

n est certain que Philippe-le-Bon a fait composer, 
traduire et copier un grand nombre d'ouvrages tant 
pour enrichir sa bibliothèque et pour son amuse- 



sonnes auxquelles on confiait le soin des bibliothèques portaient 
le titre de gardes-joyaux. Quant à la cherté des livres dans les 
temps anciens , et particulièrement au XV^ siècle , voyez notre 
Essai de Curiosités bibliographiques , Paris, 1804, m-8° , 
pp. jv-xvj du Discours préliminaire ; nous y avons rapporté 
plusieurs exemples de la valeur exorbitante de certains livres 
appartenant à des particuliers , et nous y avons ajouté un 
extrait du Catalogue de la bibliothèque de Jean , duc de Berry, 
avec le prix qu'a coûté chaque ouvrage. Il n'est question 
laque de sommes de 150, 200, 300 écus d'or, pour un 
livre. 

(1) Voyez la notice d'un manuscrit intitulé : Le Tournois 
de la Gruthuse , par le savant M. Yan-Praet {Esprit des 
Journaux, octobre 1780, pp. 214-227.) 



— 15 — 
ment particulier , que pour l'instruction de son fils 
Charles. C'est ce que dénote l'inscription de beau- 
coup de livres qui lui ont appartenu, comme par 
exemple les suivants : La Fleur de toutes les Ystoires 
compilée par Jehan Mensel de Hesdin, enrichi d'ymaiges, 
fait au commandement de Philippe le Bon, en 1430, gros 
vol. in-fol. sur vélin ; et l'Ystoire de Gérard de Nevers 
et de la belle Euryane , sa mie, avec cette suscriptionà 
la fin : Escript par moy Guyot d'Angers par le comman- 
dement de mon très redoublé seigneur Philippe, par la 
grâce de Dieu duc de Bourgongne, de Brabant, etc. In-fol. 
sur vélin; Gérard de Roussit Ion, traduit du latin en 
françoys , par ordre du Duc de Bourgongne, sur vélin , 
in-fol. ; et une infinité d'autres ouvrages portant 
toujours la même suscription au commandement, ou 
par ordre du duc Philippe-le-Bon. 

Les seigneurs les plus distingués de sa Cour s'em- 
pressaient aussi de lui offrir des livres. Parmi eux , 
on distingue ceux de la maison de Croy qui se sont 
soutenus si longtemps en grande faveur près de ce 
prince , au point d'exciter la jalousie et même les 
plaintes de son fils Charles. Les Hvres qu'ils lui ont 
offerts sont : Les Secrés des Philosophes , ou le Livre de 
Thymes le philosophe , traictant de la génération et des 
choses ; — Le Régime des Princes ; — Le Thrésor des 
Sciences ; — Le Livre des Bonnes Mœurs , par Jacques 
Legrant ; — Les Chroniques Martiniennes ; — Les sept 
eages du Monde ; — Le Livre des trois Vertus, par 
Christine de Pisan ; — Le Débat de Félicité, par Charles 
Soi Ilot. Chacun de ces ouvrages est écrit sur vélin et 



— IG — 
de format in-folio; et combien d'autres ont été 
dédiés an même Duc , tels que les suivants , qui le 
portent expressément sur le titre : La Vie de Saincle 
Hélène, dédiée à Philippe, Duc de Bourgnigne, en 14i8, 
par Jehan Vauquetin (1). — L'Estrif de la Fortune et de 
la Vertu, par Martin le Franc, prieur de Lausanne , 
dédié au Duc de Bourgoigne. — Sept Traités , tous 
dédiés au Duc Philippe-le-Bon, par Christine de 
Pisan , savoir : Le Chemin de Bonne Estude — ; 

Epistres sur le Roman de la Rose ; la Cité des 

Dames ; la Moralité que donna Othea , la déesse à la 

prudence ; Othea la déesse ; Cent Ballades — ; le 

Début de deux Amants; tous ces ouvrages sur vélin , 
in-fol. Ajoutons que la plupart des livres de Philippe- 
le-Bon avaient des couvertures du plus grand luxe ; 
ils étaient reliés en velours , en satin , en damas , 
enrichis de perles, d'émeraudes, de saphirs, etc. , 
avec des fermoirs d'or ou d'argent doré. Rien n'éga-i 
lait la richesse de cette bibliothèque. 



(1) Ce Jean Vauquelin est encore auteur de V Histoire 
d'Alexandre-le-Grand, qu'il composa à la demande de Jean 
de Bourgogne , Comte d'Estampes , Seigneur de Dourdaing 
(Dourdan). Ce Jean de Bourgogne, dit Jon II , est le petit- 
fils du Duc Pliilippc-le-H;jrdi , et fils de Philippe, Comte de 
]\evers, qui fut tué, ainsi qu'Antoine, Comte de Rethel , son 
frère, à la malheureuse bataille d'Azincourt, perdue le 24 
octobre 1415, contre les Anglais. Jean II de Bourgogne est 
né à Clameci , le jour môme de la mort de son père , c'est-à- 
dire le 24 octobre 14 15. Il est mort à Nevers le 25 septembre 
1491. 



Philippe-le-Bon mourut en 1467 (1) ; Charles , 
son fils, lui succéda. Quoique d'un naturel fou- 
gueux porté à la guerre , il aimait la lecture et se 
plaisait particulièrement à Thistoire des anciens 
conquérants , comme plus conforme à son caractère 
ambitieux et guerrier. Aussi Commines dit dans ses 
Mémoires : « Il (le Duc Charles) désiroit grand 
» gloire qui étoit ce qui plus le mettoit en ses 
)) guerres que nulle autre chose ; et eust bien voulu 
» ressembler à ces anciens Princes dont il a esté 
» tant parlé après leur mort. » Son règne très-agité 
n'a été que de dix ans , et malgré cela il s'est occupé 
de sa bibliothèque. On en voit la preuve dans le 
prologue des Croniques de Pise , traduites de l'italien, 
où le traducteur assure qu'il a fait cette version pour 
complaire au Duc Charles , « lequel , dit-il , moult 
» voulentiers preste temps à oyr les faicts des An- 
» ciens, dignes de mémoire. « Ces Croniques exis- 
taient avant la révolution , et peut-être existent-elles 
encore dans la bibliothèque de Bruxelles , où il se 
trouvait plusieurs autres livres avec indication cer- 
taine qu'ils y ont été placés de son temps , tels que 
V Eloge du Duc Philippe de Bourgoigne, par Georges 
Castellain, son historiographe, — Traictié de la Tyrannie, 
translaté de Xénophon , par Charles Soillot, sonfillieulet 



(l) Ce prince laissa, à sa mort, 400,000 écus d'or mon- 
nayés, dans ses coffres; 72,000 marcs d'argent, et pour 
2,000,000 de francs de meubles et autres effets précieux. Tout 
cela fut bientôt dissipé par son fils Charles. 



— 18 — 
son secrétaire. — Débat de Félicité, par le même Soillof. 
— Cy ri régis institutio , translaté du grec de Xénoplwn , 
en suite du commandement du Duc, par ung orateur 
nommé Pogge; in-V écrit sur vélin. — Alexandre 
Quint Curce, composé par vénérable personne Vasque de 
Lucena portugalois (1). 

Outre ces livres déposés dans la bibliothèque du 
Duc Charles par ses ordres , il y en avait un qui lui 
était plus agréable que les autres : c'était la Cyropédie 
ou Y Histoire du premier Roy Cyrus , que ce Vasque de 
Lucena , que nous venons de nommer , avait tra- 
duite du latin en français exprès pour Charles , qui 
semblait avoir pris ce Roi pour modèle. C'est ce que 
paraît indiquer le traducteur dans son prologue ou 
plutôt dédicace : « Quant aulcuns, dit-il, auront 
» lu ceste Histoire du premier Cyrus , translatée du 
» latin en françoys , et quant ils regarderont la 
» très grande similitude de sa vie , meurs et con- 
» duicte aux vostres , je ne doubte qu'ilz ne pensent 
» que je ne Fay point translatée , mais faicte et 



(1) Olivier de la Marche, dans ses Mémoires, parle avec 
éloge de ce Vasque ou Vasco de Lucena , qu'il nomme Vas de 
Lusaue. « Or, dit-il, que je n'ai pas don de grâce, la 
» clergie , la mémoire ou l'entendement de ce vertueux escuyer 
» Vas de Lusane portugalois , à présent eschanson de Madame 
» Marguerite d'Angleterre, Duchesse douairière de Bourgo- 
» gne, lequel a fait tant d'œuvres , translations et autres bien 
» dignes de mémoire, qui le font aujourdhuy estimer entre 
M les sachans , les expérimentez et les recommandez de nostre 
» temps. » 



— 19 — 
» composée pour deux causes , la première adfîn de 
» vous complaire en approuvant tous vos faicts et 
)) vos affections... La seconde adfin de faire appa- 
» roir que les statuts et ordonnances dudict Cyrus 
» estoient de plus grande rigueur et austérité que 
» ne sont les vostres... » 

Cet ouvrage plaisait tellement au Duc Charles , 
qu'à l'exemple d'Alexandre , qui avait toujours un 
Homère avec lui, il ne quittait point ce volume 
de la Cijropédie. Il faisait partie de ses bagages. Ce 
prince l'avait avec lui à la bataille de Nancy , où il 
fut défait et tué le 5 janvier 1477 (1). 



(1) C'est ce précieux manuscrit qui a été adjugé , à Paris , 
pour la somme de 715 fr. , à la Vente des livres de M. de 
Bruyères Chalabre, le 22 mai 1833 ; voici quelle en était l'an- 
nonce dans le catalogue de vente , sous le n° 753 : 

« Histoire de Cjrus , Roi de Perse , composée par Zenophon 
» le philosophe , et intitulée : De la très bonne Monarchie ; 
>) translatée de grec en latin par Pogge de Florence , et de latin 
» en français par flasque de Lucene ; in-îo\. ^ mar. bleu, 
» dent. rel. par Bozérian jeune. 

»> Superbe manuscrit sur vélin , du xv« siècle, avec sept belles 
» miniatures, dont la première a 7 pouces de haut, sur 6 1/2 
» de large ; et les six autres 4 pouces de haut , sur 3 pouces 
» de large. La première est entourée d'un encadrement de 
» fleurs et d'animaux en couleurs sur fond d'or ; les autres ont 
» un semblable entourage à la colonne en tète de laquelle elles 
» se trouvent. 177 feuillets chiffrés, plus cinq feuillets de 
» table. 

» Les têtes et les costumes sont d'une grande perfection ; la 
)' première miniature représente l'auteur offrant son livre à 



— 20 — 

On trouvait aussi dans la bibliothèque du même 
Duc un Valere Maxime traduit en français par Simon 
de Ilesdin et Nicolas de Gonesse, que ce prince prêta, 
Tannée même de sa mort tragique , à Moses Ugo de 
L rries , envoyé du roi d'Aragon Jean II et de son 
fils Ferdinand , roi de Castille , pour le traduire en 
espagnol ; ce qu'il fit en sept mois. Cette traduction 
espagnole fut imprimée à Saragosse en 1495 , 
in-folio. La traduction française le fut en 1475 et 
1477, in-folio; mais on ignore où, car il n'y a ni nom 
de ville, ni nom d'imprimeur sur ce livre. C'est sans 
•doute en Belgique , où l'imprimerie a été portée sous 
le règne du Duc Charles , à Alost en 1473 , à Louvain 
en 1474 , et à Bruges , Anvers et Bruxelles en 1476. 
Quoi qu'il en soit , un exemplaire de cette première 
édition du Valere Maxime en français , a été vendu , 
en 1784, chez le duc delà Vallière, 150 liv. ( V. son 
catal., n" 5656. ) 

Mais l'un des livres les plus précieux de la biblio- 
thèque du Duc Charles était un Psalterium écrit en 



» Charles duc de Bourgogne , auquel s'adresse la dédicace qui 
>♦ se trouve sous la miniature. » 

L'acquisition de ce beau manuscrit a été faile au nom de 
S. 3L la Rfine des Belges, (H il a été déposé par ses ordres à 
la bibliothèque de Bourgogne, à Bruxelles, le 14 juin 18'^)3 , 
vingt-trois jours après son acquisition. Depuis plus de trois 
siècles, on ignorait le sort de ce livre précieux; la munificence 
de la Reine l'a fait rentrer dans la bibliothèque pour laquelle , 
dans l'origine , il avait d'abord été transcrit. 



— 21 — 
lettres d'or et d'azur et enrichi de plusieurs minia- 
tures très-brillantes qui représentaient les mystères 
de la vie de Jésus-Christ , ainsi que les sujets des 
principales fêtes de Tannée. Les diverses oraisons et 
prières qui s'y trouvent, étant adressées à différents 
saints révérés particulièrement en Angleterre, tels que 
S. Alban, S. Edmond, S. Oswald, S. Kenelius, etc. , 
il est présumable que ce manuscrit a été exécuté dans 
la Grande-Bretagne pour l'usage de quelqu'un de la 
plus haute distinction ; et on doit en tirer la consé- 
quence qu'il a appartenu à Marguerited'Yorck, sœur 
d'Edouard ÎY, troisième femme et ensuite douairière 
de Charles-le-Téméraire : il Tavait épousée en 1468, 
et elle est morte à Malines , en 1503 , vingt-six ans 
après son mari. 

Les livres des Ducs , à Dijon , étaient dans une 
tour de leur palais, appelée Tour de ta Librairie, 
comme il y en avait une à Paris au Louvre , sous 
Charles Y ; mais presque tous les Uvres étaient dans 
des coffres. 

Je ne prolongerai pas davantage cette petite no- 
tice sur le goût de nos Ducs pour les lettres et pour 
les livres ; j'aurais bien pu ajouter encore en preuve, 
l'épisode du séjour du Dauphin (depuis Louis XI ) à 
la Cour de ces Ducs , séjour pendant lequel le Dau- 
phin lui-même et ces princes faisaient assaut d'es- 
prit , en composant et racontant des historiettes , 
que l'on a publiées depuis sous le titre des Cent nou- 
velles nouvelles ; on en attribue l'invention à Louis XI 



— 22 — 
lui-même , car il est dit à la fin de l'avertissement 
qui est en tète du plus ancien manuscrit de ces contes 
( 1455) : « Nottés que par toutes les nouuelles où 
» il est dit par monseigneur , il est entendu mon- 
)) seigneur le dauphin , lequel depuis a succédé à la 
» couronne, et est le roy Loys unziesme, car il estoit 
i) lors es pavs du Duc de Bourgongne. » (1). 

Permettez que la présente serve d'introduction 
au catalogue , objet spécial de mon travail. 

Agréez, je vous prie , etc. 

G. P 



P. S. ]Ma lettre était terminée , Monsieur , et 
j'allais vous Tenvoyer, lorsque de nouvelles pièces, 
non moins curieuses que les précédentes, ont été re- 
trouvées aux Archives. Ces pièces sont relatives aux 
dépenses que faisaient les Ducs de Bourgogne en 
achat , en enluminure et en reliure de hvres ; je 
m'empresse de vous les adresser , parce qu'elles de- 
viennent une suite nécessaire aux détails que je vous 
ai donnés précédemment. Elles sont extraites des 



(1) On prépare en ce moment une édition critique , philolo- 
gique et littéraire des cent .nouvet les nouvelles, qui paraît de- 
voir être un monument d'érudition très-remarquabie , si l'on 
en juçe d'après le curieux prospectus signé de M. Leroux de 
Lincy, savant très-familier avec les vieux monuments de notre 
langue. Cette édition est annoncée à Paris , chez M. Paulin , 
libraire éditeur. 2 vol. gr. m-18. 



coMPTESqiie les préposés desDucs rendaient annuelle- 
ment de toutes les dépenses qui avaient été ordonnées. 
Pour ne pas fatiguer trop longtemps votre attention, 
je me bornerai à un petit nombre d'articles que je 
classe chronologiquement de 1373 à 147T. Quoique 
tous ne soient pas d'un égal intérêt, et que dans 
quelques-uns il soit question de sommes assez mi- 
nimes , ils n'en prouveront pas moins que nos Ducs 
s'occupaient de leur librairie, et avaient à cœur de 
l'accroître et de Fenrichir de bons et de beaux li\Te8. 
Nous avons fait précéder chaque article de la date 
du compte d où il est tiré et du nom du préposé 
qui Ta rendu ; puis nous ajoutons à chaque somme 
son évaluation en monnaie actuelle , d'après le taux 
du marc d'argent , et la réduction de la livre à l'é- 
poque de chaque compte. 

sors PHILIPPE-LE-HARDI (1). 

1373. ( Compte d'AMiOT Arnaut. ) « BeHn , en- 
lumineur à Dijon , escript et enlumine un Sept 
seaumes pour la Duchesse , pour 3 fr. (28 f. 45 c. ) 



(1) Quoique les Ducs de Bourgogne de la première race 
royale soient étrangers à notre travail , nous croyons pouvoir 
rapporter ici quelques articles qui les concernent et qui étaient 
parmi ceux qui font l'objet de ce Post-scriptum. Ces articles 
prouveront que ces Ducs , dont la série finit avec le jeune 
Philippe de Rouvre, mort en 1361 , avaient déjà le goût des 
livres. 

1347. ( Protocole de Dominique Curtiler. ) « Maislre 



— -24 — 
1374. ( Idem. ) » Le Duc estant au bois de Vincen- 
nes, le 22 janvier, fit faire pour li deux Almanachs, 
c estassavoir Tung en nombres communs et Taultre 
en chiffres. ( Le prix n'est pas porté au compte. ) 



Robert, scriptor divionensis, y demeurant, confesse que pour 6 
liv. monnoje courant maintenant, desquels il ha ehu et recehu 
de M. Bride 70^ et 50* à la nativité S' J.-B. , ycellui Robert 
doibt faire entièrement hun andffoncy auquel il faut environ 
dix quirs et plux, si plux il falloit, tant d'escripture et enlumi- 
nure et relolhure comme de autres chouses quelles quelles soient; 
liquel doibt estre enluminé d'azur et de vermoillon, elles grosses 
lettres floretées , et lequel il doibt rendre parfait deans la 
nativité S' J.-B. prouchaîne. » ( Sous le Duc Eudes IV. ) 

1354. (Dimanche YiLEL.) »\ngkalendrier à iij euangiles tout 
relié en deux aiselles (ais) couuerts de parchemin , et a deux 
fermeaux : ensemble vng Crucitiement d'or , d'azur et d'aultres 
couleurs ; payés par le Duc pour la Chambre des Comptes de 
Dijon. ( Le prix n'y est pas. ) 

1357. ( Protocole de N.... notaire à Dijon. ) >. Belin, fils de 
feu M* Laurent l'escripvain de Dijon , enlumineur , a reçu de 
Huguenin de Dijon, escripvain du Duc de Bourgogne ( Philippe 
de Rouvres ) , 24 florins pour l'enluminure d'un livre qu'on 
dit Vices et vertus , appartenant au Duc. 

1359. ( Dimanche Vilel. ) » Payé à Fourques de Meaulx , 
chapelain de la Royne,par ordonnance du Duc, datée de Rouvres, 
pour un Romant de la Rose , et le Testament de maistre Jehan 
de Meun, enluminés d'or , et bien escripts , 15 florins. » 

Philippe de Rou/re , dernier Duc de la première race, a ré- 
gné de 1349 à 1361 , époque de sa mort à l'âge de 16 ans. La 
première race des Ducs héréditaires a commencé en 1032, et 
finissant en 1361 , elle a duré 329 ans. Le duché a appartenu 
au roi Jean depuis 1361 jusqu'en 1363, qu'il l'adonné en apa- 
nage à son fils PhilIppe-le-Hardi , et il est resté dans cette fa- 
mille jusqu'en 1477 , c'est-à-dire 114 ans. 



— 25 — 
1375. (^Idem.))) Le Duc achepte ung Saulfier 
pour le petit Popart, varlet de chambre de Jehan 
Monsieur. ( Point d'estimation. ) 

1377. ( Idem). » Le Duc paye à Maistre Robert , 
faiseur de cadrans, à Paris, 4 f. (36 f. 45 c. ) pour 
ung Almanach qu'il avait faict pour li , pour cette 
année commençant le 1" janvier. 

)) A Robert Lescuyer, vendeur de liures , à Paris , 
pour unes Heures , et aultre liure appelle la Somme 
le Roy, 50 f. ( 454 f. 35 c. ) 

1382. (Idem, ) » Le Duc paye à Henriot Garnier 
Breton , 72 f. ( 51 1 f. 30. c. ) pour ung liure ap- 
pelle les Croniques des Rois de France. 

1383. (Idem.) » Le Duc donneau curé de Sauroise, 
6 f. ( 42 f. 80 c. ) pour deux liures qui disent le 
Commencement du monde , et que ledict curé présenta 
à madame la Duchesse. 

» Le Duc faict achepter une Bible pour les char- 
treux de Dijon , pour 35 f . ( 250 f . 05 c. ) 

1386. ( Odot Douai. ) « Le Duc achepte de frère 
Phihppe, son confesseur, un Catholicon, pour mettre 
en sa chapelle, 100 f. ( 714 f. 80 c. ) 

1386. ( JossET DE Halle.) « Le Duc paye à Martin 
Lhuillier, libraire , 16 f. ( 114 f. 15 c. ) pour cou- 
vrir viij liures, tous Romans et Bibles et aultres liures, 
dont vj seront couuerts de cuirs en grains. 

1388. ( Idem. ) » Payé par le Duc à Martin Lhuil- 



— 26 — 
lier, libraire à Paris, pour auoir relié et couiiert le 
grant roman des Marques du Duc ; relié, nétoyé et 
doré et rouuert en empreinte son roman nommé 
Shwdich ; 1) et relié d'une peau velue le roman de 
Merlin. ( Le prix manque. ) 

1390. f Idem.) » Décret entier et ung liure appelle 
Bktwnnaire, en iij volumes, envovez parle Duc dans 
ung poinçon , relié pour les chartreux de Dijon. 
( Sans prix. ) 

1393. (Jdem. ) » Le Duc achepte 30 f. (214 f. ) , 
ung petit Bréviaire à Tusaige de Paris. 

» Il fait recloer et rappareiller son romant de 
Lancelot. 

1397. (Idem.) » Le Duc enuoie de Paris une 
Bible de 22 fr. (157 fr. ), iij Entkifoniers , 40 fr. 
( 285 f. 35 c. ) , ij petits liares appelles , Tun Thé- 
saurus pauperum ; et l'aultre , Rémondine, 5 f . ( 35 f . 
67 c.) 

1398. ( Idem. ) » Gillet Daunai , escripvain à 
Dijon , est payé par le Duc de Tescripture de xii] 



(1) Je ne connais aucun ancien livre ou roman sous ce titre. 
Ne serait-ce pas une erreur du copiste , qui aura réuni trois 
mots dans un seul qu'il aura estropié? et au lieu d'écrire ^Vt 
noz dit y il aura mis Sinodich. Je fonde celte conjecture sur 
un livre qui est mentionné dans le catalogue suivant , et 
qui n'est désigné que par les trois premiers mots du livre ^ 
Si nous dit. 



quayers et demy du grand volume de la Bible que 
feu maistre Jelian de la Rose jadis escripvain avait 
commencié pour Tesglise des Chartreux, lesquels 
quayers le prieur des chartreux a reçus. Scauoir iij 
quavers et demy de raccomplissement de Jérémie et 
tout le liure de Jezechiel qui contient ix quayers et 
ung quayer du liure à'Ozée le prophète, au prix de 
34 s. 4 d. (19 f. 80 c. ) par quayer d'escripture. 

» Achat de parchemin , véelin , chevrotin , fron- 
cine , 40 f. (285 f. 35 c. ), fermeilles de cuivre, 
bourdons, doux de Rouen, doux de laton et de 
cuivre, soye de plusieurs couleurs , pour faire chapi- 
teaux , et cuyr de vaches pour faire tirouers pour 
conuertir en façon de liure; 50 f . 2 s. (362 f. 45 c. ) 

» Le Duc paye à Pierre Donnedieu , escripvain 
demourant à Paris, pour l'escripture de deux grands 
Antiphoniers par luy escriptz et notez pour Tesghse de 
Champmol, 60 fr. (428 fr. ), et pour enluminer et 
florir d'azur et de vermillon , coler , traare ( sic ) et 
rdier iceux , 80 f . ( 570 f . 70 c. ) 

1398. (Jehan d'Espoulettes. ) » Le Duc paye à 
Jacques Ra ponde , marchand à Paris, 600 escus d'or 
( 9,000 f. ) pour une Bible escripte en françoys de 
lettres de forme (1) , très-bien ystoriée dedans et 



(1) On appelle Lettres de forme récriture gothique propre- 
ment dite : les traits en sont anguleux et chargés de pointes ; 
elle a pris le nom àe forme on formée , parce qu'elle est com- 
posée. On l'abandonna presqu'enlîèrement vers le milieu du 
xv^ siècle , où on ne la voit presque plus employée que dans 



— 28 — 
dehors, armoyée aux armes du Duc, couuerte de 
drap cramoisy et garnye de gros ferineaux d'argent 
dorez. 

1398. (Idem.) » Le Duc donna 500 liv. (3,600 f.), 
à Dyne Raponde, conseiller et maistre de son 



les anciens livres cle prières et d'église , à part cependant la 
bizarrerie du goût français qui l'a ressuscitce dans ces derniers 
temps , et on la retrouve dans toute la fraîcheur de sa jeunesse, 
en tête de beaucoup de nos livres modernes ; rénovation qui 
n'est , il faut en convenir, ni heureuse ni agréable à l'œil. 

Lorsque les lettres de forme furent moins chargées d'angles et 
de pointes , on les appela le très de somme. La plupart des livres 
imprimés au XV^ siècle sont exécutés avec des caractères dont 
les formes ont été prises sur les lettres de somme. 

Quant à l'écriture usuelle des xiv^ et xv* siècles , on l'appe- 
lait ancienne bâtarde , et plus souvent carswe gothique ; elle 
dérive des lettres de forme. Dans les très-beaux manuscrits 
exécutés en France et dans les Pays-Bas depuis le milieu du 
xv^ siècle jusqu'au commencement du xvi^ , cette écriture est 
fort grosse. Celle qui est plus petite s'appelle , pour la distinguer, 
ancienne bâtarde courante. La plupart , pour ne pas dire tous 
les manuscrits de la bibliothèque des ducs de Bourgogne , de 
Jean , duc de Berry , de Charles VI , étaient écrits ou en lettres 
de forme , ou en lettres de cour ou courantes , c'est-à-dire en 
ancienne bâtarde. 

L'ancienne bâtarde française du xvi^ siècle , plus arrondie 
que celle du xv^ , se nomme ancienne ronde bâtarde. Elle a 
des rapports avec celle qu'on appelle bâtarde brisée. 

Jjdi^Diplomatique des Bénédictins donne des détails sur toutes 
les lettres et les écritures en usage depuis plus de quatorze 
siècles. (Y. le tom. II, in-¥. Fig. ) 



— 29 — 
hostel (1), parce qu'il avait envoyé en bonnes es- 
trennes (2) un très-bel liure de VHistoire de Titus 
Liuius, enluminé de lettres d'or et historié d'ymaiges 
en plusieurs et divers lieux. 



(1) Ne soyons pas surpris de ces titres donnés à Dyne Ra- 
ponde , ni de tout ce que firent pour lui le duc Philippe et sou 
fils Jean ; il leur avait rendu un service assez important et dont 
on doit conserver le souvenir. Lorsque Jean-sans-Peur , qui 
n'était encore que comte de Nevers, partit en 1396 avec les 
plus grands seigneurs du royaume et les barons des deux Bour- 
gognes , pour aller combattre les Turcs qui faisaient des con- 
quêtes sur les chrétiens , la fortune seconda ses premiers efforts ; 
mais à la fameuse bataille de Nicopolis , en Bulgarie , livrée le 
28 septembre 1396, son armée fut taillée en pièces, et il fut 
fait prisonnier. Bajazet exigea pour sa rançon 200,000 ducats 
d'or. Les Etats de Bourgogne se taxèrent promptement pour dé- 
livrer le fils de leur Souverain ; mais cette somme , très-forte , 
était bien éloignée d'être remplie , lorsque Dyne Raponde, mar- 
chand Luquois ( dit Courtépée ) , établi à Paris , avança tout ce 
qui manquait pour la compléter. En reconnaissance de ce ser- 
vice , le duc Jean fit placer la statue de Dyne Raponde (mort 
en 1415) dans la nef de la Sainte-Chapelle, contre un pilier, 
où il était représenté à genoux , revêtu d'une longue robe , 
avant une ceinture de laquelle pendait une grosse escarcelle. 
L'ampleur de cette bourse annonçait que le prêt de Dyne Ra- 
ponde avait été considérable. 

(2) Quoique , dans ce siècle et dans les précédents , l'année 
commençât encore au jour de Pâques , les étrennesse donnaient 
au l^' janvier, usage conservé sans doute depuis les anciens 
Romains. On trouvera une bonne dissertation à ce sujet dans 
un Recueil de divers écrits pour sentir à l'Histoire de France , 
par l'abbé Lebeuf. Paris, 1738, 2 w/. m-12; v. tom. II, 



— HO — 

1399. {Idem) » Jacques Ra ponde, marchand de- 
mourant à Paris , vend au Duc pour ôÔOescus d'or 
( 7,500 f.), ung liure appelle la Légende dorée, escripte 
en franco ys de lettres de forme, ystoriée de belles 
ystoires , a chascun son ystoire , et par dehors une 
Annonciation, Saint Paul et Sainte Catherine; fer- 
mant à doux d'argent dorez ; armoyé aux armes du 
Duc, et couuert ce liure de veluiauen vermeil teint 
en grains et ung bel estui garny d'une tresse de soye 
à deux mordans armoyés aux armes du Duc. 
( Lettres données de Con/lans le xxiij® jour d'octobre 
1400. ) 

1 400 ( Jehan Chousat.) » Payé à Jacques Ra ponde 
quatre censescus d'or, pour la vendue et délivrance 
d'un liure nommé De la propriété des choses , tout 
neuf et ystorié (1), couvert de véluel en grains, à 
fermouers d'argent dorez. 

1401. {Idem.. ) » A Polequin Manuel et Janequin 
Manuel, enlumineurs, lesquels Monseigneur le Duc 



p. 255 , à l'article des Remarques sur les Dons annuels faits 
anciennement à nos Rois. Il est question dans le catalogue que 
nous donnurons bientôt , à' ung bon Messelà Vusaige de Paris , 
garny de fermoueres et pipes d'or que donna (à Philippe-le- 
Hardi) M. le Chancellier , à ung bonjour de lan : et ce jour 
de l'an était , à coup sûr , un premier janvier. 

(1) Le mot Ystorié signifie là enrichi de dessins , de minia- 
tures. Les Bibles surtout étaient ornées à^ Vstoires , c'est-à-dire, 
d'images , de dessins , peintures , etc. 



— "^ 1 — 

retint pour faire les ystoires d'une très belle et très 
notable Bible, qu'il avoit depuis peu fait commencer, 
ïceux Polequin et Janequin ne pouvoient se louer à 
aultre qu'à mondict Seigneur, mais entendre et 
besoigner seulement en Touurage d'icelle ; et affin 
que ledict ouurage fut faict et adieué le mieulx et 
le plustôt possible , Monseigneur taxa auxdicts 
Manuel, tant pour leur peine et viure comme pour 
auoir leurs aultres nécessités, la somme de vingt 
sols parisis (1) pour eux deux, par chascun iour 
ouurable et non ouurable jusques à quatre ans pro- 
chains. Pour laquelle Bible faire et historier, a esté 
baillé du commandement de mondict Seigneur à 
maistre Jehan Durand , son physicien ( médecin), la 
somme de six cents liv. (5,400 f. ), pour employer 
es escriptures et perfection d'icelle Bible et aussi es 
gages desdicts Polequin et Janequin. 

lyta Ladicte Bible estant achevée en latin et en François , 
avec histoires , fut donnée par Monseigneur le Duc Philippe 
au Duc de Berrj. 

(Idem.) » Le Duc donna trois cents francs à 
Jacques Raponde pour un liure françois de plusieurs 
histoires des Femmes de bonne renommée, que ledict 
Ra ponde lui présenta en estrennes. 

(Idem. ) )) Le Duc achepta trois liures appelés La 



(1) Dans ces temps-là , le marc d'argent flottait entre 5 liv. 
16 s. et 6 liv. 8 s. ; ainsi les 20 s. par jour équivalaient à 9 f . 
de notre monnaie actuelle. 



— 32 — 
Fleur des Istoires de la terre d'Oriant, escripts en par- 
chemin , de lettres de forme , historiés , couuerts de 
yelueau , et fermoyes d'argent doré émaillé, et 
armoyés aux armes de mondict Seigneur, pour la 
somme de trois centslivres d'or (2700 f .), de Jacques 
Raponde, marchand à Paris , desquels il en donna 
un à Mg' le Duc de Berry , un autre à Mg'^ le Duc 
d'Orléans, et le troisième il le fit mettre en sa 
librairie (bibliothèque). • 

( Idem. ) » Du 16 juillet , le Duc achepte de Jehan 
Creston , moyennant neuf escus d'or , ung liure 
faisant mention de La prinse du Roy Richar. 

1403. {Idem, ) » Forgé une platine d'argent doré, 
pour mettre ez ees ( ais ) du liure du Duc , pour 
mettre ses lunettes (1) , afin qu'elles ne fussent 
cassées. 



(I) On est fort incertain sur l'époque de la découverte des 
lunettes que l'on a appelées jadis besicles, besiecles (ùis oculi). 
Les uns la font remonter à 11 50 , d'autres la placent entre 
1280 et 1311. Clément de Nelli , dans sa f^ie et Commerce 
littéraire de Galileo Galilée ; Florence , 1820, 2 vol. in-4'' , 
attribue l'invention des lunettes à Salvino Degli Armati , et en 
fixe la date précise à 1285. Ce qu'il j a de certain, c'est que les 
Anciens n'ont point connu les verres lenticulaires, et que ce 
n'est que plus de trois siècles après l'invention des lunettes que 
Galilée a découvert le télescope. Voyez des détails à cet égard 
dans nos amusements philologiques ; Dijon, Lagier , 1824. 
In-8%pacr. 403 et 460-463. 



— 33 -^ 



SOUS jean-sa>'s-pei;r. 



1405. (Jehan Chousat.) « A Dam oiselle Christine 
de Pisan, veuve de feu Estienne du Castel, pour 
don à elle fait par mondit Seigneur cent escus pouf 
recompensation de deux livres qu'elle a présentés à 
mondit Seigneur, dont Tun lui fut commandé à 
faire par Monseigneur le Duc de Bourgogne , père de 
mondit Seigneur , peu avant qu'il trespassa ; lequel, 
depuis , elle a achevé , et l'a eu mondit Seigneur ; 
lesquels livres et autres de ses escrits et ditties 
mondit Seigneur a très agréables, et aussi pour com- 
passion et en aumosne pour emplover au mariage 
d'une sienne pauvre niepce qu'elle a mariée. 

(Idem. ) 1) Payé quatre cents francs d'or, à Jac- 
ques Ra ponde pour avoir fait un grand livre pour 
Monsieur le Duc , tant du Roman de Lancelot du Lac 
et du Saint Greal, comme du Roy Artlius , historié de 
plusieurs belles histoires, couvert de drap de soye, 
garni de deux gros fermeaux d'argent doré es- 
maillés. 

1406. ( Jehan de Pressi. ) » Le Duc paye à Jacques 
Raponde 60 fr. ( 428 fr. ) pour faire istoire en la 
Bible en latin et en françoys , que le feu Duc auoit 
fait faire, et que son fils vouloit donner au Duc de 
Berry. 

1409. ( Jehan de Noident. ) )> Le Duc achepte de 
Pierre Linfol , libraire de l'uniuersité à Paris, pour 



-- 34 — 
150 escus d'or (2,250 f. ), ung liure en françoys, 
nommé Valere le Grand. 

1409. » Guillaume de la Charité, escripvain, faict, 
par ordonnance de maistre Jehan Petit , conseiller 
du Duc , certaines escriptures touchant le propos fait 
par icelui maistre Jehan Petit , pour la justification 
du cas advenu en la personne de feu le Duc d'Or- 
léans (l), et aultres escriptures touchant ceste ma- 
tière. {Par ordonnance datée de Paris , le 10 may 
1409. 



(1) L'assassinat du Duc d'Orléans , frère du Roi Charles VI, 
commis le 29 novembre 1407, fut un attentat épouvantable; 
maïs ce qui est mille fois plus monstrueux , c'est l'audace avec 
laquelle le cordelier Jean Petit osa, le 8 mars 1409, venir 
dans la grande salle de l'hôtel royal de Saiut-Paiîl , justifier ce 
crime , et , le premier , établir effrontément les principes du 
tyrannicide. C'est sans doute de son discours qu'il est question 
dans l'article qui donne lieu à cette note. Jean-sans-Peur , de- 
puis deux ans (en 1407 ) , faisait une pension de cent francs à 
ce malheureux, qui n'a pas eu honte d'en faire l'aveu dans 
l'exorde de son plaidoyer. Après ce début répugnant, il s'atta*. 
che à démontrer la nécessité et même la légitimité de l'homicide : 
morale impie qu'il prétend prouver par douze raisons , « en 
l'honneur, dit-il, des douze apostres. » Ensuite il invective la 
mémoire du Duc d'Orléans de la manière la plus atroce. Parlant 
de l'aliénation mentale de Charles YI , il soutient que « les in- 
» firmilés de son corps lui sont venues par le pourchas de ce 
» Duc. » Enfin il termine sa longue harangue par cette péro- 
raison digne de l'exorde : « Le Roi doibt avoir le Duc de 
*» Bourgogne et son fait pour agréable, et, avec ce, le doibt 
» guerdonncr et rémunérer en trois choses , en amour , en hon- 



— 35 — 
1412. » Le roi Qiaries YI fait présenta la du- 
chesse de Bourgogne d'un livre d'Heures qui coûta 
600 écus d'or. 

1414. (Jehan de jNoident. ) » A Jehan Chousat , 
conseiller de Mgr. le Duc , la somme de quatre cent 
cinquante francs, pour vente d'une B/6/e^ toute neuve, 
en françois , historiée et enluminée d'or et d'azur et 
à ymaiges , escrite de lettres de forme , contenant 
558 feuillets de grand volume de parchemin vélin , 
dont la peau ne peut faire que deux feuillets seule- 
ment , et couverte de drap de soye vert et d'une 
housse de cuir blanc garnie de deux fcrmeillets 
d'argent doré et émaillé et d'une pipe d'argent doré ; 
et , pardessus la couverture , y a assis deux grands 



). neur et en richesses , à l'exemple des rémiiucrations qui furent 
» faictes à Monseigneur Sainct Michel l'Archanç^e , pour avoir 
» tué le diable, et au vaillant homme Phinéès qui tua Zambri. » 
Ce chef-d'œuvre d'infamie , et tous les actes de cette pi- 
toyable affaire , se trouvent dans le cinquième tome des 
OEuvres de Gerson , qui a vivement combattu les principes 
abominables de Jean Petit, Celui-ci est mort à Hesdin en 
1411. 

Nous ajouterons que les lettres d'abolition du crime d'as- 
sassinat commis en la personne de Louis duc d'Orléans en 
faveur de Jean duc de Bourcfogne , ont été données par 
Charles VI le 9 mars 1407, Y. S. (c'est-à-dire 1408). Il 
est dit dans ces lettres que le duc Jean s'est avoué l'auteur de 
cet assassinat; mais il s'en justifie en avançant que le Duc 
d'Orléans voulait usurper la couronne et faire périr le Roi. 
( Foyez Freintes de t'Hystoire de Bourgogne , par dom Plan- 
cher 5 tom. m , p. ccLiv. ) 



— 36 — 
clous de laton dorés d'or ; et , au commencement des 
livres de la dite Bible , a grandes histoires d'ymaiges 
enluminées du large de toute la page ; et , en chacun 
chapitre et histoires , sont ymaiges d or et d'azur , 
et cousta à faire plus de sept cens francs , et a esté 
longtemps devers madame la Duchesse à laquelle 
ledit Chousat Favoit prêtée. Et laquelle Bible mondit 
Seigneur, à la requête de madame sa Dame , a fait 
prendre et acheter dudit Chousat et commis la taxe 
au confesseur dudit Seigneur , et aux gens de ses 
comptes à Dijon , lesquels Tout taxée en conscience 
à la somme de cinq cens escus et toutes fois il n'en 
a voulu prendre de mondit Seigneur que les dits 
quatre cent cinquante francs. 

1417. (Jehan Fraignot. ) » Le Duc fait faire , à 
Dijon , un esteuf de cuir pour mettre ung liure de 
Tliitus Liulus (sic) pour en faire don au cardinal des 
Hoursins ( Ursins) , lors au concile de Constance. 

sous PHILIPPE-LE-BON. 

1419. (Gui GuiLLEBAUT. ) « Le Duc achepte du 
doyen de Liège , son conseiller , im Bréviaire à Tu- 
saigede Rome, qui est très notable et bien enluminé, 
pour donner à la Duchesse sa femme , du prix de 
200 escus d'or (3,000 fr. ) Mandement du 29 octobre 
1419. 

1442. (Idem.) » Le Duc paye 51 f. (352 f. 55 c. ) 
à Phihppe de Montant , escuyer , pour ung liure 



— 37 — 
appelle Avissenne ( Avicenne), pour mettre en sa li- 
brairie. 

1454. (Jean de Yisen. ) » Droin Ducret , clerc à 
Dijon , reçoit du Duc 5 f . ( 28 f. 40 c. ) pour avoir 
escript , en parchemin , l'Istoire et dictié du banquet 
du Duc , fait à Lille le 17 février 1453 , contenant 
Ixvj feuillets en volume; chaque feuillet au prix d'un 
gros , prix accoustumé. 

1460. (Hugues de Falletans.) » Le Duc paye à 
Hugues de Tolins , son chroniqueur , lequel est oit 
venu ez pays de pardeca, où il a voit esté envoyé par 
le Duc , pour enquérir et sçavoir , tant par les fon- 
dations des esglises, comme aultrement , les noms 
des Rois et Ducs , qui ont esté en Bourgongne le 
temps passé, et les fondations et choses par eux 
faictes durant leurs vies , afin d'icelles rédiger , et 
faire chronique, 8 f . 3 gros ( 45 f . 65 c. ) 

sous LOUIS XI. 

1477. (Drue d'Echeno'.) )) Payé à Prévost, scribe 
de la cour du bailliage de Dijon, 2f. ( 11 f. 40 c), 
pour ses peines et salaire d'auoir doublé les Généalo- 
gies des Rois de France et Ducs de Bourgongne qu'il avait 
par deuers luy ; et à messire Jehan Raoul, presbtre de- 
mourant à Dijon , 6 f . 8 gros ( 34 f. 25 c. ) pour ses 
peines d'auoir par deux fois doublé et son parche- 
min réglé et ejiluminé de lettres d'or les dictes Gé- 
néalogies, dont Tune des copies a esté envoyée avec 



— 38 — 
lesaultres e^criptures au Roi, et Taultre demeure 
en la chambre des comptes. » 

Mais il est temps d'arriver au catalogue que je 
vous ai promis , des livres recueillis dans les quatre 
inventaires mentionnés au commencement de ma 
lettre. Je ne m'écarterai point de Tordre suivi dans 
ces inventaires, où tout est confondu. J'en agirai 
ainsi, parce qu'il serait difficile dV trouver une part 
raisonnable pour chacune des cinq grandes divisions 
bibhographiques. Otez les livres de dévotion , les 
romans et Fhistoire , encore quelle histoire î le reste 
sera bien peu de chose. Je donnerai textuellement 
les titres des ouvrages. Vous remarquerez. Monsieur, 
que le premier inventaire, de 1404 , date de plus de 
trente ans avant l'invention de l'imprimerie , que 
tous les ouvrages sont écrits sur parchemin , à l'ex- 
ception de quelques-uns sur papier, et on a grand 
soin de le faire observer. Yous vous apercevrez 
facilement aussi , à la manière dont ces listes sont 
rédigées, que la catalogographie n'existait pas encore. 
Les livres y sont inventoriés comme meubles , péle- 
méle avec les robes, les chaperons , les hanaps, les 
vases de madré, etc. , et toujours de la même ma- 
nière. Le titre des ouvrages , souvent estropié , y est 
rendu très-succinctement ; on n'indique ni le temps, 
ni la ville où ils ont été composés ou copiés , ni le 
format (1) , ni le nom de Fauteur. Mais , en revan- 



(1) Tous les formats étaient alors in-folio , à part quelques- 



— 39 — 
che, on s'étend beaucoup sur les couvertures en 
véluijau , en drap de satin, de damas ; sur les ais , sur 
les fermouers, fermaulx, fermailz et pipes d'or et d'ar- 
gent armoriés, sur les tuyaux d'or pour tourner les 
feuillez, 2>wy\ç^ perles , esmeraudes, saphirs, rubyz qui 
enrichissaient lesdites couvertures , etc. Enfin on ne 
néglige rien de ce qui tient à la valeur matérielle du 
livre, ou aux armoiries du Prince. Ce n'est pas ainsi 
que sontrédigésdepuis environ cent ans les catalogues 
des Gab. Martin, des Debure, des Merlin, etc. 
N'importe, la liste suivante des livres de nos Ducs , 
toute bizarre qu'elle est , et peut-être à cause de sa 
bizarrerie , pourra avoir quelque prix à vos yeux. 
J'ai tâché d'en diminuer la sécheresse par quelques 
notes historiques , littéraires et bibliographiques. 



uns , en très-petit nombre , qui sont désignés dans le catalogue 
sous le titre de un g petit liure , etc. , et qui sans doute étaient 
de la grandeur de nos m-S'^ ou m-12. Quant aux Bréviaires , 
livres (ï Heures y livres à!Orisons ou d' Croisons , il est présu- 
mable qu'ils étaient de format m-4° ou in-S'' , car on s'en servait 
continuellement , étant du nombre de ceux qu'on appelait cothi- 
dians , c'est-à-dire d'un usage journalier. 



CATALOGUE 

d'one partie des livres 

COMPOSANT L'ANCIENINE BIBLIOTHÈQUE 

DES 

DUCS DE BOURGOGNE 

DE LA SECONDE RACE. 



Cy s'ensuit Tinuentoire des liures et romans (1) 
de feu Monseigneur ( PliUippe-le-Hardi) à qui Dieux 
pardonne, que maistre Ricliart Leconte, barbier 
de feu mondict Seigneur, a euz en garde, et iceux 
ont esté baillez à Franchequin de Blandeke. 

Premièrement. Les Croniques de France , fermans à 



(i) Les matières traitées dans ces manuscrits ne permettant pas de les classer 
selon le système bibliographique actuel , nous les donnerons à la suite les 
uns des autres , tels qu'ils sont inscrits dans les inventaires ; mais nous ren- 
drons textuellement les titres des ouvrages. Présenter de tels monuments , 
sans altérer la couleur du temps, est le seul moyen de les faire appi'écier. 
Nous ajouterons seulement au texte l'accentuation et la ponctuation , puis 
à certains articles quelques notices historiques , littéraires ou bibliographi- 
ques , sans lesquelles beaucoup de titres défectueux seraient totalement 
iniuteUigibles. 



— 42 — 
deux fermouers d'argent , armoiez aux armes de feu 
mondict Seigneur. 

J'Ignore de quel auteur sont ces Chroniques ; je ne croîs pas 
que ce soient celles de Saint-Denis, ni celles de Froissard, en- 
core moins celles de Monstrelet et de Jean Molinet- 

Item. La Bible jsioriée , fermant à deux fermouers 
d'argent doré, armoiez aux armes de feu mondict 
Seigneur. 

Je présume que c'est une copie de la Bible traduite en fran- 
çais sous ce titre, par Guyard des Moulins, chanoine, puis doyen 
de Saint-Pierre-d'Aire. Elle a été commencée en 1291 (il avait 
alors 40 ans), et terminée en I2l4 (Extraitde la souscription). 
Pierre Comeslor l'avait traduite avant lui. Ce pourrait bien être 
la même traduction corrigée depuis , mais non composée , par 
INicolas Oresme (1), 

Item. Le liure de Titus Lius (sic), fermant à deux 
fermouers d'argent , dorez , armoiez aux armes de feu 
mondict Seigneur. 

C'est sans doute une traduction de Tite-Live ; mais laquelle ? 



(i) Il est certain que Nicolas Oresme n'a pas traduit la Bible en latin : 
tous ceux qui lui ont attribué cette version française se sont trompés. 
Richard Simon , dans la seconde paitie de son Histoire critique du Kouv. 
Testam., eh. 28 , a fait voir qu'il n'y avait alors d'autre Bible française que 
celle de Guyard des Moulins, commencée au mois de juin 1291 et finie, non 
pas, comme il le dit, à la Saint-Remi 1297, mais au mois de février 1294. Ce 
qui a trompé Richard Simon , c'est que Guyard des Moulins , après avoir 
marqué le mois de février 1294 , temps où il a fini sa traduction , ajoute 
qu'en 1297 , le jour de S. Rémi ( i" octobre), il fut fait doyen de 
S. Pierre d'Aire. Cette Bible n'est autre chose, comme le traducteur lui- 
même le remarque , qu'une version de V Histoire scholastique de Pierre 
Coraestor. (V. La Croes nv Maike, tom. II , p. 192. ) 



— 43 — 

II y en avait plusieurs dans la bibliothèque de Charles V , entre 
autres une de Raoul de Presles , et une de Pierre Bercheur ou 
Berchoire (contenant xxrix liv. eniij décades ). Cette dernière 
traduction , faite par ordre du roi Jean, valut à son auteur le 
prieuré de Saint-Eloy-lez-Paris. Il est mort en 1362. 

Item. Le Uure de la Fie des Sains (sic) et de la F^ie 
des Pères, fermant à quatre fermoaers de fer. 

Item. Le liure appelle Des Propriétés des choses, 
fermant à deux fermouers d'argent 5 et y a à chascun 
fermouer ung prophète esmaillé. 

Cet ouvrage ( en xix livres ) a été d'abord composé en latin 
par Barth. deGlanville, d'Angleterre {Barth. de Glanuilla , 
anglicus ) , puis « translaté du latin en françoys , du comman- 
» dément de Charles le Quint de son nom , roy de France, 
l'an 1362, » par Jehan Corbechon , augustin C'est sans doute 
ce volume que Philippe-le-Hardi a payé 400 écus d'or (6,000 f. ) 
à Dyne Raponde , marchand à Paris , ainsi que nous l'avons dit 
dans notre Lettre préliminaire. 

Item. Vne Légende dorée, en françoîs, fermant à deux 
fermouers d'argent, armoiez aux armes de feu mondict 
Seigneur. 

Cette Légende en latin est de Jacques de Voragine , arche- 
vêque de Gènes en 1292 , prélat plus pieux qu'éclairé, qui est 
mort en 1298. On en connaît deux traductions françaises, l'une 
de Jehan de Yignay , qui florissait vers 1320 , et une autre de 
Jehan Bataillier. On trouvera dans les grands Mélanges de 
Paulmy, tome lY , p. 152-174, d'assez longs extraits de la 
traduction de Yignay , qui prouvent que cette Légende est le 
monument le plus ridicule de l'ignorance et de la crédulité du 
temps. 

Item. Vne Bible en latin , fermant à deux fermouers 



— 44 — 
d'aro^ent dorez, armoiez aux armes de mondict Sei- 



Item. Le Hure appelle Code, fermant à deux fer- 
mouers de leton. 

Item. Leliure de Gneon, fermant a quatre fermouers 
de leton. 

Ce mot Gneon , tout-à-faît inconnu , est sans doute une faute 
du copiste ; mais il est tellement lisible dans le manuscrit , que 
je ne puis le rendre autrement. C'est peut-être Giron ( le Cour- 
tois ) , ou Guion ( de Anstone ). 

Item. Le Hure qui parle des Tribulacions de ÏEs- 
glise, jadis passé deuant rauenement Jlmciist, et n'a 
nuls fermaulx. 

Item. Le Hure de Pélennaige du Monde, fermant à 
deux fermouers d''argent dorez , armoiez aux armes de 
mondict Seigneur. 

Cet ouvrage pourrait bien être à peu près le même que celui 
que nous annoncerons plus bas , parmi les livres de la duchesse 
Marguerite, son?>\e\\\veàePélerinaigede lame humaine. Voyez 
la notice qui l'accompagne. 

Item. Vng Psaultier, 

Item. Le Hure du F^ergier de solas , qui est tout à 
arbres d'or, fermant à deux fermouers de fer. 

Le mot Solas , qui vient de solatium , signifie consolation , 
soulagement, récréation, divertissement. 

Item. Le Hure qui parle de la Condicion de tous 



— 45 — 
ojseaidx y fermant à deux fermouers d'argent dorez, 
armoiez aux armes de mondict Seigneur. 

Cet ouvrage doit ctre de Gaces de la Bigne ou de la Bune , 
dont nous parlerons plus bas. 

Item. Le Roman de Ogier de Danemarcht, fermant 
à deux fermouers de fer. 

Ce Roman est d'Adenez surnommé le Roi , ménestrel 
d'Henri III , duc de Brabant ; il a été composé avant 1 261 . Peu 
de temps après sa composition , Girardin d'Amiens lui donna 
une suite sous le titre de Roman de Charlema^ne , fis de 
Berthe. Adenez a fait , outre Ogicr le Danois , plusieurs autres 
romans , tels que celui de Cleomades dont il sera question par 
la suite. 

Item. Le liure que fîst Jehan Bocache , et est ap- 
pelle /^ej nobles Femmes renommées , à deux ferraeaux 
d'argent dorés, armoiez aux armes de mondict Seigneur. 

Je ne connais pas le traducteur de ce livre du célèbre Boccace , 
né en 1313 , et mort en 1375. Je sais qu'il a encore paru sous 
ce titre : Des nobles et clères Dames. Il contient les histoires 
de cent six femmes , depuis Eve (c'est remonter un peu haut) 
jusqu'à Jeanne II , reine des Deux-Siciles , qui vivait du temps 
de Boccace , mais qui est morte après lui , ayant été étouffée 
entre deux matelas , en 1381. 

Item. Le liure de la Fleur des 1 s loir es dOriant, à 
deux fermaulx d'argent dorés , armoiez aux armes de 
mondict Seigneur. 

Cet ouvrage est du P. Hajton de Courchy , neveu d'un Roi 
d'Arménie ; cet Havton se fit baptiser , combattit longtemps les 
Sarrasins, Turcs, Tartares , et finit par se faire religieux pré- 
montré dans un couvent de l'île de Chypre. Il passa en France , 



— 46 — 
où le pape Clément V , résidant à Avignon , lui donna une 
abbaye do Prémoiitrés , située à Poitiers ; c'est là qu'il a écrit , 
en 1305 ou 1306, sa Fleur des Ystoires d'Oriant, qui est 
as-iez iutércssajite. (Voyez, sur le nom de cet auteur et sur son 
oavr.tç^e, 1» s Bibliothèques françaises de La Croix du Maine et 
de Duvenlier, en 6 vol. m-4° , tora. I", pa^e 359. ) 

Item. Le liure ^</ D'alogue Saint Grégoire ^ pape y 
fenuaiU à deux fermouers de fer. 

Item. Le iîure de la Fie Saint Bernard, a dix clous 
d'arijenl dorés à chiiscuu costé , et est fermant à deux 
fermouers d'argeat dorés, armoiés aux armes de moudict 
Seigneur. 

Item. Le liure Sj nous dit, à deux fermouers d'ar- 
gent dorés , armoiés aux armes de feu mondict Seigneur. 

C'rst peut-être le même ouvrage que celui dont nous avons 
parlé dans le Pos.-scriptum précédent , sous le titre de Sino' 
dich ; il paraît que les copistes, fort peu instruits d'ailleurs , 
écrivaient hâtivement sous la dictée des commissaires préposés à 
l'inventaire ; c'est ce que semblent prouver plusieurs titres de 
L'vres qui sont totalement défigurés dans les inventaires en 
question. 

Item. Le liure de Messire Gaces , qui parle du Des- 
diiit des chiens et des ojseaulx ; et n'y a nulz fer- 
mouers. 

Cet ouvrage est de Gaces, ou bien Gasse de la Bigne, cha- 
pelain du roi Jean; il a été commencé en 1359, en Angleterre, 
oîi Gaces était avec le monarque, prison lîier des Anglais. Il fut 
terminé à son retour. On trouvera dans les Mémoires sur l'an- 
cienne Chevalerie , par La Curne de Sainte-Palaye , nouvelle et 
belle édition augmentée par mon savant ami M. Nodier, 1826, 
2 vol. in-^° j tora. Il , pp. 403-426 j on trouvera , dis-je , un 



— 47 — 
extrait détaillé du liure des Déduits de la Chasse y par Gaces, 
qui est le même ouvrage que celui que nous annonçons ici. Il 
finit par ces vers : 

Gaces a fait ceste besoigne 

Pour Phebus , duc de Bouigoigne, 

Son très cher redoubté seigneur 

A qui Jhesu-Crist croisse honneur. 

C'est pour l'instruction de Philippe (le Hardi ) , encore jeune, 
nommé ici Phébus , que Gaces termina cet ouvrage à Paris. 
Tout y est moralisé à la manière du temps où l'auteur 
écrivait. 

Item. Le Romant de la Rose, à deux fermaux de 
fer. 

Tout le monde sait que l'invention de ce roman qui a fait 
tant de bruit , est due à Guillaume dit de Lorris , parce qu'il 
est né à Lorris en Gatinois; il est mort vers 1261 ; il n'en a 
fait que les 4150 premiers vers. Quarante ans après, Jetan de 
Meun entreprit de le continuer , et le termina en l'alon^eant 
de quatre fois autant de vers (environ 22,708). Le volume que 
nous annonçons ici présente peut-être le texte à peu près tel 
qu'il est sorti de la plume des deux premiers auteurs , et il 
n'en serait que plus précieux. Cependant il pourrait arriver que 
ce fût une de ces copies qui , passant sous les différentes plumes 
des copistes des XlIP et XIY^ siècles , auraient déjà eu le texte 
altéré. ]\Jais l'édition de 3Iarot, faite, dit-on, par ordre de 
François 1" , a tout-à-fait dénaturé le fond , la conduite et le 
style de l'ouxragc. Feu M. Méon a remédié, autant qu'il était 
possible , à ces sortes de travestissements , en consultant une 
trentaine des jilus anciens manuscrits , et en tachant de rétablir 
le texte dans sa pureté primitive. Cette bonne édition a été pu- 
bliée à Paris , impr. de P. Didot, 1814 , Auol. m-8° ,fig. 

Item. Yng liure Commejit vng Seigneur se doit gou- 
verner en guerre , el n'y a nuiz feimaulx. 



— 48 — 
Iteaï. Le liure appelé le Trésor de Maistre Jehan de 
Mehun, fermant à deux fermaux d'argent dorez tous 
plains. 

Jehan de Mehun , dît Cîopinel , est né dans la petite ville de 
Meh un-sur-Loire, vers 1280, et il mourut vers 1364. Son Trésor 
est une profession de foi ou espèce de testament en vers plus 
petits que ceux de la pièce suivante , qu'il avait composée la 
première. 

Item. Le Testament Maistre Jehan de Mehun, à 
deux fermeaux de fer. 

Ce testament ou codicile n'a pas moins de mille vers alexan- 
drins , dont voici les quatre premiers : 

Li Pères et li Filz et li Sains Esperis 
Uns Diex eu trois persones aorez et chéris 
Tiengne les bons en grâce et recoust les péris 
E doiut que cilz traitiez soit à m'ame meris. 

La correction de l'orthographe de ces quatre vers, fautive 
dans notre première édition , nous a été indiquée par feu M. 
Rajnouard , dans sa lettre du 8 janvier 1830. 

C'est-à-dire : « Que le Père , le Fils et le Saint-Esprit , un 
« Dieu en trois personnes , adoré et chéri , tienne les bons en 
)) grâce , et les secoure dans les dangers , et qu'il fasse que ce 
» traité soit utile à mon ame. »^ 

Item. Le Romant appelle DetEscielledu Ciel, h. vng 
fermant de fer. 

Item. Le liure des Tstoires et Croniques des Contes 
de Flandres, à deux fermaux de fer. 

Item. Le liure appelle des Fables Ysopei, fermant à 
deux fermaulx de fer. 

Ces Fables (ï Ysopet (d'Esope) ont été traduites de l'anglais 



— 49 — 
en vers français , par Marie de France , qui n'était point de la 
Famille royale , mais qui a pris ce surnom de France , parce 
que née dans ce royaume , élevée en Flandre , elle écrivait en 
Angleterre. Elle-même dit à la fin de sa traduction : 

Au finement de cest escript 

Me nommerai par remembrance : 

Marie ay nom, si suis de France 



Elle a dédié cet ouvrage à Guillaume de Dampierre , qui 
gouvernait la Flandre conjointement avec Marguerite , dite de 
Constantinople, sa mère, morte en 1251 ; c'est ce qu'elle exprime 
dans ces vers : 

Por l'amor au conte Guillaume, 
Le plus vaillant de cest royaume , 
Mentremis de cest liure faire 
Et de l'anglois en romans traire. 

Cela peut établir à peu près le temps où Marie a écrit. M. 
Robert , dans son curieux ouvrage des Fables inédites des xii®, 
xiii^ et XIV* siècles, V avis , 1825, 2 ^vol. in-S°,Jig., pp. clij-clix, 
prétend qu'elle vivait au xii* siècle ; MM. Legrand d'Aussy et 
Roquefort la font vivre au xiii**. M. Roquefort a donné une 
bonne édition des Poésies de Marie de France ) Paris , 1820, 
2 vol. in-S''. 

Item. Le liure appelle De la Muiacion de Fortune ^ 
fermant à deux fermaux de fer. 

Item. Vng liure à'Ector de Trojes , fermant à deux 
fermaus de leton. 

En marge de l'inventaire est écrit : Il fault , c'est-à-dire ce 
livre manque. 

Item. Le liure qui parle du Chemin de longue Es- 
tude , fermant à deux fermaux de leton. 



— 50 — 
Item. Ya^ liure de papier que frère Martin bailla à 
feu Monseigneur, faisant mencion de la Restitution do- 
béissance au Pape, 

Ce frère Martin doit être Martin Porée , jacobin , chancelier 
du duc Philippe , nommé par la suite évéque d'Arras et confes- 
seur de Jean-sans-Peur. C'était un homme fort délié , et que le 
duc Philippe et son fils Jean employèrent utilement dans diffé- 
rentes circonstances épineuses , surtout au concile de Constance, 
où il appuya son plaidoyer en faveur de l'affreuse doctrine de 
Jean Petit , d'une grande profusion de vaisselle et de joyaux 
d'or , de sommes d'argent , de livres , etc. , qu'il distribua aux 
cardinaux , par ordre du duc Jean. Voici ce que l'on trouve à 
ce sujet dans \Etat des Officiers et Domestiques de ce Duc , 
inséré dans les Mémoires publiés par de la Barre en 1729 , tom. 
II , pag. 92 : « R. P. en Dieu Maistre Martin Porée , euesque 
» d'Arras, envoyé au sainct Concile général de Constance (qui 
M a duré du 5 novembre 1414 au 22 avril 1418) avec plu- 
» sieurs seigneurs, eut charge de donner et présenter de la part 
» du duc Jean , au cardinal de Florence , de la vaisselle ou 
» joyaux d'or ou d'argent jusqu'à la somme de 112 fr. et demi , 
» laquelle ils achepteroient pour ce que en Bourgoingue l'en 
» n'a pu présentement trouver ne finer desdicts joyaux : à l'e- 
» uesque de Concorde , aussi des joyaux jusques à 60 fr. et de- 
» rai : et à ung cardinal (qui n'est nommé) (c'est le cardinal 
» des Ursins J , le liure manuscript de Titus-Liuius. Le Duc 
» donna 100 escus d'or à maistre Viday de Paldua (Padoue J, 
» maistre en théologie de l'ordre de S. François , pour et en 
» recompensation de ce qu'il a voit soutenu les faicts et causes 
» dudict Duc au saint concile de Constance. » Compte de J. 
de Noident, de I4l5, fol. 229. 

Item. Le liure qui parle de la Vénerie (i), fermant 
à quatre fermaulx de fer. 



(i) Il existait dans la bibliothèque des Ducs beaucoup d'ou\Tages sur la 



— 51 — 
Item. Les liures appeliez Etiques et PoUitiques , fer- 
mant à deux fei niaiis d'argent dorez, armoiez aux armes 
de mondict Seigneur. 

Item. Le liure appelle PollWques , fermant à deux 
fermanlx d'or, armoiez aux armes du Roi; à ses {sic) 
deux liures, à chascun , une couuerlurede drapdesoye 
doublée de sendal , et sont tous deux en vng estuy. 



Vénerie. On sait que dans tous les temps la chasse a été l'amusement favori 
des Rois et des Princes , et qu'ils faisaient de graudes di penses pour leur 
équipage de chasse. Sous ce ra})pcrt les Ducs de Bourgogne rivalisaient avec 
les Rois de France , et même leurs chiens et leurs oiseaux étaient plus grands 
et plus forts que ceux du Roi , et tous les employés avaient des gages assez 
considérables. Yoici comm.ent était composée la vf'nerie dePhilippe-le-Bon: 
un maistre de la vénerie ; 24 veneurs ; 12 aydes de vénerie ; 24 valets de ve- 
neurs; un clerc de la vénerie; 6 pages de chiens courants; 6 pages de lé- 
VTiers; 12 sous-pages de chit-ns; 6 gouverneurs de valets de chiens; 6 valets 
de chiens limiers ; 6 valets de lévriers ; 6 valets d't pagneuls ; 6 valets de 
petits chiens ; 6 valets de chiens anglais et de chiens d'Artois. Quaut à la 
fauconnerie : un maistre fauconnier et des tendues du Duc; 24 fauconniers; 
12 aydes fauconniers; 24 valets de fauconniers; 12 valets de faucons; 6 
tondeurs d'oiseaux de proye, et 12 valets de rivière. V. VEtat des Offi- 
àiers et Domestiques des Ducs de Bourgogne, dans les Mémoires pour ser- 
vir à l'Histoire de France et de Bourgogne (par de La Baire). Paris i-'aq 
2 tom. en i vol. in-^", tom. II, pp. 242-249. 

Lorsque le comte de Nevers (depuis Jean-sans-Peur) fut fait prisonnier 
avec un giaud nombre de seigneurs fiançais, par Bajazet, à la funeste jour- 
née de INicopolis ( le 28 septembre i3.j6), Bajazet, voulant donnera ses 
illusti-es captifs une haute idée de sa puissance , étala à leurs yeux ses nom- 
breux équipages de chasse; on y comptait 7,000 fauconniers et 7,000 
veneurs. 

Les présents envoyés à Bajazet par le duc Philippe pour la rançon de son 
fils (outi-e les 200,000 ducats d'or) , consistaient en chevaux , selles , chiens, 
oiseaux, draps de laine , toiles , etc. ; on y remarquait surtout douze faucons 
blancs. Charles YI envoya aussi au même Bajazet , des autours et des fau- 
cons, avec des gants brodés de perles et de pierreries pour porter ces 
oiseaux. 



— 52 — 
Ces deux articles renferment la Morale et la Politique d'A- 
ristote, traduites par Nicolas Oresrae, dont nous avons déjà 
parlé , p. 42. Cet Oresme était de Bayeux ; il fut nommé évêque 
de Llsieuxle 16 nov. 1377, et il mourut le 11 juillet 1382. Il 
paniît que ce dernier volume des Politiques avait été donné par 
le roi Charles Y, au duc Philippe. 

Ttf.m. Les Crow'ques de Flandre, en papier, et sont 
à l'abbé de Saint-Bertin de Saint-Omer. 

Iteai. Yn liure du Trésor Maistre Jehan de Mehun, 
enluminé de grans ystoires, couvert de veluel vermeil, 
à fermouers d'or, en ebascun j escusson des armes de 
ieu mondict Seigneur. 

C'est un second exemplaire de cet ouvrage , mais qui paraît 
plus riche que celui dont nous avons déjà parlé. 



LIVRES APPARTENANT A LA CHAPELLE 
DE MONDICT SEIGNEUR (1). 

Premièrement. Yng bon Messel à l'usa^ge de Paris, 
garny de fermouers et pipes d'or (2), que donna Mous. 
le Chancellier à vng jour de Tan, et st (servant) aux 
grans festes à Plat (Prélat), couuert d'une chemise de 
drap de damas blanc semée de marguerites P. et M. (3j 



(i) Ce titre se trouve dans l'imentaiie 

(2) Le mot pipe siguifie le bouton qui servait à retenir le fermoir du 
li\Te. 

(3) Ces sigles ou lettres P. M. étaient sans doute le chiffre de Marguerite 
de Flandje, et du Duc Philippe son époux, que l'on brodait tantôt en or 
et tantôt en perles, sur les chemises ou secondes couvertures de ses 
livres les plus précieux. 



— 53 — 
de brodure d'or et six boutons de pies ( perles ) , dont 
l'un est presque tout couuert de perles. 

Le chancelier dont il est ici question pourrait bien être ce fin 
matois de frère Martin Porée , cité plus haut , et qui fut chan- 
celier du Duc, dès 1394; j'ai déjà dit précédemment que, 
quoique l'année ne commençât alors qu'à Pâques , on donnait 
les étrennes au premier janvier. 

Item. Vng Messel noté , à l'vsaige de Paris , seruant 
à la grant messe tous les jours. 

Item. Vng Euangelier. 

Item. Vng Epistollier, 

Il est porté dans la marge de l'inventaire , vis-à-vis ces trois 
derniers articles : Ils sont en Bourgoingne. 

Item. Ung Psaultier ancien , à lettres d'or et d'asur 
et à ystoires d'or. 

Item. Vng liure PonVjffîcal, pour prélat. 

Item. Deux Hures de Moles {Motets sans doute), 
l'un de plus grant volume que l'autre. 

Item. Sept demis Breuiaires notés, pour le temps 
d'esté et pour le temps d'iuer , tous à Tusaige de Paris ; 
dont l'un est de bien grant volume. 

Item. Trois Gréées ( Graduels ) notés , c'est assavoir 
deux grans et vng moien , dont celui qui seruoit deuers 
le corps est demouré en Bourgoingne. 

Ces mots deuers le corps sont relatifs à la translation du corps 
du duc Philippe-le-Hardi , depuis Hall où il est mort le 27 avril 
1404, jusqu'à la Chartreuse de Dijon, où il a voulu être en- 



— 54 — 
terré. Coiuiépée dit , dans son Histoire abrégée du Duché de 
Bourgogne , p. 284 : « On embauma son corps , qui fut enve- 
» loppé de trente-deux aunes de toile cirée , recouvert d'un 
» hal)it de chartreux , et ensuite déposé dans un cercueil de 
» plomb. Ses entrailles furent enterrées à Notre-Dame de Hall ; 
)) son cœur fut porté à Saint-Denis , et son corps aux Chartreux 
» de Dijon , qu'il avait fondés en 1383.... On donna soixante 
» et douze draps de Luques , de douze écus pièce , aux douze 
» églises où le corps reposa pendant le trajet , savoir : à 
» Gramont , Oudenarde , Courtrai , Lille , Douai , Saint- 
» Quentin , Troyes , Bar-sur-Seine , Cbâtillon , Baigneux , 
« Saint-Seine et au couvent des Chartreux dont le Duc avait 
» été lui-même l'architecte. » 

Item. Vng Bref ( Bréviaire ) noté , à Tusaige de 
Paris. 

Item. Vng autre liure noté , ou sont plusieurs Proses 
et Ignés (hymnes) , et les offices du Saint-Sacrement, 
des mois, et plusieurs autres. 

Item. Vng Catholicon entier. 

Que signifie ce mot Catholicon ? Veut-il dire un livre d'église 
(^uniifersel) qui renferme tous les offices de l'année? Je ne 
connais sous ce titre que la Grammaire de Donat, et le volu- 
mineux Lexicon de Jean Balbi de Gènes {Joannes de Janua), 
terminé en 1286, et qui est aussi un livre de grammaire. Ces 
deux ouvrages ne pouvaient pas faire partie de ceux de la 
chapelle du Duc , et celui dont il est ici question en faisait 
partie, comme le prouve le passage suivant tiré d'un manuscrit 
de nos Archives, où il est dit : «< Frère Philippe Fromont, 
» évéque de Neuers, confesseur du Duc , fitachcpter en 1386, 
» un Catholicon pour la chapelle du Duc , lequel coûta 
» 100 fr. » Ce volume devait être un livre de Uthurgie. 



— 55 — 
Item. Vng liure noté, où est compris tout le Service 
de Monsieur Saint-Anthoine, et vng petit liure noté , 
du service du Saint-Sacrement. 



AULTRES LIURES POUR L ORATOIRE DE MONSEIGNEUR , 
FERMANS A FERMOUERS d'or OU d'aRGENT (1). 

Premièrement. Vng Breuiaire, en deux volumes , 
fermans à fermouers d'or, à i'usaige de Paris , ouquei 
mondicl Seigneur dit ses heures (2) , dont en l'un a pipe 
d'or et chemise de soie , et en l'autre , non. 

Item. Vng Messel où mondict Seigneur dit son ser- 
vice \ à l'usaige de Paris , à fermouers d'argent dorés. 

Item. Deux grans liures des Heures de Nostre-Dame, 
de la Croix, du Saint-Esprit, des mois, et plusieurs 
oroisons, et aultres suffraiges seruans tous les jours en 
l'oratoire de mondict Seigneur, à fermouers et pipes 
d'or , dont en l'un a œilles d'or soubz une platine 
d'argent (3). 

Item. Vnes petites ^eMre5 deNostre-Dame qui furent 



(i) Ce titre se trouve dans l'inventaire 

(2) Ce Duc était très-pieux ; j'ai trouvé dans l'ancien manuscrit cité plus 
haut, ces propres expressions : « Les jours de fêtes solemuelles, le Duc 
M mandoit plusieurs ecclésiastiques ou religieux , pour célébrer l'office en 
M sa cliapt-lle , et il est rapporté dans im compte que le Duc assistoit à 
» toutes les heures canoniales , mesme à matines , les veilles et jours des 
» bonnes festes, w 

(3) Cette platine d'argent me paraît être celle dont il est question dans le 
Post-Scrïptum de la Leitre préliminaire ; et par ailles d'or, on entendrait 
ici les lunettes do Duc , montées en or. 



— 56 — 
à la mère de Monseigoeiir ( Bonne de Luxembourg ) , 
à deux petits fermouers d'or, deux boutons de perles, 
et une petite pipe d'or. 

Item. Vnes petites Heures de oroisons en François , 
de plusieurs Sains, couuert de bordeures d'or et de 
menues perles , garnies de deux fermouers d'or, armoiez 
aux armes de Flandres et de Madame d'Artois. 

Item. Vnes petites Heures de suffraiges de Sains , 
vstoriez , à fermouers et pipes d'or, aux armes d'Es- 
tampes. 

Item. Vns Sept Psaulmes dont la lecture est toute 
ystoriée , couuert d'une couuerture de veluau azuré , 
fermant à deux fermouers d'argent dorés , armoyés aux 
armes de feu (^sic) madame d'Orléans. 

Item. La plus grant partie des cayers d'un Messel 
translaté de latin en françois, lequel fist faire feu la 
Royne Blanche (1) et lequel a esté laissié à parfaire, 
pour ce que on dit qu'il n'est pas expédient de transla- 
ter tel liure , en especial le saint canon. 

H était défendu , dans ce temps-là , de lire la Bible en fran- 
çais ; nous voyons par cet article que les fidèles ne pouvaient 
suivre les prières de la Messe qu'en latin. Il était même très- 
rare d'avoir des prières et oraisons en français. Aussi a-t-on 
bien fait remarquer dans un des articles précédents , qu'un livre 
de Oroisons était en français. 



(i) Cette Reine était Blanche de Navarre , seconde fille de Philippe III 
d'E^Teux , roi de Navarre , mariée en secondes noces à Philippe VI de 
Valois , Roi de France , père du Roi Jean , et par conséquent grand-père 
du Duc Philippe-le-Hardi. Elle est morte en 1 398, à l'âge de 66 ans. 



— 57 — 
Item. Tn^ petit Psaiilv'er ouquel a chascun psaulme 
une propre oraison , et le donna Monseigneur de Berry 
à mondict Seigneur, garnj de pet is fermoueres d'or, à 
fleurs de lis et une petite pipe d'or. 

Item. Huit petits cayers, l'un contenant le seruice 
de Saint-Anthoine, Saint-Charlemaigne et Saint-Loys 
de Marseille ; l'autre la feste du Sacrement -, le iij^ cou- 
uert de soie, contenant plusieurs Messes^ et le demeu- 
rant [le reste) processionnaires. 



EXTRAIT DE L'INVENTAIRE DE 1405. 

1°. HEURES ET AULTRES LICRES d'oRISONS ; AU COFFRE 
SEIG.MET A. P. (1). 

PREM1ÈREME^T. J HuEC bicu enlumiué , où sont plui- 
seurs Orisons en latin et en François , lequel est rais 
oudit coffre en j petit coffre garni d'argent. 

Item. J aultre liure de la Propriété d'aucunes 
pierres, mis en vue boursse de veluyau vermeil. 

Item. J aultre liure en latin de une Euangile com- 
posée de la concorde da texte des iiij Euangiles 5 a 



(i) Il est ici question des livres de la Duchesse Marguerite de Flandre, 
veuve de Philippe-le-Hardi. Tous les meubles et jovaux de cette Princesse 
étaient renfermés dans une quantité considéralile de coffres. Les livres 
remplissaient trois coffres, comme nous le verrons par la suite de cet 
inventaire. 



— 58 — 
couuertures de perles et cloans (agrafes) d'or et de 
perles , en j estuy de cuir couuert de drap d'or vert. 

Item. IJ Bréviaires de l'uzaige de Rome , l'un grant 
et l'autre petit. 

Item. J aullre liure ouquel le Kalendrié est au com- 
menchement , et après y sont pluiseurs yniaiges de 
Nostre Seigneur , Nosire Dame et de plusieurs Sains et 
Saintes , sans escripture. 

Item. J aullre liure noef, sans cloans, où sont plui- 
seurs Messes, couuert de vermeil. 

Item. J Psautier. 

Item. Unes grandes Heures de Nostre Dame, en 
j grand coffre garni d'argent. 

Item. Vues au lires grandes Heures , en une bourse 
de veluyau vermeil. 

Item. J aultres Heures, couuertes de cuir vermeil, 
à cloans de verde soie et d'or , en j sachet blanc. 

Item. Vues aultres Heures, couuertes de satin ver- 
meil , à cloans d'or et tissus batus à or. 

Item. Vues aultres Heures, couuertes de salin pers 
( bleu irès-foncé ) , à cloans d'or garnis de perles. 

Item. IJ petites Heures, d'vne facbon, couuertes de 
drap de damas vermeil , à cloans d'or. 

Item. Vnes grandes Heures, de cuir rouge, cou- 
uertes-, a cloans d'or, et a j pençoir garni de ix grosses 
perles, mises en une viesle boursse de veluyau noir. 



— 59 — 
Item. Vnes aullrcs petites Heures , couuertes d'un 
drap d'or vert , à cloans d'or. 

Item. Vnes aultres petites Heures, couuertes de sa- 
lin noir , à clouans noirs , garny de iij perles , et en y a 
j perdu. 

Item. Vnes aultres petites Heures , couuertes de drap 
de soye Inde ^ a ij clouans d'or. 

Item. J petit liurel de ij Euang^les et les Heures de 
la croix ^ a couuerlure garnie d'or et de Iviij perles 
grosses; en j estuy de camelot, à vne grosse perle et j 
bouton de menues perles. 

Item. J petit Hure de plusieurs Orîsons en latin et en 
françois, couuert de drap de soye noir , en j estuy de 
hauteliche , ouuré de P. et M. 

Item. J aultre liure en rouman de la Mortalité des 
nobles Hommes , sur le Ju des Eschiers , couuert de 
drap de soye , et a floureltes blanches et vermeilles , a 
clouans d'argent doré , sur tissus verts. 

Le titre abrégé de cet ouvrage est fautif, Il n'est pas question 
ici de mortalité , mais de ///ora/^Ve des nobles hommes ; les leçons 
de morale sont puisées dans la marche du jeu des échecs. Ce 
livre a d'abord été composé en latin par un auteur incertain , 
puis il a été traduit en français par frère Jehan de Vignay, 
religieux , qui écrivait sous le règne de Philippe de Valois , et 
qui dédia la traduction dont il s'agit à Jean , fils aîné de ce 
prince. Ce jeu des échecs , appliqué à la moralité des nobles 
hommes et des gens du peuple, contient 102 chapitres , et est 
un dialogue entre Mélibée et Prudence Sinner parle dans ses 
Extraits de quelques Poésies des xii , xiii et xiv^ siècles, p. 63- 
86, d'un livre intitulé : Li solais doujeus des Eschas. C'est 



— GO — 
à sùi'oîr li ans ci gne mens et la doctrine des mours des nobles 
homes et lour maintiens dou peuple comiin. Cet ouvrage , qui 
est de la fin du xiii^ siècle , a beaucoup de rapport avec le livre 
mentionné plus haut ; mais d'après l'extrait qu'en donne Sinner , 
il ne paraît pas qu'il soit en dialogue. 11 pourrait bien être du 
dominicain Jacques de Cessoles {Jacobus de Cessolis , que 
quelques-uns ont nommé Jacques de Courselles ) ; il était picard 
et écrivait en 1290 Au reste jadis ce sujet a été souvent traité, 
comme leçon de morale. On connaît encore une traduction de 
l'ouvrage latin , sur les échecs , faite par Jehan le Ferron , domi- 
nicain , du xiv'' siècle. 

Item. J aultre petit liuret de pluseurs Orisons en 
rouman , couvert de drap de damas vermeil, à clouans 
d'or , sur tissus batus d'or. 

Item. J aultre liure de pluiseurs Orisons en rouman, 
couuert de satin noir , à clouans d'or sur tissu vert , 
ouuré de P. et M. batus à or. 

Item. J aultre liuret de Orisons en rouman , escript 
de lettre courant, à couerture de cuir noir, et clouans 
d'argent doré, mis en une bourse de soye, auouec le 
liure précédent. 

Item. J aultre liuret de pluseurs Orisons, historié 
d'ymaiges , couuert de cuir rouge , à clouans d'argent 
doré , et au pençoir des enseignes iiij petites perles et 
ij mauuaises pierres, mis en une bourse vermeille. 

Item. Vnes Heures où sont pluseurs Orisons en fla- 
meng, et j aultre petit liuret du Psautier Saint Jérôme 
abrégié , couuert de cuir rouge, sans clouans , mis en 
vn sachet bleu de toille. 

Item. Vnes Heu? es de drap de soye vermeille, à 



— 61 — . 
clouans d'argent doré , sur tissu vert -, et j auître petit 
liure à' Grisons en franchois, sans clouans , auoec plu- 
sieurs rôles (pages) à' Grisons , une viesle Patrenostre 
et aultres escriptures , mises audit sachet. 

Item. J liure ouquel est traitié de Médecine. 



2°. LIVRES ET BOUMANS EN îij COFFRES 
DOM l'un est SIGNIET A. E. (1). 

Premièrement. Vn liure de Drols , en rouman , 
seigné dessus : le liure Jehan de Jus. 

Item. J liure des Fabliaux. 

Item. J livre de la Foy , et d'aultres choses. 

Item. Le Roumant de Sidrac. 

Dans l'inventaire des livres de Jean , Duc de Berry , qui 
furent trouvés à Meun-sur-Yevre et à Paris , après sa mort en 
1416, lequel inventaire était dans la bibliothèque Sainte- 
Geneviève , il existait un livre intitulé : Sidrac , lequel liure 
fut donné à mon Seigneur à estraines le premier jour de l'an 
1403, par Mes sire Guillaume de Boisratier , à présent ar- 
ceuesque de Bourges. 

Item. J liure de Balades et Firelajs. 

Item. J liure du Castelaln de Couchj. 

L'auteur de l'histoire du Châtelain de Coucy est Inconnu , et 
les manuscrits en sont fort rares. Il n'en existe qu'un à la bi- 



(i) Ce titre est dans l'inventaire. 



— 62 — 

bllothèqne du Roi, sous le titre suivant : Li Roumans dou Chas- 
telain de Coucy et de la dame du Fayel. M. Crapelet, si connu 
par son goût éclairé pour les anciens monuments de notre 
langue, en a donné une magnifique édition avec une tra- 
duction en prose , travail extrêmement pénible ; je dis tra- 
duction, car cette vieille langue des Trouvères est peut-être 
moins facile à rendre en français qu'une langue ancienne ou 
étrangère, sans parler du caractère gothique souvent indéchif- 
frable. L'édition de M. Crapelet a pour titre : 

«( L'Histoire du Châtelain de Coucy et de la dame de Fayel , 
» d'après le manuscrit de la bibliothèque du Roi , et mise en 
» français par G. -A. Crapelet, imprimeur, chevalier de la 
» Légion-d'Honneur , membre de la société royale des anti- 
» quaires de France. Paris , de l'imprimerie de Crapelet , rue 
» de f^augirard , /i° 9 , 1829, 1 vol. gr in-i^° , Jésus vélin, 
« de xx-4'17 pag. avec deux Ji g. et jac simile de V écriture du 
» manuscrit » 

Ce superbe volume est composé , 1° d'une préface bien faîte 
sur le sujet du livre et sur ceux qui ont discuté le fait, soit 
conune historique , soit comme romanesque , tels que Dubelloy , 
Laborde et Legrand d'Aussy , V. p. j-x ; 2"' de la description 
détaillée du manuscrit de la bibliothèque du Roi, et un mot 
sur deux manuscrits portés dans les inventaires des livres de 
Charles YI , V. p. xj-xvj ; 3° Du Lai de la Dame dou Fael , 
avec la traduction, V. p. xvij-xx; 4° du texte du Roman, en 
8244 vers, avec les deux fig. et \efac simile de l'écriture du 
manuscrit, Y. p. 1-272; 5° enfin, de la même histoire mise en 
français moderne ( prose) par M. Crapelet , avec des notes très- 
curieuses sur les usages du temps et sur les diverses familles 
dont il est parlé dans l'ouvrage, V'^. p. 273-427. 

Dire que les soins les plus minutieux ont été donnés à l'exé- 
cution typographique de ce riche monument , soit pour la cor- 
rection , soit pour la justification , soit pour la disposition 
gracieuse des titres ; dire que le matériel du livre ne laisse rien 
à désirer pour la netteté du caractère , pour la couleur uniforme 



— 63 — 
àe l'encre , pour la blancheur, la pureté et la solidité du papier ; 
dire enfin que rien de tout ce qui peut relever la beauté et 
l'éclat d'un chef-d'œuvre, n'a été ni négligé ni épargné, c'est 
ne rien apprendre de nouveau aux amateurs , habitués depuis 
longtemps à apprécier les titres aussi nombreux que brillants et 
solides, sur lesquels repose la réputation de M. Crapelet. 

Item. J liure de Sebille dAjeul et de Helie. 

C'est sans doute le Roman d'Aiol , où figure un Elie , comme 
le prouvent ces trois vers tirés de la fin du Roman : 

Eu Borgonge s'enva li riche dus Elie 
Ensamble o lui Aiol le cheualier nobile 
Seumaineut mirabel a moult grant clieuaîcie.... 

Item. J liure de Médecine. 

Item. J liure des Histoires du Saint Gréai. 

Ce Roman qu'on attribue à Robert de Borron , ou qui est 
peut-être de Gautier Map , a été mis en vers par Chrestien de 
Troyes , vers la fin du XIP siècle. 

Le saint Gre«/, ou Gréaal , ou Gra al (ca^r on le trouve 
écrit de ces trois manières ) , est, selon l'auteur du Roman, un 
vase dans lequel Jésus-Christ a mangé l'agneau pascal avec se& 
disciples. Joseph d'Arimathie l'emporta chez lui , et après avoir 
enseveli le corps du Sauveur , il mit dans le Gréai le sang et 
l'eau qui découlaient de ses plaies et de son côté. Passant en 
Angleterre , Joseph y porta le vase précieux , et ckrestienna 
toute cette contrée. Il en confia la garde à un de ses neveux , mais 
par la suite le Gréai fut perdu ; plusieurs chevaliers entre- 
prirent de le retrouver ; c'est le sujet d'un autre Roman intitulé : 
La Questedu Saint Greal y ei d'une partie des aventures du 
Roman de Percerai. ( Y. Sinner, pag. 29 ; et 31. de Roquefort, 
Ve VEtat de la Poésie francoise dans les XIP et XI 11^ siècles, 
pag. 153. ) 



— G4 — 
Item. J liure de V Histoire de Trojes. 

Les titres de livres ont été inscrits dans cet inventaire si préci- 
pitamment et avec tant de négligence, que je ne fais aucun 
doute que celui-ci ne soit Le Recueil des Hysloires de Tro/es, 
composées par i^énérable homme Raoul le Feure y chape llain 
de mon très redoublé Seigneur Monseigneur le Duc Philippe 
(leBon)</e Bourgoigne , en l'an de grâce mil cccc Ixiiij , 
in-fol. Ce superbe manuscrit existait dans la bibliothèque du 
duc de la Vallière, et a été vendu 720 fr. en 1784. 11 est enrichi 
de 123 miniatures, parmi lesquelles il y en a deux fort singu- 
lières et qui prouvent l'ignorance des peintres du XV* siècle : 
celle qui est fol. 6 représente un évêque , en habits pontifi- 
caux , donnant la bénédiction nuptiale à Saturne et à Cybèle , 
et celle an fol. 33 offre Jupiter et Junon recevant aussi la bé- 
nédiction nuptiale dans une église catholique où l'on voit un 
Calvaire. 

Dans le prologue, l'auteur donne ainsi la division de son ou- 
vrage : 

« Ou premier liure , je traicteray de Saturne et de Jupiter, 
» de l'aduenement deTroyes, et des faits deParseuset de la 
» merucilleuse nativité de Hercules, et de la première destruc- 
i> tion de Troyes. 

» Ou second, je traicteray des labeurs de Hercules en de- 
» monstrant comme Troyes fut reedifliée et destruitte par ledit 
» Hercules la seconde fois. 

») Et ou tiers , je traicteray de la dernière et generalle des- 
» truction de Troyes faicte par les Gregois à cause du rauis- 
» sèment de Dame Helaine et y adjousteray les fais et grans 
» prouesses du preu Hector et de ses frères. Et aussi traicteray 
» des mervilleuses auantures et périls de mer quiaduinrentaux 
» GrefTois en leur retour , de la mort du noble Roy Agamenon 
» qui fut duc de l'ost ( chef de l'armée ) et des grans fortunes 
« du fort Roy Ulixes et de sa meruilleuse mort. » 

Item. J Hure de J^eu du Pan ( du Kœu du Paon ). 



— G5 — 
Item. J liure de Saladliin et de la Prise de Constari- 
iinoble. 

Item. Le liure de Pélérînaîge de la Vie humaine. 

Guillniime de GuillevUle, né en 1295, moine de CKaalis , 
ordre de Citeaux , près de Senlis , a composé en vers de huit 
syllabes un poëme en trois parties distinctes qu'on appelle le 
Roman des trois Pélerinaiges , c'est assa^'oir le Pélerinaige 
de l'Homme sur terre (en 1330), celui de l'ame séparée du 
corps et celui de Jésus-Christ (terminé en 1358). Pierre 
Virgin, religieux de Clairvaux, a revu les éditions postérieures. 
Mais peu après la mort de ce Guilleville, en 1364, Jehan 
Gallopès d'Angers avait mis en prose le premier Pèlerinage sous 
le titre de Pclerinaige de la Vie humaine y c'est celui dont il 
est ici question. 

Item. Le Pioumanl du Roj ArlJius et Lancelot du 
Lac. 

Le P. Labbe, dans sa NoifU Bihliolh. Manuscriptorum , 
p. 309 , dit que le Roman de Lancelot a été mis en français 
par Robert do Borron , par le commandement de Henri , roi 
d'Angleterre. Ce doit être Henri II , mort en 1 1 89. Je crois 
qu'il a été traduit du latin , de Gautier Map , quoique M. de 
Roquefort dise qu'il a été mis en français par Gautier. Ce même 
Gautier avait fait aussi le Roman de la Mort du roi Arthus j 
dernière partie des Romans de la Table ronde. 

Item. Le liure du Gouvernement des princes. 

Item. Le liure des anchiens Pères et des Philo- 
sophes. 

Item. Le Roumant de la Rose. 

Item. Le liure de Cléomades. 



— 66 — 

Ce Roman est d'Adencz Le Roi , égcilement auteur à^Ogier le 
Danois , car il dit au commencement du livre de Cléomàdes : 

Jou qui fis d'Ogier le danois 

Et de Biertain qui fut ou bois , 

Et de Buenon de Commarchis , 

Ai uu aultre liure raemplis 

Moult merueilleux et moult diuers.... 

L'auteur avoue , dans ce Roman , qu'il doit à Marie de 
Brabant, Reine de France, ( femme de Philippe ( III ) le Hardi , 
en l'274) , et h une grande Dame nommée Blanche , ce qu'il y 
a de meilleur audit Roman , comme ayant été dicté par elles- 
mêmes. Ce roman a dû être composé vers 1262. 

Cet Adenez était un écrivain fécond : outre les Romans de 
Berthe , à'Ogier , de Buenon de Commarchis et de Cléomàdes , 
mentionnés ci-dessus , on lui doit encore ceux de Doolin de 
Mayence et de Mail gis d' Aigremont , qui , tous rimes, ont été 
par la suite mis en prose. 

Item. Le liure des Jlueugles , en franchoys. 

Item. Le liure du Rendus de Mojliens, 

Item. Le liure du 5an7 et d'aultres pluseurs choses. 

Item. Le liure des Ghuerres de Constantinohle. 

Item. Le liure des Cent Balades, 

Item. Le liure de la Complainte Nostre-Dame et 
d'aultres coses. 

Item. Le liure de Bestiaire, 

On connaît deux ouvrasses sous le nom de Bestiaire : l'un , 
en vers, par un nommé Guillaume, qui se dit clerc et nor- 
mand, et qui l'a compose vers l209; c'était un habile natu- 



— 67 — 
raliste, car il nous apprend que la belette conçoit et met bas 
par l'oreille ; que l'aigle se rajeunit en se brûlant aux rayons du 
soleil ; qu'on ne peut prendre la licorne qu'en faisant marcher 
vers elle une fille qui a la gorge nue, etc. Le second Bestiaire, 
en prose , est d'un nommé Richard de Furnîval , chancelier de 
l'Eglise d'Amiens , au temps de Saint-Louis , et qui est un peu 
postérieur à Guillaume. Son traité ne vaut pas mieux que le 
précédent. Comme l'auteur y parle de galanteries , quelques- 
uns l'ont surnommé Bestiaire d'amour , pour le distinguer de 
l'autre. 

Item. J aultre liure des Veux du Paon. 

Item. Le liure de Ruth et de Tliobje, et d'autres 
coses. 

Item. Le liure de Lanselot (sic) du Lac. 

Item. J liure de Machaut. 

Item. Le Roumant à^Ogier. 

Item. La Vie Saint Grégoire. 

Item. Le Roumant de Basin , et à'un Boucher 
dAhheville. 

Le fabliau du Boucher d'Abbeville est très-plaisant. Duver- 
dier dit , dans sa Bibliothèque française , tom. II , pa^. 246 : 
« Huistaces d'Amiens a fuit le fabel du Boucher d'Abbeville, 
» qui fait manger à un doyen rural d'Abbeville un sien 
» mouton , et promettant la peau à la chambrière , puis à la 
» g.... (ménagère) du doyen , abuse de toutes deux, et encore 
» se fit payer la même peau au doyen. » Il renvoie à Fauchet, 
chap. 102. 

Item. Le liure des Enseignemens des Philozophes. 



— 68 — 
Item. Le liiire du Buisson d'Enfance , et le Miroiter 
des Estas du Monde. 

Item. Vu aultre liure des Cent Balades. 

Item. Le Roumant de Emery de Narbonne, Guil^ 
laume d'Orange, et de Renouart au Tinel. 

C'est le Roman d'Aj-meri de Narbonne et de Guillaume 
d'Orange, surnommé au court-nez, attribué en partie à Adenez, 
dit Le Roi , par La Curne de Sainte-Palaje. Ce roman avec 
toutes ses branches a plus de 77,000 vers. Y. la Valllère, 
n° 2735 , tom. II , p. 223 , et tom. I , p. 26 du SuppL 

Item. Le liure de Bestiaire et de Saint Jehan PauL 

Item. Le liure de la F'oie d'Enfer et Paradis, 

Raoul de Houdanc qui vivait sur la fin du xij^ siècle , a fait 
Le voyage d'Enfer et la voye de Paradis. Est-ce l'ouvrage 
annoncé ici? Un autre auteur, anonyme, a fait un poème de 
4442 vers, intitulé : Chest le Hures de la f^oye de Infer , 
in-fol. 

Item. Le Roumant de la Chapette Martinet, 

Je ne connais aucun livre sous ce titre qui est sans doute 
fautif; ne serait-ce pas Chapelle , ou bien Chnrette , nom d'un 
Roman de Chrestien de Trojes, fini par Geoffroy de Ligny? 

Item. Le liure dudstronomie. 

Item. Le liure en papier de Jehan et Mandeuille, 

Il est présumable que c'est l'ouvrage connu sous le titre sui- 
vant : « Ce liure est appelé Mandeuille, et fut fait et composé 
» par M. Jehan de Mandeuille , chevalier natif d'Angleterre , 
» de la ville de Saint-Alein j et parle de la terre de proraission, 



— 69 — 

» c'est assauoir de Jhenisalem , et de plusieurs aultres isles de 
» mer et les diuerses et estranges choses qui sont esdites 
» isles. » 

A la fin de l'ouvrage on lit : 

« Cy finist ce très plaisant liure nommé Mandeuille parlant 
» moult autentiquement du pays et terre d'oultre mère. » 

Item. Le liure de Messire Gasse. (Sur la chasse. ) 

Item. Le liure de la Propriété des Pierres. 

Item. J petit viez Roumant mauluais. 

3° ACLTRES LIURES ET ROUMANS 
OU COFFRE A. M. (1). 

Premièrement. J liure des Fabliaux. 

Cet ancien genre de composition , qui consistait en petites 
historiettes , contes , nouvelles , en vers , était très-commun 
dans les xij^ , xiij^ et xiv^ siècles. Legrand d'Aussy en avait 
publié un recueil en 1779, 3 vol. in-S'^ ; plus un vol. de 
Contes dévots. — Une nouvelle publication parut en 1781 , 
5 vol. zVi-18 Mais ces deux éditions furent totalement effacées 
par une troisième qu'a donnée en 1829 M. Renouard père , avec 
le goût et tous les soins dont il est capable , et dont il a donné 
déjà tant de preuves dans les nombreux et beaux ouvrages 
qu'il a publiés. Cette nouvelle édition , aussi remarquable par 
son exécution typographique , qu'intéressante par le fond du 
sujet beaucoup plus ample et très-amélioré , est intitulée : 

M Fabliaux ou. Contes , Fables et Romans du xij^ et du xiij® 
» siècles , traduits ou extraits par Legrand d'Aussy ; 3* édition 



(i) Ce titre est dans l'inventaire. 



— . 70 — 
» considérablement augmentée ; ( éditeur M"^ A. A. Renouard). 
» Paris , de l'imprimerie de P. Renouard ; chez J. Renouard, 
» libraire, 18-29, 5 vol. in-S" , pap. cai'alier vélin, avec 
» 18 grai'. d'après Moreau et Desenne. » 

Un exemplaire rempli de corrections et d'additions de la 
main de Legrand , a singulièrement contribué à la perfection de 
ce nouveau travail ; et l'éditeur , par ses soins et des vér'fica- 
tions scrupuleusement exactes , a fait de cet ouvrage un superbe 
monument , qui non seulement éclipse les éditions précédentes , 
mais qui peut figurer dans les plus beaux cabinets , à côté de 
ce qu'ils renferment de plus curieux sous tous les rapports. On 
trouve à la fin de chaque volume , en ancien langage , un choix 
de ce que présente de plus intéressant le texte pur des Fabliaux 
mis en prose dans le volume. Les gravures sont très-belles ; elles 
rendent les scènes avec beaucoup d'esprit, de finesse et de 
mouvement. Enfin ce livre ofi're un tableau aussi vrai que pit- 
toresque de ce que l'on appelle le bon vieux temps , et , nous 
reportant au langage et aux mœurs de ces siècles si reculés , il 
nous fait éprouver une sorte de jouissance à les rapprocher de 
la langue et des mœurs actuelles. 

Item. 'Lç,Roumant Benaii., 

L'allégorie du Renard a été l'un des sujets les plus féconds 
pour nos romanciers du xui^ et du xiv^ siècles. On trouvera 
dans le tom. V des Notices et extraits des Mss. de la Biblio- 
thèque du Roi,^. 29^-357, une analyse de tous les ouvrages qui 
ont paru sous le nom de Renard , tels qne le Renard proprement 
dit et toutes ses suites ou branches , par Perrot de Saint-Cloot 
et autres, p. 294-320; le JSoui^eau Renard, par Gelée ou 
Giélée , de Lille, p. 321-328; Renard le bes*ourné , par 
Rutbeuf , p. 328-329 ; et le Renard contrefait , par un anonyme, 
p. 330-356. Les analyses de ces fictions allégoriques sont 
curieuses en ce qu'elles peignent bien l'esprit du temps. 

Item. Le liure de Messire Guillaume des Baies , et 
des vij Saiges, 



— 71 — 

Ce Roman des sept sages ou le Dolopatos , a été mis en vers 
par un nommé Hcbers , qui prend le titre de clerc , et qui l'a 
translaté du latin d'un moine de l'abbaye de Haute-Selve , 
nommé Dom Jehans , par ordre du Roi Philippe de France , 
pour son fils Loys , également Roi ; on croit que ce Loys est 
Louis yill , père de Saint-Louis. 

On ne connaît point de livres qui aient été traduits en autant 
de langues et sous autant de formes différentes que le Dolopatos. 
On le dit composé par un Indien nommé Sendebad , qui vivait 
un siècle avant Jésus-Christ. Il a été traduit en persan , en 
arabe , en hébreu , en syriaque , en grec , plusieurs fois en latin, 
en rime et en prose française , en flamand , en allemand , en 
anglais , en italien , etc. 

Item. La Bible en franchoys. 

Item. Le liure du Roi Meliandus. 

Je présume que c'est le Roman de Méliadus que Girard ou 
Girardin d'Amiens rima au récit d'une grande Dame, vers Tan 
1260, comme on le voit dans les Bibliothèques frnnçoises de 
La Croix du31aine et Duverdier, tom. I , p. 292 , et tom. IV, 
p. 55. Le Catalogue de la Vallière annonce, tom. II , p. 6l3, 
le liç're du Roi Méliadus le Léonnoys , translaté du latin par 
Rusticien de Pise. 

Item. La Légende dorée. 

Item. Le Roumant de la Dame a la Cicoîgne. 

Item. Le liure des Propriétés des Choses. 

Item. Le liure du Saint G rai, est très crant et 
galbant. 

Cela signifie-t-il que ce volume est très-grand et élégant ? 



\ 

— 72 — 
Item. Le Roumant de Cléomades , de Robert le 
Diable, et d'aultres choses. 

Le Roman de Robert le Diable renferme environ 5,070 vers ; 
il n'a aucun fondement historique. On croit que l'auteur a eu 
en vue Rollon ou Raoul, premier Duc de Normandie , appelé 
Robert \" , après qu'il se fut fait baptiser en 919. Avant sa con- 
version il était très-mécbant , mais il changea dans la suite et 
devint un Prince bon et sage. 

Item. Le liure d'' Amours, 

Item. Le liure de Caton , en franchois. 

Item. Le liure de Boece de Consolacion. 

Il a été translaté de latin enfrançofs,par Maistre Jehan 
de Me un , à la reçues te du Roy de France PhiUppe-le-Quart 
(Philippe-le-Bel); et on doit lire à la fin du manuscrit cette 
souscription: Cifinist le souuerain lyure Boece de Consolacion , 
selon la translacion de ires excellent orateur Maistre Jehan de 
Meun. 

Item. Le liure des Miracles de JYostre-Dame. 

Cet ouvrage doit être de Gautier de Coinsi , et composé de 
deux livres de miracles ; le premier en renferme 35 et le second 
24. 

Item. Le liure de Mapmonde , et aullres choses. 

L'auteur de ce poëme, composé en 1245 , est Gautier de Metz. 
Ce livre est aussi appelé l'Imaigf du Monde, et Traité de 
Clergie (science). C'est une description des sept arts libéraux , 
du Ciel , de la Terre et de la Mer. Dans un article de ce poème , 
Fauteur classe ainsi les sept arts libéraux : La grammaire , la 
dialectique, la rhétorique, ( c'est ce qu'on appelait le Trivium ), 
puis l'arithmétique , la géométrie , la musique ou chant d'église 



— 73 — 
et l'astronomie (ces quatre arts-ci formaient le Quadrwium ). Le 
plus grand effort de l'esprit humain , dans le moyen âge , était 
de posséder le Trivium et le Quadrwium. 

Item. J Roumant , en papier. 

Item. Les Cronicques de Flandres, 

Item. Le Roumant du Roj Bauduin de Jherusalem. 

Item. Le liure des Auctorités du Cheualier aulion, et 
d'aultres choses. 

Item. Le liure des Prouverhes et des xij Mois. 

Item. J Greel ( Graduel ) , noté. 

4® AULTRES LIURES ROUMANS 
OC COFFRE A. O. (1). 

Premièrement. La Bible en français. 

Item. J liure de Cronicques de France. 

Item. La Légende dorée. 

Item. Le Roumant du bon Larron ^ de T Estai du 
monde et d'aultres choses. 

Item. Deux Breuiaires , notés. 

Item. Le liure Merlin. 

C'est ce fameux enchanteur qui , selon le Roman , naquit en 

(i) Ce titre est dans Tinvenlaire, 



Ano-leterre du commerce d'un démon avec une fille vierge , et 
qui servit lonp^-temps le roi Arthus par sa science magique. Ce 
Roman est attribue à Robert de Borron. (V. le Catalogue de 
la Yallière,n«'3994.) 

Item. Le liure de Cassidoine. 

Item. Le liure de VEspinache , aultrement du goii- 
uemenient du inonde. 

Item. J Roumant de Batailles, 

Item. IIJ aultres Roumans, en papier. 

Item. IlIJ grans Hures de droit ciuil , est assauoir 
j Code, vue Digeste uielle , vne Digeste noeuve , et 
j Inforsade , ( infortiat , seconde partie du Digeste ). 

Item. La Somme d'Asse, 

Item. Le liure d'un docteur appelé Njnieue. 

Item. Le liure des expositions des Euangilles , en 
rouman. 

Item. J liure des Esbattemens, 

OULTRE l'iNUENTOIBE (1) 

Premièrement. J Messel, couuert de cuir rouge, k 
clouans d'argent , aux armcb de Madame. 

Item. J aultre Messel, couuert de blanc cuir; a une 
croix dessus. 



(i) Ce titre est dans l'inventaire. 



Item. Ynes Cronicques de France. 

Cet ouvrage doit être la traduction française des célèbres 
Chroniques de Saint-Denis , dont Guillaume de Nangis , moine 
de cette abbaye , est le premier auteur , suivant La Curne de 
Sainte-Palaye. On doit y trouver presque mot à mot la traduc- 
tion qu'il avait donnée de sa propre Chronique latine , et qu'il 
avait menée jusqu'à l'an 1275; d'autres auteurs l'ont continuée 
jusqu'en 1380, et c'est sans doute cette Chronique avec une de 
ces continuations , qui forme le volume qui est annoncé ici. 

Voici le début de cette Chronique : 

«i Pour ce que moult de gent et mesmement li hault homme 
>» et li noble qui souuent viennent en leglise de Monseigneur 
M Saint Denys de France ou grant partie des vaillans Rojs de 
» France gist en sépulture désirent a congnoistre et a sauoir la 
» naissance et dessendue de leur très haulte generacion... Je 
>» frère Guille de Nangis ay translate de latin en françois ce 
» que iauoie autrefoîz fait en latin selon la forme d'un arbre 
» de generacion desdiz Rovs pour ce que cil qui latin nenten- 
» dent puissent sauoir et congnoistre dont si noble gent et si 
» beneureuse lignée descendi et vint » 

Item. La Somme Le Roj. 

Item. Séquences , notées. 

Le mot Séquences signifie Répons , terme de liturgie. 

Item. J Greel ( Graduel ). 

Item. J Roman A. J. Y. 

Item. J liare pour les Dames. 

Item. J Hure à' Amours , signé A. B. 

Item. J petit liure parlant de Dieu. A. L. 

Item. J liure des Esbatemens. P. R. 



— 76 — 
Item. Le liure de VEschielle du ChieL 

Item. Le liure de Médecine. 

J RouUe à'Esbatement, 

Giomancie d'Esbatement (i). 



EXTRAIT DE L'INVENTAIRE DE 1423. 

Nota. Cet invf'ntaire est celui de Marguerite de Bavière , 
veuve de Jean-saiis-Peur. 

Item. Ung liure de l'ouurage de madicte Dame, cou- 
uert de drap d'or \ et entre les feuillets , plusieurs soyes 
et de plusieurs couleurs. 



(r) C'est par cet article que finit la liste des livres compris daus l'inven- 
taire de Marguerite de Flandre , veuve de Philippe-le-Hardi ; lequel inven- 
taire a été dressé en 1404, en présence du tabellion Nicaise Buridan, qui 
en a délivré une copie en i4i3 La suscription de cette copie est d'une 
orthographe assez singulière pour être rapportée ici textuellement : 

« Jou Nichases Buridan , prestres , tabellions apostoliques et impériaulx, 
î) ait fet escripre ceste présente coppye de l'inuentoire des biens den.ourez 
» du décès de feue très haulle et poissant Princesse et Dame Madame 
)) Marghrite de Flandres , Ducesse de Bourgoingne , Contesse de Flandres , 
î> d'Artoys et de Bourgoingne , Palatine Dame de Salins et de Matines , a 
» lequel inuentoire faire et prisié d'aucuns desdits biens je fus présens 
:» comme taljellions ou notaires publiques ad ce appelés par vénérables el 
» discrets Mess, les commissaires nommés au coumenceraent de ce dict 
î' inuentoire, et en tesmoing de ce j'ay rais mon signe (seing) manuel au 
T> premier et au denenier feuilles des coyers de ceste dicte présente coppie 
•» faicle à Arras l'an mil iiij' et xiij , ce viij* jour du mois de septembre. 

» Signé BURIDAN. « 



Item. Le liure de Vincent , appelle Spécule ystorlat, 
dont il y a deux volumes couuerts de vert , dont le pre- 
mier contient treze liures et le deuxiesmc huit liures , 
et pour avoir le dit Spécule tout entier, il y fault ung 
volume qui doit contenir unze liures. 

Le Vincent dont il est ici question est Vincent de Beauvaîs , 
dominicain, qui écrivit , par ordre de Saint-Louis , divers ou- 
vrages en latin sous le titre de Spéculum (ou Miroir) ^ tels que 
Spéculum doctrinale , Spéculum nalurale , Spéculum morale 
et Spéculum historiale. Ce dernier seul , qui comprend l'his- 
toire universelle depuis la création jusqu'à l'an 1244, a été 
traduit en français dès le xiv^ siècle , par ordre et pour l'usage 
de Jeanne de Bourgogne, première femme de Philippe (M) 
de Valois, par Jehan de \ignai, sons le titre de Spécule 
ystorial. Cette traduction a été corrigée et imprimée à la tin 
du XV® siècle et au commencement du xvi® , sous le titre de 
Miroir historial , en 5 vol. in-fol. , goth. 

Item. Le liure des Veufs (Vœux) du Paon et des 
Restors, 

Ces deux ouvrages sont à la suite du célèbre Roman 
à^ Alexandre e\. en forment les troisième et quatrième branches. 
On ignore qui en est l'auteur ; mais il paraît que ces suites 
étaient peu estimées dans le temps , car Philippe de Maizières 
dit dans son Songe du vieil Pèlerin , composé pour l'instruction 
de Charles VI : « Comme les bourdes des veuz du paon qui 
)) nagaires furent composées par ung legier compaignon ditteur 
» de chaussons et de virelays qui estoit de la ville d'Araines. » 
On présume que ce legier compaignon était un certain Brise- 
barre , qui se nomme lui-même au commencement d'une des 
branches d'Alexandre , et qui vivait en 13*27. Dans le titre rap- 
porté ci-dessus , au lieu de des Restors , il faut du Restor , 
c'est-à-dire , du Retour du Paon , ou plutôt du Retour des 



Che^>alicrs qui ont fait vœu sur le Paon. Ce Retour du Paon 
est la dernière branche du Roman à' Alexandre. 

Item. Le liure de Renart. 

Item. Vnes petites Heures de Nosire-Dame ^ cou- 
uerte de veloux \.ert , à soleil de perles et deux fermaulx 
d'or dont l'un est rompu, mise en vne bourse faitte k 
l'esguille, ouurée d'or et de soye. 

Item. Vng petit liure de la Passion Noslre-Seigneur, 
couuert de menues perles et de petites pierres bleues à 
deux fermaulx d'or , où il a en cbascun fermai deux 
petites esmeraudes, deux petites vermeilles, vne perle 
ou milieu et deux aullres petites perles. 

Item. Vnes Heures de Nostre-Dame , bien richement 
enluminées, couuertes de veloux noir figuré , à deux 
fermaulz d'or tout plain. 

Item. Les belles Heures de madicte Dame , à deux 
fermaulx d'or, armoyez aux armes de Monseigneur de 
Berry , à tixu de soye, semé de fueilles de trefïle j l'vn 
desdits fermaulx garnj de deux grosses perles rondes et 
ung balay plat ou milieu , et l'autre formail garnj d'vne 
perle et dVn saphir plat j en icellui fermail fauit une 
perle. 

Item. Esdites Heures a ung tuyau d'or à tourner les 
fueillez , garnj de deux perles et ung petit ruby ou mi- 
lieu j lesquelles Heures sont couuertes d'une chemise de 
satin noir. 

Item. Vng Psaultier hystorié et enluminé , garnj de 
deux fermaulx d'argent dorez , arraoiez d'azur j a vne 



— 79 — 
aigle d'or à deux testes , ongle de guelles ( gueules ) , 
ouquel a ung tuyau d'argent doré pour tourner les 
fueillez à trois escussons desdiies armes, couuert d'une 
chemise de véluyau vermeil. 

Itfm. Vues petites Heures de Nosire-Dame , où il a 
vue Véronique atacbée dedans , a deux fermailz d'ar- 
gent, dorés, armoiez des armes de Bourgoingne , cou- 
uerte d'vne chemise de drap d'or vermeil. 

Item. Unes aultres Heures de Nosire-Dame , ysto- 
riées de pluseurs ystoires, garnies de deux fermaulx 
d'or , armoycz aux armes de raadite Dame, couuerte 
d'une chemise de satin, signé a fueilles vert. 

Item. Yng aultrePiflM/z/er de grosse lettre encienne, 
au commancement duquel a dix ystoires, à fermaulx 
d''argent dorez , couuert d'une chemise de fil ouuré à 
l'esguille. 

Item. Ynes aultres Heures de Nosire-Dame , a fer- 
maulx d'argent , couuertes de satin noir, baillé à M. le 
Bailli pour porter à Monseigneur. 

Item. Yng petit liure de plusieurs O raisons , couuert 
de semances de perles et de petites pierres bleues , 
armoié sur les couuertures d'un costé aux armes de 
Flandres et de France, et de l'aultre costé aux armes de 
France et de Flandres , ouquel a ung petit tuyau à tour- 
ner les feuillez et trois boutons d'or \ ledit liure mis en 
vne viesle bourse par manière d'esteuf (e/i/b/Tne tfe 
balle y ballon) , où il a une sainture garnie de boucle et 
de mordans d'argent , armoyé aux armes que dessus. 



— 80 — 
Item. Vng autre petit Psautier , sans fermaulx, cou- 
uert de vielz veloux vermeil. 

Item. Vnes bien petites Heures , en François, de plu- 
seurs Oroisons ; a deux petits fermaulx d'argent, ar- 
moiez aux armes de madite Dame , couuertes d'vne 
chemise de drap de damas vert. 

Item. Vng beau petit Bréviaire, à demj temps, cou- 
uert de cuir rouge , à deux fermaulx de loiton. 

Nous ne trouvons que ce seul livre mentionné sous le nom 
de Bréi'inire , dans l'inventaire des livres de la veuve du duc 
Jean-sans-Peur. Ce Bréviaire doit être celui que ce prince 
avait acheté 200 écus d'or ( 3000 fr. ) , et dont il avait fait pré- 
sent à la Duchesse. C'est sans doute aussi ce même volume que 
le Duc portait lorsqu'il fut assassiné sur le pont de Monte- 
reau , le 10 septembre 1419 ; lequel livre tomba sur le pont 
et fut ramassé par le curé de Montereau ( Macé Bonnet ) , 
qui s'opposa à ce que les assassins jettassent le corps du Duc 
dans la rivière; et lorsqu'il rendit ce Bréviaire à la famille , on 
lui compta, en reconnaissance, la somme de 140 livres 
(1260 fr.). 

Tel est le récit de ce dernier événement que nous avions 
d'abord adopté (V. p. xi de la première édition) ; mais dès-lors, 
nous avons découvert un article des registres de la Chambre 
des Comptes de Dijon qui apporte quelques modifications à 
notre premier récit ; nous nous faisons im devoir de le consi- 
gner ici , parce qu'il nous paraît ofiFrir un caractère d'authenti- 
cité plus prononcé : 

1419. « Jehan Guiot, doyen de l'église collégiale de IVotre- 
« Dame de Montreau-fault-Yonne , rendit un beau et riche 
» Bréviaire, du duc Jehan , qui fut perdu le jour de son tre- 
» pas , pour lequel il eut 120 francs , de même que pour avoir 
» gardé sauvement le corps dudit Duc sans être osté ne trans- 



— 81 — 
» porté de ladite église par les ennemis , et pour aroir dit et 
» célébré un service solennel le jour de son déterrement 
» d'illec. » 

On voit que dans ces deux récits , le résultat est le même ; 
le Bréviaire a été rendu , et il n'y a de dIflFérence que dans 
le nom de celui qui l'a rendu , et dans le taux de la récom- 
pense. 

Item. Vng liure de Boece , couuert de drap de damas 
noir , à fermailz d'argent dorez. 

Ce doit être le liure de Boece de Consolacion , traduit par 
Jean de Mehun dont nous avons parlé plus haut. 

Cet ouvrage' n'a rien de commun avec un Pocme en vers 
romans sur Boece , dont le célèbre M. Rajnouard , de l'Ins- 
titut , a donné un précieux fragment de 257 vers ( c'est tout 
ce qu'il en reste ) , et qui est accompagné d'un fac simile du 
texte figuré , avec des notes , du texte rétabli en vers et d'une 
traduction , ouvrage qui a dû coûter des peines et des soins 
infinis. (V. le bel ouvrage intitulé : Choix de Poésies originales 
des Troubadours , tom. II , pp. cxxvu-cxxxvi , et le tirage à 
part du même fragment , Paris, 1817, m-8° de nn-Al pag. 

Item. Le liure de Lancelol, tout enystorié et bien 
escript, couuert de veloux vermeil, et fermaulx de 
cuivre doré. 

Item. Le liure des Propriété z des Choses , à fermaulx 
d'argent esmailliez de prophètes , couuert de veluaul 
vermeil. 

Item. Ung viez Romant de Godeffroy de BuiUon. 

Le vrai titre de cette Chronique qui finit à l'an 1261 , est : 
M Ci commence li Romans de Godefroi de BuiUon et de Sale- 
»> badin et tous les Roys qui ont esté jusques a Saint Loejs qui 
» derrenierement fu et de leurs fais et de Pierre l'Ermite qui 



— 82 — . 
•» premiers esmut le pueple et premièrement touz les sains liens 
» de la terre de Ihrlm et de la contrée d'entour et sont ces 
« Crouiques ordenées sus touz les fais d'oultremer. » 

Voici le début de cette Chronique : 

« Ci poez vous sauoir les sains lieus de la terre de Iherusalem, 
M en Iherusalem a j saint lieu couuert d'une pierre ou Sale- 
» mons escrit le liure de Sapience. Et iluec meisme entre le 
» temple et l'autel el mabre deuant fu li sans {le sang de) 
-)) Zacharie le prophète espanduz. Jluec près est la pierre ou li 
» lujf venoient chascun an et l'oignoient doile doliue » 

Item. Vng aultre gros liure , tout en flamant. 

Item. Vng i^//55e/ cothidien (de tous les jours), cou- 
uert de satin noir , dont les Cermaulx sont d'argent. 

Item. Vng autre Missel à l'usage de Rome. 

Item. Vng Anihiplionier noté, à l'usaige de Paris, 
couuert de cuir blanc. 

Item. Vng petit liuret , appelle Ordinaire , couuert 
de cuir rouge. 

Item. Vng livre de la Bible entière , qu'est bien isto- 
rié et escript , à fermaulx d'argent dorez. 

Item. Ung liure des Propriétés des Bestes , couvert 
sur les ais de velu vermeil , et sur les aiz à chascun lez 
a V gros ballais d'argent dorez , à fermaulx d'argent 
dorez émaillez. 

Item. Vng liure de Bocace des Cas des Nobles , cou- 
uert sur les aiz. 

Cet ouvrage est le liure de Jehan Bocace des Cas des nobles 
Hommes et Femmes , traduit en français par Laurent de Pre- 



— 83 — 

mierfait, qui le dédia à Jean, Duc de Berry , ce Prince si 
curieux de livres, et dont il était secrétaire. Boccace , dans cet 
ouvrage , feint qu'il s'endort en méditant sur les caprices de la 
fortune , et qu'il voit venir en songe devant lui une foule de 
gens malheureux par leur propre faute. Il commence par Adam, 
et passant en revue les personnages les plus illustres , il s'arrête 
à Philippine , plus connue sous le nom de la Catanoise , qui 
gouverna despotiquement Jeanne première , et qui finit ses jours 
dans les supplices qu'elle s'était préparés. 

Le duc de la Yallière possédait deux manuscrits de cette 
traduction , dont l'un est terminé par cette souscription : 

« Ci fine le liure de Jehan Boccace des Cas des malheureux 
» Hommes et Femmes , translate de latin en françois par moy 
» Laurens de Premierfait , clerc du diocèse de Troyes. Et fut 
» compilée cette translacion le xv® d'auril mil cccc et neuf, 
» c'est assauoir le lundj après Pasques. » 

Item. Yng auître gros liure de Messlre Lancelot du 
Lac, où il a trois ferniaulx, l'un deuant, et deux es deux 
boutons de loton dorez. 

Cet article est le dernier pour les livres qui se trouvaient dans 
l'inventaire des meubles de Marguerite de Bavière , veuve de 
Jean-sans-Peur , rédigé en 1423. 

Me permettra-t-on ici une petite digression sur im meuble 
qui était parmi les livres , meuble qui devait être encore fort 
rare au commencement du xv^ siècle, \oici l'article. 

Item. Vng orloge petit, doré, et sont les deux huis- 
seles (i) d'un côté et d'autre d'argent dorez, et le qua- 
drant aussi. 



(i) Huïsseles : ce vieux mot signifie garniture complète autour d'un 
objet. Au propre, il voudrait dire garniture autour d'une jiOiiQ , huis , 
signifiant porte , ouverture. On disait aussi huisserie , husserie. 



— 84 — 

Dans le principe , les montres s'appelaient horloges {porta' 
twcs ) , mais à coup sûr cette orloge de la Princesse Marguerite 
n'était pas une montre ; ce devait être une petite pendule ; car 
les premières montres connues , dans le genre de celles que 
nous portons maintenant, datent d'environ 1550. Ce n'était 
donc pas non plus une montre que l'horloge dérobée dans la 
chambre de Louis XI, vers 1475 , par un gentilhomme ruiné, 
qui la mit dans sa manche où elle sonna ; le Roi la lui donna. 
On prétend que la première montre proprement dite fut offerte 
à Charles-Quint , vers le milieu du xvi'' siècle. Ce prince 
aimait passionnément l'horlogerie. Il avait un tel goiit pour 
ce genre de mécanique , qu'un de ses maÀtres-d'hôtel , ne pou- 
vant réveiller son appétit, dit un jour: « Je n'en viendrai 
» jamais à bout, si je ne lui fais une fricassée d'horloges. » 

Quant aux grosses horloges d'église , elles étaient déjà en 
usage dans le xiv«= siècle. Après la sanglante bataille de Rose- 
beck , livrée en 1382 , entre Lille et Courtrai , le duc Philippe- 
le-Hardi , qui s'y distingua par des prodiges de valeur , fit 
enlever l'horloge de Courtrai , la plus belle connue alors , et la 
fit apporter à Dijon , pour récompenser cette ville qui lui avait 
fourni volontairement 1000 hommes. Ce vieux monument se 
voit encore , sous le nom de Jacquemart , au-dessus du portail 
de l'église de Notre-Dame (1). 

Dans l'inventaire de Marguerite de Bavière, il existe aussi 



(i) On trouvera quelques détails sur cette antiquaille restaurée plus 
d'une fois, dans une facétie publiée en iSSs, sous le titre suivant: 
L'illustre Jacquemart de dijon. Détails historiques , instructifs et amu- 
sants sur ce haut personnage , domicilié en plein air dans cette charmante 
ville, depuis i382 , publiés en iSSa, avec sa permission ; le tout composé 
de pièces et de morceaux, tant en français vieux et moderne qu'en patois 
Bourguignon ; entrelardé de notes curieuses , et orné de la représentation 
du Héros et de sa famille, défigurés d'après nature et colloques dans leur 
Itaut donjon à claire-voie. Par P. Bérigal. A Dijon , chez V^ Lagier , 
libraire-éditeur, i832 ; in-^° de xvx-91 pag. , fig. 



— 85 — 
un article relatif à une crosse horlosre. Il mérite d'être cité à 
cause des expressions que le rédacteur emploie : 

(( En l'ostel de Jaquot Barre, serviteur demorant à 
n Auxonne, a esté treuué ce que s'ensuit : c'est assauoir 
)) la maison dune sonnerie de reloige d'un jaquemart 
» tant seulement. 

)) Item. Deux roues dudit reloige , ung rouhot (petite 
)) roue ) , ung bancal {ressort.)., la couuerte dessus ladite 
)) maison , et deux paulx {pivots ) principaux qui sont 
M auec. 

)) Item. Ledit jaquemart de bois tenant ung martel 
)) de fer. » 

Mais il est temps de revenir aux livres. 

EXTRAIT DE L'INVEJNTAIRE DE 1477. 
Item. Une Légende dorée, escripte en parchemin. 

Item. Une Bible enfrancois, aussi escripte en par- 
chemin. 

Item. Vn^ liure dont les aiz sont couuerts de drap 
de velours vermeil , fermant à deux fermilletzd'arp^ent 
doré , qui est le liure des Ystoires de la Terre dOriant, 
et y a sur ung chascun couuercle cinq gros clotz 
( clous ). 

Nous avons déjà dit que ce livre , qui date de 1305 ou 1306. 
était du P. Hayton de Courchy. V. ci-devant , p. 45. 

6 



— 86 — 
iTE^r. VnP^ liiire des Remèdes de l'une el de Vautre 
Fonunes , escript en parchemin, couuert d'aiz et 
ystorié. 

Cet ouvrage de Fr. Pétrarque a été traduit en français par 
Nicolas Oresnie , et lorsqu'on l'a iraprin)é , la traduction a été 
revue par Galliot Dupré , qui a exercé l'imprimerie à Paris de 
1512 à 1552. 

Item. Vng liure de la Première descade de Titulius 
(sic), vieulx. 

Item. Yn.^ aultre liure faisant mencion du commen-- 
cemejitdu Monde, et des 3Iacabées. 

Item. Yn^ aultre liure appelle le liure de la Gasse de 
la Breugne, appelle le liure des Desdulctz. 

C'est le livre de Gace ou Gasse de la Bigne , sur la chasse, 
dont nous avons déjà eu occasion de parler. Y. ci-devant, 
p. 46. 

Item. Yng aultre liure en parchemin, contenant 
toutes les Euangiles et Espitres de toute l'année, trans- 
latées en françois. 

Item. Yng; aultre liure appelle Lapidaire , contenant 
aultre liure, fermant à vng fermillet d'argent. 

Ce Lapidaire est une traduction française du poème latin 
( Liber Lapidum seu de Gemmis ) de Marbodius , évèque de 
Rennes en 1091 (mort en 1123), qui lui-même l'avait traduit 
d'un ouvra«-e «rrec d'Evax , Roi d'AraLie , célèbre médecin , qui 
l'avait compose pour l'Empereur Tibère. Marbodius fit son 
poème pour Philippe-Auguste, Roi de France. On prétend que ce 
livre fut traduit en vers français , dès le temps de Marbodius. Je 
possède cette traduction , avec le texte latin , dans l'édition de 
Bekman , Gotting. , 1799, m-S"* ; mais le style me paraît 
postérieur au xii^ siècle ; il peut être du milieu duxiii*, et même 



— 87 — 

du commencement du xiv^ , comme on en peut juger par ces 
premiers vers du poème : 

Evax fut un mult riches Reis : 
Lu règne tint des Arabais. 
INIult fut de plusiurs choses saiges : 
Muh aprist plusiurs langaiges. 
Ijes set arts sut , si en fut maistre. 
Mult fut poischant et de bon estre. 
Grans trésors ot d'or et d'argent , 
E fut larges a tuite gent. 
Pur lez grent sen pur la pruece , 
Kil ot e gran largece , 
Fut cxmnuz e mult amez 
Par plusurs terres renumez. 
Neruns en ot oï parler, 
Pur ce ke tuit l'oï loer.... 

Il y a eu plusieurs traductions en prose de ce poème. Guil- 
laume d'Osmont a un ouvrage intitulé : Le Lapidaire^ ou la 
Force et la Vertu des Pierres précieuses , des Herbes et des 
Bues ; c'est une traduction. 

Item. Vng aultre liure des Cent Balades d'Amans et 
de Dames. 

Item. Vng autre liure appelé le liure des Bonnes 
Mœurs, fermant à deux fermilletz d'argent. 

Item. Vng aultre liure du Dit des Appostres. 

Item. Vng aultre liure du Capitale de la Somme des 
Rojs. 

Item. Vng autre liure appelle le Liure de la Chasse, 

Item. Vng autre liure de la seconde Descade de Tuti-^ 
liuius. 

Item. Vng autre liure appelle le Liure des Philozoph.es , 



— 88 — 
Item. Yng autre appelle Magne Pol. 

Item. Vng gros Hure en parchemin, faisant mencion 

des Croniques de France. 

Item. Vng autre gros liure aussi escript en parchemin, 
nommé Boucquasse ( Boccace). 

Item. Vng autre gros liure nommé le Miroerjstorial. 

Item. Vng autre liure des Propiiétés, 

Item. Vng autre liure parlant des Papes, Croniques, 
et autres choses. 

Item. Vng petit liure en papier , couuert d'ais et de 
cuir blanc , de p^érité et de la Trinité de Dieu, etc. 

Item. Vng Psaultier ouquel est la Passion Noslre 
Seigneur par ystoires. 

Item. Vng Missel , les fermilletz duquel sont d'or , 
armoyez aux armes deMonsgr. le Duc Philippe, ystorié 
et noté. 

Item. Vng autre Missel, garny de deux fermilletz 
d'argent , aux armes de Dame Marguerite de Flandres. 

Item. Vng autre liure en latin , commençant en l'inti- 
tulation Incipit forma qui vocaiur Catholicum (sic). 

Item. Vng autre liure appelé Anliphonier de toute 
Tannée. 

Item. Vng Bréviaire d'ancienne lettre ayant au com- 
mencement vng Calendrier, ymaiges des mois, et 
signes de l'an. 



— 89 — 
Item. Vng autre liure aussi en parchemin , tout noté, 
commençant à l'incommencement Ad te leuaui animam 
me a m y etc. 

Item. Vng autre liureaussi en parchemin, ouquel sont 
pluseurs Iiomans , et mesmement au commencement 
les sept sa'ges de Rome, 

Item. Le liure appelle de la Mutacion de Fortune. 

G? poème allégorique et raoïal , écrit en vers de huit syllabes , 
est de Christine de Pisan. Il a pour titre : Cy commence le liure 
de la Mutacion de Fortune fait et compilé le x^iij iour de 
novembre l'an de grâce mil iiij'c et iij et est di^'isé ledit luire 
en vij parties. In-fol. L'auteur le présenta au Duc Philippe de 
Bourgogne le 1" janvier suivant (Y. St. ) ainsi qu'elle ledit 
dans sa vie de Charles V (première partie, chap. IL ) : « \oirs 
>» est que cest présent an mil iiij c et iij , après un mien nouel 
» A'olume appelle de la Mutacion de Fortune, audit tressolemnel 
» Prince Monseigneur de Bourgogne de par moy pour bone 
» estreine présenté le premier jour de januier que nous disons 
» le jour de l'an; lequel sa débonnaire humilité receupt 1res 
» amiablement. » Ensuite elle raconte qu'elle apprit que le 
Prince voulait la charger « de compiler un traictié touchant 
» certaine matière. » ( La f^ie de Charles V. ) Puis elle ajoute : 
» Et pour ce moy, meue du désir d'accomplir son bon vouloir 
)» selon l'estendue de mon foible engin {ingenium , génie) ,me 
» transportay avec mes gens où il estoit lors à Paris ou 
M chastel du Louure , et là de sa bénigne grâce, lui informé de 
» ma venue , me fist aller vers luy , menée ou il estoit par ij de 
» ses escuyers en toute courtoisie , là le trouvay retrait assez 
» solitaire accompaigné de son très noble filz Anthoine 3Ion- 

» seigneur conte de Retel Ainsi plaist au très redoubté 

» susdit que le petit entendement de mon engin s'applique à 
» rammener à mémoire les ucrtus et fais du très sereins Prince 
» le saige Roy Charles ameur {amateur) de sapieuce et toute 
» vertu, etc. » 



— 90 — 

Christine travailla sur le champ à cette yie de Charles V , 
et quatre mois après ( le 28 avril 1404 ) , la première partie fut 
achevée. Elle avait aussi présenté son livre de la Mutacion de 
Fortune à Jean , duc de Berry , comme on le voit dans l'inven- 
taire de la librairie de ce Prince. 

Item. Vng autre liure aussi escript en parchemin 
nommé le liure de Tutiliuius. 

Il paraît qu'on était peu familiarisé avec Tite-Lîve dans les 
XIV* et xv^ siècles , car son nom , plusieurs fois répété dans ces 
inventaires , est toujours défiguré. 

Item. Vng autre Mure de la Cité des Dames, 

Ce livre a été composé par Christine de Pisan en 1403. Elle 
y prend vivement la défense de son sexe contre le li^re de Ma- 
theolus , ou Satyre contre le Mariage , ouvrage où les dames 
sont très-maltraitées ; il a été composé en 1342. 

Item. Vng Greaul ( Graduel ), Missel noté. 

Item. Vng Bréviaire, noté. 

Item. Le liure de Boece de Consolacion, 

Item. Vng Psaultier, couuert de velours cramoisy. 

Item. Vng autre liure du Ser^^ice de ï Auant en 
l'église de Paris. 

Item. Vng autre Breuiaire, contenant deux temps, 
commençant In anno Naùvilas ( sic ) Dom, 

Item. Deux viez Breuiaires, notés en pluseurs lieux , 
couverts d'aix. 

Item. Vng Missel, noté. 



— 91 — 
Item. Vng liure en parchemin ouquel sont pluseurs 
Moiez à deschant (i) pour dire en vne chapelle. 

Item. Vng petit liure à dire messe, couuert de taf 
( tafetas) vermeil. 

Item. Vng Missel, noté. 

Item. Vng liure de l'office de la F este Dieu. 

Item. Vng petit liure de tAuant, et pluseurs autres 
du treit. 

Item. Vng liure de ï Office de S aint Antlioine , noté, 
garny de vieux fermilletz d'argent. 

Item. Vngvielz Breuiaire, noté, qui commence après 
le calendrié , Istud im^itatoriurn etc. 

Item. Vng vielz Missel, noté. 

Item. Quatre vielz Breuiaires , notez. 

Item. Vng liure où sont pluseurs Prozes. 

Item, Vng Breuiaire , noté. 



(i) Deschanter signifiait alors chanter en faux-bourdon ou en parties. Il 
est dit dans le Journal de Paris , sous Charles VI et Charles VII , 1729 , 
in-4'*, qu'en 1446 ' « vint à Paris ung jeune homme (espagnol) qui n'a- 
y> voit que 20 ans , et qui scavoit tous les sept arts lib'raux , et si sçavoit 
» jouer de tous instrumeus , chanter et dtschanter mieulx que nul autre. , . . » 
(Voyez tom. I, pp. 200-202 , où les merveilles de ce prodige de sciences 
et de talents , qu'on a regardé comme l'Ante-Clirist , sont détaillées. ) 

On peut consulter l'abbé Lebeiif qui , dai\s son Traité du Chant ecclé- 
siastique, parlant du déchant , dit q ie c'est ce que l'on appelle aujourd'hui 
faux-bourdon ou contre-point. 



— 92 — 
Item. Ynes petites Heures, escriptes en papier, cou- 
uertes d'une chemisette de toille blanche. 

Item. Vng Euangeliste , couuert de deux aisselettes 
de bois , couuertes de feuilles d'argent , l'une %urée 
d'un crucifix , Nostre Dame et Saint Jehan , et 
l'autre de la Trinité, et y a vn fermillet d'argent seule- 
ment. 

Item. Vng gros Hure en parchemin, commençant en 
la table Incipiunt rebricœ ( sic) libri de Henrici Bo- 
lue , etc. 

Item. Vng autre liure de la Cité de Dieu. 

Cet ouvrage de S. Augustin a été traduit eu français par 
Raoul de Praesles. 

Item. Trois petits liures en flament, l'un escript en 
papier et les deux autres en parchemin. 

Item. Le premier liure de F roi s s art , couuert de 
sathin , figuré vert, garny de fermilletz et de gros cloz 
de letton dorez. 

Item. Vng liure de l'inventoire des joyaux , vaisselle 
d'or et d'argent estant au Louure et en la Bastille à 
Paris , appartenant à feu le Roy Charles. 

J'ai cet inventaire sous les yeux ; Charles VI l'a fait faire le 
27 décembre 1420, par suite des vols de joyaux, qui avaient été 
commis tant au Loure et à la Bastide Saint Anthoine qu'au 
chastelàu bois de Vincennes , pendant que ce Roi , accompagné 
de Jehan de Puligny, garde des joyaux , était allé à Beauvais et 
de là à Troyes ( où fut signé l'infâme traité qui déshéritait le 
Dauphin (Charles VU ), et l'excluait du trône). Cet inventaire 



— 93 — 
ne renferme aucun livre , mais il y a quelques articles qui m'ont 
paru assez curieux. Par exemple , je vois que les pains à cache- 
ter étaient déjà en usage sous Charles VI. Un article porte : 

« Item. Yng- petit vaissel de crîstail à douze carrés, lequel est 
» garni d'or etc. et est pour mettre pain à chanter. » 

Un autre article prouve que l'on conservait précieusement 
tout ce qui avait appartenu au saint roi Louis IX. 

« Item. La chemise Saint Loys dont il fault une manche ; et 
» une pièce du mantel , et vue cédule de parchemin, par ma- 
» niere de rolle , escripte de la main de Monseigneur Saint 
» Lojs , des enseignemens qu'il envoya à sa fille. » 

Je citerai encore un article où il est question d'un meuble 
ayant aussi appartenu au pieux monarque , mais qui ne serait 
plus guère d'usage maintenant. 

« Item. Une petite boiste longuette d'iuoire , où sont les es- 
» courgées de fer de Monseigneur Saint Loys , dont il se ba- 
» toit. » 

L'usage de l'instrument de pénitence dont il est ici question 
(la discipline) remonte très-haut, et a duré bien des siècles ; on 
s'en servait encore au commencement du xvii*" (1). Il était alors 
aussi commun dans les familles que le sont aujourd'hui nos 
livres d'heures. Chacun avait le sien , et on s'en servait surtout 
au sortir du tribunal de la pénitence ; on passait derrière l'autel 
ou dans la sacristie, et après s'être découvert les épaules on s'ad- 
ministrait soi-même la discipline ou on la recevait des mains de 
son confesseur. Ducange rapporte , à ce sujet , une anecdote 
assez plaisante : Quidam uir zelutj-piis uxorem suam, adconfes- 
sionem eiimtem , sequebatur : quam, cum sacerdos rétro altare 
diœeret ad disciplinandam , hoc i'idens maritus ait : a Domine ^ 
tota lenera est , ego pro ipsâ recipio disciplinam : quo flectente 
genua , dixit mulier : percute fortiter , Domine, quia magna 
peccatrix sum. \. DccANGE,tom. II, verbo Disciplinare , 
col. 1529. 



(i) Voyez les Recherches historiques sur l'origine et l'usage de l'instru- 
ment de Pénitence appelé Discipline, pai" Galj. P ; Dijon, Victor Lagier, 

pag. 



— 94 — 

Il est encore question dans le même inventaire de Charles TI, 
de beaucoup de reliquaires , parmi lesquels il y en a qui renfer- 
ment des objets , dignes de respect sans doute , mais assez sin- 
guliers : 

<( Item. Yn petit reliquaire à pie , et dedens sont les trois 
» Roys de Couloigne ( les trois Mages ) et la Gesine Nostre 
» Dame. 

u Item. Vn petit reliquaire ou quel a du grail Saint Laurent, 
» ( du gril de Saint Laurent ). 

« Item, Vn reliquaire qui est d'un gros balay en façon d'un 
» cuer {cœur) et vn escriptel en manière d'un cercle , où a es- 
» cript : De Capillis Dni jVoi Jhu Xpi. ( des cheveux de 
» N. s. J. C. ) 

« Item. Vne aultre ceinture d'unlixu de soye où est escriple 
» l'euuangîle Saint Jehan (1). » 

(i) Dans un autre inventaire des meubles trouvés au chastel de Noyers, 
fait par ordre de la Duchesse de Bourgogne, le 9 uov. 1419, on distingue 
quelques articles du même gem-e : 

« Item. Vu reliquaire de cristail ou quel y a du lait de la glorieuse 
M Vierge Marie , selon qu'il est escript en uug brevet qui y est attachié. 

» Item. Deux petits tableaux tenant l'un à l'autre et y a de plusieurs re- 
» liques à l'entour desd. tal)leaux et mesmement du ïust (bois) de la vraye 
)> croix , et de l'huille de la benoiste Vierge Maiie , mis en ung esteuf fait 
1) de soye. 

V Item. Vn tableau bien ancien , où sont plusieurs reliques, mesmement 
■» des vestemens Monseigneur Saint Jacques et Marie Salomé et plusieurs 
') aullres Saints. 

V Item. Vng aultre tableau à charnière où il a plusieurs reliques, mesme- 
1) ment de la poudre qui fut trouvée es piez de Nostre Seigneur , le jour 
» des brandons , quant l'anemy le uoult tenter. 

■» Item. Vn anuel où il y a nue pierre, dont Joseph espousa Nostre 
> Dame, si comme disoit la Dame de Saint Just, qui donna ledit annel à 
^ mondit Seigneur (le duc de Berry) aux estraines, le i" janv. i4r5 (a), w 

Ce dernier article est tiré de l'inventaire de Jean , duc de Berry. 

(a) Il existait un parril anneau à Peroiise ; on lui a même consacré un ouvrage 
spe'cial sous le titre suivant : 

De annulo pronubo Deiparae Virginis qui Perusiae religiosissimè adser- 
vatur, J. E. Lauri commentarius. Romœ, 1662 , in-^". 



— 95 — 
Item. Vne Bible en François toute ystoriée. 

Item. Vng liure escript en parchemin, couuert d'une 
couuerture aussi en parchemin, contenant l'office de 
Monseigneur Saint Anthoine. 

Item. Vng liure de Dècrétales , escript en parchemin 
en lettre bastarde. 

Item. Vng autre liure de parchemin , couuert de noir, 
des Croniques de France , escriptes en lettre bastarde. 

Item. Ung liure de parchemin de pluseurs Chancons, 
notées. 

Item. Vng Hure de Jozephus, couuert de velours 
bleu , fermant à deux fermilletz de letton , dorez. 

Il existait et peut-être il existe encore à la bibliothèque de 
Bruxelles un Josephiis de lancienneté des Juifz , manuscrit sur 
vélin , gr. in-folio , qui a appartenu à Philippe , duc de Bour- 
gogne , qui sans doute l'avait reçu en présent de Jean , duc de 
Berry , car le volume porte la signature de ce dernier Prince. 
Est-ce l'ouvrage que nous annonçons ici? 11 existe aussi une 
ancienne traduction de Josephe , à la tin de laquelle on lit : Cy 
finis t Ihystoire de Josephus de la bataille judaïque , translatée 
du latin ( c'était une version latine ) en Jrançoys , en l'honneur 
de Dieu et de la Vierge Marie et de toute la Court cellestielle. 
Les titres des ouvrages sont si abrégés dans les inventaires de 
nos Ducs , qu'il est impossible, quand plusieurs auteurs se sont 
occupés d'un même sujet , de désigner celui auquel appartient 
l'ouvrage indiqué. 

Item. Vng petit liure de Mélihée , escript en par- 
chemin. 

Ne serait-ce pas le dialogue entre Melibée et Prudence sur 
le jeu des échecs , dont nous avons parlé plus haut? V. p. 59- 



— 96 — 
Item. Vn§ autre liure appelé Le Hure de Falere , 
couuert de velours cramoisy. 

C'est sans doute la traduction de VaUre Maxime que fit Si- 
mon de Hesdin à la requête de Charles V. Il ne traduisit que 
les six premiers livres ; Nicolas de Gonesse continua cette tra- 
duction et la compléta en 1401. 

Item. Vng liuret de Séquences (répons). 

Item. Vng Inventoire, escript en parchemin, des 
Hures de MoJiseigneur de Bourgoingne. 

Si l'on eût découvert cet inventaire dans nos archives , le 
présent catalogue serait sans doute beaucoup plus exact et plus 
complet; les titres des livres y seraient plus détaillés, n'étant 
pas confondus avec d'autres meubles , tels que tapisseries, robes, 
vaisselle, ustensiles de cuisine, etc. 

Item. Vng liuret de tlmaige du Coq , couuert de 
parchemin. 

Item. Yng vielz meschant liure , escript en papier, 
contenant le Romani de la Rose. 

Item. Vng liure escript en parchemin , de la Propriété 
des herbes , où sont les figures d'icelles. 

Item. Vng liure escript en parchemin , contenant vng 
Missel en françois , non relyé. 

Item. Vng liure en parchemin^ de Giron le Courtois. 

Ce Roman a été traduit du latin par Rusticien de Pise , à la 
requête d'un Henri , Roi d'Angleterre , que l'on croit être 
Henri IL Rusticien a encore traduit le Roman du Bruth et celui 
de Meliadiis le Léonnoj-s. 



— 97 — 
Item. Vng liure en parchemin , escript en françois , 
appelle le liure de Machaut. 

Yoîlà encore un titre d'ou\r?ge , qui est douteux. Est-il ici 
question de Guill. de Machaut, né en Champagne vers 1282, 
valet de chambre de Philippe-le-Bel , puis secrétaire de Jean 
de Luxembourg , Roi de Bohême ? Il a composé plusieurs 
ouATages , mais je n'en connais pas sous le titre de lUre de 
Machaut. Serait-ce son recueil àe poésies ? Il en existait un beau 
manuscrit sur vélin , du xiv*" siècle , à la bibliothèque de M. de 
la Valllère. V. son Catalague , n° 2771 ; il a été vendu 300 f. 
en 1784. 

Item. Ung liure de Chançons et choses f aides. 

Item. Vng autre liuret en flament. 

Item. Deux petits meschans cayers de papier escriptz. 

Item. Yng liure de parchemin , escript en flament. 

Item. Vng petit liuret escript en parchemin , de Saint 
Bernard, couuert de peau vermeille. 

Item. Vng liure en parchemin, escript en françois, au 
commencement duquel est figurée la Trinité , com- 
mençant le Père, le Fils et le Saint EsperiU 

Item. La vie de Balaan et Jozepha. 

Cet ouvrage dont le titre est entièrement défiguré , est la tra- 
duction du Liber Barlaam et Josaphat, Indice régis, 
attribué sans beaucoup de fondement à S. Jean Damascène ; 
l'original est en grec ; il a été traduit en latin. On en connaît 
plusieurs anciennes traductions françaises; la dernière est de 
J. deBilly, 1578, in-^\ 

Quoique S. Barlaam et S. Josaphat aient existé vers l'an 383 , 



— 98 — 

et qu'ils soient dans le martyrologe au 27 novembre , leur vie 
citée ici n'en est pas moins un Roman , « mais , dit Huet , un 
)« Roman spirituel ; il traite de l'amour , mais de l'amour de 
» Dieu ; on y voit beaucoup de sang répandu, mais c*qst du sang 
» des martyrs ; il est écrit en forme d'histoire , mais non dans 
>» les règles du Roman. » 

Saint Jean de Damas ou Damascene , religieux du monastère 
de S. Sabas près de Jérusalem , est mort en 760. 

Item. Vng Hure en parchemin de P Office de Saint 
Lojs. 

Item. La Vie de la Malle 31 arr astre , et des sept 
Saiges de Rome. 

Je crois bien que cet ouvrage existait dans la bibliothèque 
du Duc de la Yallière ; on trouve dans le catalogue de cette 
bibliothèque, sous le n° 4096 , un Roman intitulé : Ci commence 
H Hures des vij saisies de Romme et de la Marras tre qui fui arse 
(briilée). Ce Roman est le premier d'un recueil qui en renferme 
plusieurs autres , en 3 "voL in^-fol. , et qui a été vendu 340 liv. 
en 1784. 



Ici se termine la liste des livres compris dans l'inven- 
taire du i6 mars i477 (^« St. ), rédigé par ordre de 
Louis XI , après la mort de Charles-lc-Téméraire. A la 
suite de cet inventaire se trouve la copie de quelques 
pièces dont deux méritent d'être mentionnées ici comme 
appartenant à l'histoire : 

Louis XI apprenant la mort du Duc Charles, en 
éprouva une telle joie que son caractère dissimulé ne lui 
permit pas même d'en cacher les transports. Aussitôt il 
s'empare de la Bourgogne, y nomme pour gouverneur 
général Georges de la Trémoille , Seigneur de Craon , 



— 99 — 
son premier Chambellan , et , dans l'ivresse de sa joie , 
lui donne tous les meubles et joyaux du feu Duc , qui 
étaient en la maison de Dijon (i). Une si riche proie 
avait tenté la cupidité du Maréchal de Bourgogne , qui 
en fit la demande au Roi. Mais il arriva trop tard. Tel 
est le sujet des deux lettres suivantes copiées à la suite 
de l'inventaire : Tune est écrite par M. de la Trémoille 
à la Chambre des Comptes de Dijon ^ l'autre est écrite 
par Louis XI audit sieur de la Trémoille : voici la 
première. 

« Messs^% je me recommande à uous tant comme je 
» puis. J'ay esté aduerti que Mons"^ le Mareschal a de- 
)) mandé au Roy les meubles de feu Monseign. de Bour- 
» goigne qui estoyent en la maison de Dijon, lesquelz 
)) il ma donnés , passé a quatre mois -, et de rechief ledit 
» Seign"^ ( Roy ) m'en a escript unes lettres dont je uous 
» enuoie le double. Je suis seur qu'il (le ^ïaréchal) les 
)) a demandés, comme non aduerty que le Roy m'en 
» eust faict le don ; et quant il uerra le double des 
)) lettres dudit seigneur , s'en déportera et qu'il ne 
» uouldroit entreprendre sur moy , non plus que je 
» uouldroys faire sur luy. Et à Dieu , MMg"^' , qui vous 
» doint tout ce que desirez. Escript à Gray , le xviij' 
)) jour de may ( i477 ) ' ^^§^^ le tout vostre , Craon. 



(i) Il paraît que ce Seigneur de Craon était foit intéressé , et âpre à la 
curée, car Pliilippe de Commines , ( liv. vi , cli. i de ses Mémoires) , dit 
de lui : » Il estoit sage homme et seur pour son maistre , mais un peu trop 
2) aimant son profit ; « et ailleurs il ajoute que : « Louis XI lui ôta son gou- 
« vemement tant parce qu'il fut forcé de lever le siège de Dole , que pour 
» les gi-andes pilleries qu'il avoit faites autour du pays, qui, à la vérité, 
' estoient excessives. > 



— 100 — 
Voici le double de la lettre de Louis XI : 
(( Mons' le Conte , Crevant m'a parlé des meubles et 
» uaisselle que je vous ay donnés j je ueuil que nous les 
)) prenés, et que en faites comme du voslre. Touchant 
-a ma part des restes , prenez les entre uos mains pour 
)) les employer en ce que uerrés que sera nécessaire par 
)) de là comme je dis à Merlin. Et à Dieu. Escript à 
)) Arras , le 23** jour de mars ( 1477 )• ^^^^^ signé LOYS 
» et du secrétaire Mesme. » 

Outre la copie de la lettre de M. de Craon , qui est à 
la suite de l'inventaire , l'original est dans le registre. 



Finissons par un mot sur le sort des livres compris 
dans l'inventaire du 16 mars i477 9 ^^ ^^^ ^^ trouvaient 
à Dijon dans une tour du palais , appelée Tour de la 
Librairie. 

Nous venons de voir que le Roi Louis XI , dans 
Texcès de la joie que lui causa le trépas du duc Charles, 
avait donné à Georges de la Trémoille, Sire de Craon, 
son gouverneur en Bourgogne, tous les meubles et 
joyaux du feu Duc , qui existaient dans le palais ; or les 
livres, faisant partie des joyaux , sont donc devenus la 
propriété de Georges de la Trémoille. De là ils sont 
passés dans la bibliothèque de M. Guy de Rochefort , 
nommé premier président au parlement de Bourgogne 
en 1482, et mort en iSoy-, mais ces livres sont restés 
dans sa famille jusqu'en 162^ , époque oîi ils furent ad- 
jugés à MM. Gagne , seigneurs de Perrigny. Après la 
mort de M. Antoine-Bernard Gagne de Perrigny, pré- 
sident à mortier au Parlement, décédé le 23 juin 1686 , 




— 101 — 
M. Laureau fit l'acquisition de cette précieuse collec- 
tion , et ensuite la revendit à M. de Lamarche père , 
nommé Premier Président au Parlement en 1745. Enfin 
celui-ci étant mort, ses livres furent vendus et dissé- 
minés par adjudication ; quelques-uns furent acquis 
par le célèbre bibliophile M. le duc de la Vallicre , 
d'autres par M. de Pont de Vesle , et une partie passa 
à la bibliothèque du Roi. Tel fut le sort des ouvrages 
qui formaient la librairie ou bibliothèque que les Ducs 
et Duchesses de Bourgogne avaient possédée dans cette 
province. 

Quant aux autres collections de Hvres, appartenant à 
ces mêmes Ducs dans les Pays-Bas , à Bruges , à Gand , 
à Bruxelles, etc. , elles furent en partie exposées à des 
dilapidations , et éprouvèrent à peu près le même sort 
que celles de Dijon. Cependant il en subsiste encore des 
débris , la plupart difficiles à reconnaître , mais qui 
forment à Bruxelles le fond de la bibliothèque publique 
actuelle , dite Bibliothèque de Bourgogne. On trouvera 
à cet égard des détails intéressants dans le Mémoire 
historique sur cette bibliothèque , publié par M. de 
Laserna Santander, Bruxelles, 1809, ^^"8° de iv-2.16 
pag. Ces détails, sur lesquels le savant auteur n'avait 
pas eu tous les renseignements nécessaires , ont été dis- 
cutés, rectifiés et complétés par M. J. Barrois, dans sa 
curieuse Bibliothèque protjpo graphique , ou Librairies 
des fils du Roi Jean : Charles V, Jean , duc de Berry, 
et Philippe, duc de Bourgogne. Paris, de l'imprimerie 
de Crapelet, i83o, m-4° de ji-L-Z\6 pag. et 6 pi. On 
peut regarder ces deux ouvrages comme le meilleur 
et le plus ample répertoire que l'on puisse consulter, 
soit sous le rapport historique , soit sous le rapport bi- 



— 102 — 
bliof^raphique , sur toutes les richesses qu'ont accu- 
mulées les Ducs de Bourgogne pendant près de cent 
vinfft ans. Nous indiquerons encore V Histoire des Bi- 
hliothèques publiques de la Belgique, par M. P. Namur, 
bibliothécaire adjoint; Bruxelles, 1840, m-8% tom. I. 
L'auteur a consacré la première partie de ce volume , 
p. 1-176 , à des détails très-circonstanciés sur la Biblio- 
thèque de Bourgogne a Bruxelles -, il en donne Thistoire, 
avec toutes ses phases, depuis son origine jusqu'au 
moment actuel , et finit par une description du local 
qu'elle occupe. 



UN MOT 

SUR LES QUATRE INVENTAIRES 

DES MEUBLES ET JOYAUX 

d'où 

SO>'T TIRÉS LES ELEMENTS DU CATALOGUE PRECEDENT. 



Ces inventaires , dont nous avons ci-devant donné 
le titre et la date (Y. pag. 7, note 1 ), ont été rédigés 
dans le xv^ siècle avec beaucoup de simplicité, mais 
peu d'ordre dans la classification des objets : chapelle 
et tapisseries , meubles et livres , vaisselle et garde- 
robe , étendards et fourrures, arcs et flèches, etc. , 
tout y est à-peu-près confondu. J\' avant eu , ainsi 
que nous l'avons dit précédemment, à ne nous oc- 
cuper que des livres , nous avons laissé de côté les 
meubles et joyaux , sans faire même mention de la 
rédaction des actes où ils sont détaillés. Cependant, 
quand le catalogue a été terminé , nous avons pensé 
que l'on ne serait peut-être point fâché d'avoir une 
idée du style des Commissaires qui ont rédigé ces 
vieux actes, et de connaître quelques-uns des ob- 
jets composant alors le mobilier de Princes qui ri- 
valisaient de somptuosité avec nos Rois. Nous nous 
sommes donc décidé, pour satisfaire le plus som- 
mairement possible la curiosité des amateurs , à 
donner ici textuellement les préambules des quatre 



— 104 — 
inventaires en question , ou du moins des deux pre- 
miers pour la nomenclature des meubles, car les 
deux derniers n'en renferment aucune ; on n'y men- 
tionne guère que des coffres contenant simplement 
des livres. On pense bien que le texte de ces actes 
anciens doit être rendu dans toute la pureté de 
l'original; aussi en conservons-nous scrupuleuse- 
ment le style et l'orthographe ; voici le premier : 

PRÉAMBULE 

DE l'inventaire DES MEUBLES DE PHILIPPE-LE-HARDl , 
DRESSÉ APRÈS SON DÉCÈS EN 1404. 

« C'est rinventoire des joiaux , vaisselle d'or et d'ar- 
gent, aournemens de chapelle , livres, draps d'or et de 
soye, chambres, tapisseries, robes et aultres biens 
meubles advenus à Monseigneur le DucdeBourgoingne, 
conte de Nevers et baron de Donzi ( Jean-sans-Peur), 
par le trespas de feu Monseigneur le Duc de Bour- 
goingne ( Philippe-le-Hardi ), son père, dont Dieux ayt 
l'ame, renduz par les officiers de feu mondit Seigneur, 
pardevant honnorables personnes maistre Philibert de 
Saulx , Jehan de Thoisy , Jehan Hue , Pierre de Cour- 
lan, Jehan Chousat et Jacques Templeuve, commis par 
mondit Seigneur à iceulx oir {entendre) et recevoir et 
les bailler par inventoire à Franchequin de Blandeke, 
ordonné par mondit Seigneur à la garde d'iceulx. 

)) Faict et comancié à Paris , le xx^ jour de may, Tan 
mil cccc et quatre , senz aultre partie de joyaux et biens 
meubles que mondit Seigneur a fait prendre et porter 
avec luy en Bourgoingne et aultres déclairez plus à 
plain ou papier du grant inventoire. » 



— 105 — 

Les divisions dudit inventaire sont établies de la 
manière suivante : 

« El premièrement , s'ensuit Tinventoire de la cha- 
pelle , rendu par Jehan de Hallarville , et haillé audit 
Franchequin de Blandeke. ( 1 1 Articles. ) 

)) Cy s'ensuivent les tableaux et aultres choses. ( 23 
Articles. ) 

» Ymaiges d'or. ( 20 Articles. ) 

)> Ymaiges et aultres reliquiaires d'argent dorés et 
blans , appartenans à ladite chapelle. ( 5o Articles. ) 

» Cy s'ensuivent les aournemens de ladite chapelle 
de mondit Seigneur-, c'est assavoir : tables et paremens 
d'autel, grans chappes à prélat, chapelles entières et 
colhidians de draps d'or et de soye et aultres choses ap- 
partenantes à ladicte chapelle (livres et tableaux). 
( 6 Articles. ) 

)) Chappes à prélat. (8 Articles. ) 

» Chapelles entières. ( 10 Articles. ) 

)) Colhidians. ( 14 Articles. ) 

w Courtines d'autel et touailles parées. (6 Articles. ) 

» Draps d'or et de soye. (14 Articles. ) 

)) Livres appartenans à la chapelle de mondit Sei- 
gneur. ( i3 Articles. ^ 

» Aultres livres pour l'oratoire de Monseigneur, 
fermans à fermoueres dW et d'argent. ( 10 Articles. — 
Et 12 aultres eslrangers aux livres. ) 

)) Cy s'ensuivent tes parties de vaisselle d'or et 
d'argent et de cristail , chambres , tapisserie et aultres 
choses que Jehan le Gambier a rendues en la présence 
desdits commissaires, et icelles baillées audict Franche- 
quin. (7 Articles.) 

» Cv s'ensuit la vaisselle de cristail d'arsrent doré de 



— 100 — 

l'inventoire dudict Gambier, baillée audict Franche- 
quin. (17 Articles. ) 

» Aultre vaisselle d'argent dorée, baillée audit 
Franchequin. ( 14 Articles. ) 

» Cy s'ensuivent les chambres , tapisserie et aultres 
choses rendues par ledict Gambier et baillées par in- 
ventoire audict Franchequin. ( 25 Articles. ) 

)) Cy s'ensuivent les tappis. (83 articles. ) 

» Cy s'ensuivent les chambres, tappis et aultres 
choses qui ne furent pas ou vieil inventoire dudict 
Gambier ( 23 Articles. ) 

)) Cy s'ensuivent les banières , panons , estendards et 
aultres choses que icelluy Gambier a rendues et ont esté 
données audict Franchequin. (12 Articles. ) 

» Cy s'ensuit l'inventoire des robes et aultres choses 
de feu mondict Seigneur de Bourgoigne , que Poinsot , 
varlet de garde-robe de mondict Seigneur, ayant la 
garde d'icelles, a rendues 5 et icelles ont esté baillées par 
inventoire audict Franchequin, présents lesdits com- 
missaires. (17 Aiticles. ) 

» Cy s'ensuit les fourrures des robes de cest inven- 
toire , baillées à Bambrisset. ( 41 Articles. ) 

» Cy s'ensuit les cornes ( cors et cornets ) qu'a rendus 
ledict Poinsot. (26 Articles. ) 

)) Cy s'ensuivent les arcs et flèches. ( 6 Articles. ) 

» Cy s'ensuit l'inventoire des livres et romans de feu 
mondict Seigneur, etc. (37 Articles. ) 

» Cy s'ensuivent aultres parties de biens meubles , 
tant les uns reconnus par les commissaires, des per- 
sonnes qui les avaient, comme aultrement qui ne furent 
point trouvés entre les biens meubles de feu Monsei- 
gneur , et pour ce ne furent point mis ou premier inven- 
toire de Franchequin , desquels ledict Franchequin est 



— 107 — 
cbarsfi^ en rapport, et d'aucunes parties dudict inven- 
toire qui ont esté vendues à argent comptant duquel 
ledict Franchequin est chargé par ce présent compte. 
( 2.5 articles. ) » (i). 

A la suite de cet inventaire , on lit : 

a Et nous Philibert de Saulx , Jehan de Thoisy et 



(1) Le mobilier des Ducs de Bourgogne n'était pas borné à 
ce qui est porté dans cet inventaire , ils en avaient encore un 
à peu-près pareil dans les difiPérentes villes où ils faisaient leur 
resideuce, surtout en Flandre, à Bruges, Gand, Bruxelles, etc. ; 
voici le sommaire d'un inventaire des meubles qu'ils possédaient 
à Bruges ; il a été dressé vers 1458 , par Jacques de Bregilles : 

« Chapelle d'or et d'argent doré. — Aoumemens d'église. — 
Vaisselle d'or. — GroUes d'or ( c'est-à-dire drageoirs , esguiers , 
sailliers , vases plus ou moins ornés, etc.). — Gobelets garnis 
d'or. — Coupes d'argent doré. — Nefs d'argent doré. — Pots 
d'argent doré. — Pots d'argent blanc. — Tasses d'argent doré. 

— Tasses d'argent blanc. — Flacons d'argent doré. — Gobelets 
d'argent doré. — Gobelets d'argent blanc. — Esguiers d'argent 
blanc. — Sailliers d'argent doré. — Plats d'argent doré. — Bas- 
sins d'argent doré et blanc. — Tranchoirs d'argent doré et blanc. 
— Chandelliers d'argent. — Escuelles d'argent. — Platelets dorés, 

— Gobelets de verre et aultres. — Vaisselle de cristal. — Vais- 
selle de jaspe. — Pots de cristal et aultres pierres. — Fretin , 
(c'est-à-dire , feuilles d'argent). — Drap d'or. — Drap de soye , 
de baudequin et aultres. — Robes de drap d'or. — Linge. — 
Linsseulx (sic ). — Joyaulx. — Menus joyaulx. — Patenostres 
de corail , d'or et d'argent. — Caiges d'argent doré à mettre 
oiselets de Chippre. — Cornetz. — Saintures ( sic ). — Barilles. 

— Menues baggues ( c'est-à-dire bagages, mobilier ). — Harnois 
de guerre garnis de pierres précieuses. — Inventoire de la librai- 
rie. M Toutes ces indications sont autant de titres de chapitres 
qui renferment chacun un grand nombre d'articles. 



— 108 — 
Jacques de Templeuve , commis par Monseigneur le 
Duc de Bourgoingne, conte de Nevers et baron de 
Bonzi , à faire payer les marchands de ce qui leur est 
deu par feu Monseigneur dont Dieux ait l'ame, des biens 
meubles advenus à mondict Seigneur par le trespas de 
feu mondict Seigneur , et à oir , corriger et clorre les 
comptes des inventoires rendus par les officiers de feu 
mondict Seigneur , et iceulx biens meubles baillés par nou- 
vel inventoire à Franchequin de Blandeke, commis et 
ordonné par mondict Seigneur à la garde d'iceulx biens 5 
certifiions les choses cydessus déclairées en ce présent 
inventoire , avoir esté baillées audict Franchequin , et 
le surplus desdits biens contenus ou grant inventoire et 
qui ne sont point compris en cestui-cy, mondict Sei- 
gneur les a pris pardevers luy. En tesmoing de ce , 
nous avons cy mis nos seings manuels le xx' jour de 
mars, Fan mil cccc et quatre (v. st.). Signé avec 
paraphe J. de Thoisy et J. de Templeuve. » 

Passons au second acte : 

PRÉAMBULE 

DE l'inventaire DES MEUBLES DE MARGUERITE DE FLANDRE, 

VEUVE DE PHILIP1>E-LE-HARDI , 

RÉDIGÉ APRÈS SON DÉCÈS LE 7 MAI 1405. 

H C'est l'inventoire des joyaulx et aultres biens 
meubles demourés du décès de feu (sic) très haulte et 
puissant (sic) Princesse Madame Marghrite(^ic) de Flan- 
dres, Duccesse de Bourgoingne, Contesse de Flandres, 
d'Arthois et de Bourgoingne , Palatine, Dame de Salins 
et de Malines , encommencié à Arras ce vij^ jour de 
may Tan i4o5 , par maistre Jehan Langret, archi- 



— Î09 — 
diaque ; Philibert Chantemelle , escuier trenchant 5 
Evrard Honcleme, consillier (^ic) j Jehan Mousquet, clerc 
des oflices ; Guiottin de Paris , escuier de cuisine 5 et 
Messire Perriau, chanoine de Sainct Donat de Bruges; 
commis ad ce, et ordenés par Monseigneur Jehan Duc 
de Bourgoingne , etc. « 

Nous citons seulement ces premières lignes du 
préambule qui , dans le manuscrit , occupe trois 
feuillets, et nous passons aux divisions de l'inventaire 
qui renferme un assez grand nombre de chapitres 
ou articles dont les titres vont nous indiquer les 
objets qui composaient en partie les joyaux appar- 
tenant à la toilette d'une princesse au commen- 
cement du xv^ siècle. Cet inventaire a 69 feuillets; 
nous allons suivre pour la désignation des objets, 
l'ordre des folios dans lesquels ils sont mentionnés. 

« Couronnes d'or. Fol. 3 , uerso. 

— » Ciercles de couronnes. Fol. 4 , recto, 

— » Flourons de couronnes. Fol. 5 , recto. 

— )) Doroirs {sic). (Nous ignorons la signification de 
ce mot , qui sans doute a été mal écrit par le copiste. 
Ne serait-ce pas plutôt le mot Drageoirs, vases à 
mettre des dragées , ou petites boîtes d'or ou de vermeil , 
en forme de montres, que les dames portaient par orne- 
ment à la ceinture et dans lesquelles elles mettaient des 
bonbons ? ) Id.fol. 5 , recto. 

— )) Chapiaux d'or et de perles. Id.fol. 5, uerso. 

— » Frontiaux , (c'est-à-dire bandeaux , ornement 
pour couvrir le front). Fol. 7 , j^ect. 

— » Coiffes de perles et de pier ryes (i^zc). Fol.j^ 
yers. 

— )) Coliers (sic). Fol. 8 , j'ect. 



— 110 — 

— )) Fermaulx et fermailles, (c'est-à-dire agrafes, 
boucles, carcans). Fol. lo, vers. 

— » Boutonnières d'or, de perles et d'argent. Fol. 16, 
rect. 

— )) Chaintures, (ceintures) d'or et de perles. 
Fol. 17, rect. 

— » Tissus, (c'est-à-dire ceintures tressées), jPo/. 
19 , rect. 

— )) Attaches, (épingles, pointes, crochets). Fol. 
19, vers. 

— )) Chainnes ysic) et estherpes; ( nous ignorons la 
signification de ce dernier mot ; écrit sans h , (esterpe ) , 
il signifie en roman , race, lignée , branche, du mot 
latin èstrpe; mais cette interprétation n'a aucun rap- 
port à la toilette d'une dame). Fol. 20, rect. 

— » Jartiers (5/c). ( Ce sont sans doute des jarretiè- 
res. ) Fol. ao , vers. 

— . )) Aneaulx (c'est-à-dire anneaux, bagues) sans 
pierries et à pierries(5/c). Fol. 20 , vers. 

— » Pierries (pierreries) hors d'œuvre. Fol. 21, 
vers. 

• — M Perles. Ici. fol. 21 , vers. 
• — )) Bourses. Fol. 23 , rect. 

— » Patenostres (^chapelets) d'or , de perles et 
d'argent. Id.Jol. 20, vers. 

— )) Patenostres de corail , d'ambre, de jayet et de 
crystal. Fol. 24, rect. 

— » Pommes d'or, d'argent et de mus ( musc ), de 
jaspre [sic) et de crystal. Fol. ^5, rect. 

— » Reliquiaires. là. fol. i5 , vers. 

— )) Tabliaux d'or et d'aultres. (Le mot tabliau ne 
signifie pas tableau, mais tablettes à écrire, et l'endroit 
le plus secret de ces tablettes ). Fol. 26 , vers. 



— 111 — 

— » Burlettes (petites bourses). Fol. 27, ^ers, 

— » Croix d'or. Fol. 28 , vers. 

— )) Ymaiges d'ambre , d'albastre , d'ivoire et 
d'aultres. Fol. 29 , rect. 

— » Joyaux de chappelle {sic), paix, calices, bu- 
rettes, chandeliers, linges, nappes, etc. Id. fol. 29, 
vers. 

— )> Heures et aultres livres d'oroison. Fol. 3i, rect. 

— )) Liures et Roumans. Fol. 02, vers. 

'- — )) Aultres liures et roumans. Fol. 33, rect. 

— )) Vaisselle dW et d'argent. Fol. 34, rect. 

— )) Petits couiiaulx à tailler. Id.fol. 34, vers. 

— )) Vaisselle d'or et d'argent , de madré ( espèce 
d'agathe) et de crvstal , pour le esclianchonaige {sic). 
Fol. 35 , rect. 

— » Vaisselle d'argent pour la cuisine-, vaisselle 
d'estain^ vaisselle d'argent pour chambre; menus joyaux, 
etc. Fol. 36, vers. 

— » Coliers {sic) de chiens. FoL \o , rect. 

Les quarante articles dont nous venons de rap- 
porter les titres, forment à-peu-près la moitié de 
Tinventaire ; ceux qui suivent sont encore en plus 
grand nombre, mais ils n'ont pas de titres parti- 
culiers; il est seulement dit : « En un coffre marqué 
» de telle ou telle lettre , se sont trouvés tels et tels 
)) objets. » La quantité de ces coffres est considé- 
rable. Il paraît qu'on y enfermait tout , même les 
livres, comme le prouvent les parties du catalogue 
précédent , indiquées et commençant aux pages 57, 
61 , 69 , 73 , et finissant à la j)age 76. 



— 112 — 

Quant aux deux derniers inventaires , c'est-à-dire 
le troisième et le quatrième , nous en rapporterons 
seulement les premières lignes , puisqu'ils ne ren- 
ferment aucun meuble. 

Le début du préambule du troisième inventaire 
est ainsi conçu : 

» En nom de nostre Seigneur , amen. C'ensuit 
rinventoire des biens meubles demourez du décès de 
feu (sic) ma tresredoubtée dame Madame Marguerite 
duchesse de Bourgoingne darein ( dernièrement) tres- 
passée dont Dieu ait l'ame -, tant de ceulx qui au temps 
de son trespas estoient en l'ostel de Monseigneur le Duc, 
son fils , à Dijon, comme de plusieurs aultres qui , par 
Tordonnance des gens du conseil de mondit Seigneur , 
ont esté admenez d'Auxonne et de Rouvres audit lieu 
de Dijon; et fut commenciez à faire ledit inventoire 
par Jehan Quielent , conseillier et maistre d'ostel de 
mondit Seigneur, ad ce commis et envoyé de par 
iceluy Seigneur , le mardi xxv^ jour de janvier l'an mil 
cccc vingt et trois, en la présence de.... etc. , etc. w 

Cet inventaire n'est point rédigé par ordre de 
classification des objets que Ton avait à inventorier, 
mais par journées que l'on employait à ce travail. 
Chaque jour , on ouvrait les coffres et l'on enregis- 
trait , à mesure qu'ils se présentaient , les articles 
qu'ils renfermaient. 

Le quatrième inventaire , fait par ordre de 
Louis XI , après la mort de Charles-le-Téméraire , 
porte sur le premier feuillet : 

« Pour la Chambre des comptes du Roy , à Dijon. 



— 113 — 
» Inventoire par copie des biens et joyaux demeurez 
de feu monseigneur le Duc Charles de Bourgogne, estans 
en sa maison de Dijon. » 

Au recto du second feuillet , le préambule de 
l'inventaire commence par ces mots : 

« Inventoire commencié à faire le uf jour de mars 
de Pan mil cccc soixante seze ( sic ), en l'ostel du Roy , 
nostre sire , à Dijon , par ordonnance de hault et puis- 
sant seigneur Messire Georges de la Trymoille, seigneur 
deCraon, conte de Lugny, lieutenant du Roy et gou- 
verneur de Bourgoingne , de tous les biens-meubles et 
joyaulx, estans oudit ostel, tant en la chambre des 
joyaulx que aultres , demourez du décez et trespas de 
feu monseigneur Charles de Bourgoingne que Dieu 
absoille , es présence de nobles hommes Loys seigneur 
de la Palu, etc. etc. etc. » 

Ce manuscrit a été tellement détérioré par Thu- 
midité que le bas des vingt premiers feuillets tombe 
en lambeaux. Heureusement la partie qui nous in- 
téressait dans cet inventaire, celle des livres , étant 
au milieu du registre , est la moins endommagée 
par la moisissure ; les pages sont entières ; mais Ti- 
gnorance et le peu de soin des copistes nous ont été 
presque aussi pénibles dans la transcription des titres 
des livres , que l'eussent été des lacunes faites par la 
moisissure. 

A la fin de l'inventaire on lit : 
(( Copie faicte au vray original de l'inventoire des 
biens et aultres choses cydevant déclairées en présence 



— 114 — 
de maistre Estienne Dncret , notaire en l'intitulation , 
et aultres. Signé Guillaume CHEVAL, (i) » 

Trois pièces sont ajoutées à la fin du registre , 
la première consiste en lettres patentes du gouver- 
neur (G. de laTrémoille) par lesquelles il décharge 



(1) Ce M. Guill. Cheval ne manquait ni de caractère ni de 
fermeté dans l'occasion. Devenu Procureur du Roi près la 
Chambre des Comptes de Dijon , il s'opposa fortement à l'enre- 
gistrement de lettres-patentes d'avril 1482, par lesquelles le 
Roi Louis XI faisait don aux religieux de l'abbaye de Saint 
Claude , de toutes les vignes que les Ducs avaient possédées sur 
le territoire de Chenôve, près de Dijon; laquelle donation était 
faite moyennant la singulière clause et condition suivante, 
insérée dans l'acte par Sa Majesté elle-même : « Lesquels reli- 
» gieux et couvent et leurs successeurs en icelle abbaye , se- 
•n ront tenuz de prier Dieu , Nostre Dame et monseigneur S. 
» Claude , pour nostre prospérité et santé , et mesmement pour 
« la bonne disposition de nostre estomac ; que vin ne aultres 
» viandes ne nous y puissent nuyre , et que l'ayons toujours 
>> bien disposé » La Chambre des Comptes, sur le réquisi- 
toire du Procureur du Roi , refusa l'enregistrement de ces 
lettres ridicules. Louis XI eut beau s'emporter contre maître 
Guill. Cheval, le traiter de chien de cheval, de maudit cheval, 
de cheval rétif : l'opposition tint bon , la donation s'en alla à 
vau-l'eau, et p€u après, le 30 août 1483, Sa Majesté alla 
dans l'autre monde. Les vignes de Chenôve restèrent au do- 
maine ; et c'est ce que l'on appelle encore aujourd'hui le Clos 
du Roi , territoire qui produit un vin très-renommé. 

Quant à M. Guill. Cheval , il changea son nom en celui de 
Fontenai , qu'il a transmis à sa postérité. 

L'original des lettres-patentes en question est aux archives 
de Bourgogne , à Dijon. 



— 115 — 
la veuve de feu Jacques de Bregilles , en son vivant 
garde des joyaux du feu Duc Charles , de ladite 
garde , et la fait payer de ce qui était dû à son 
mari. Les seconde et troisième pièces sont les deux 
lettres, Tune de la Tremoille, et l'autre de Louis XI, 
que nous avons rapportées ci-devant , p. 99 et 100. 
INous ne nous étendrons pas davantage sur ces 
quatre inventaires que nous avons jugé à propos 
de faire connaître afin que l'on eût une idée juste de 
la manière singulière dont on rédigeait alors ces 
sortes d'actes , surtout pour la partie des livres que 
l'on confondait avec toutes sortes de meubles , 
quoique , très-rares et déclarés joyaux, ils fussent 
mis au rang des choses les plus précieuses. 



Fm, 



Quoique la pièce suivante ne regarde point les Ducs de 
Bourgogne , on a cru pouvoir la placer à la suite de cette 
nouvelle édition des inventaires de leur bibliothèque , comme 
monument du même genre , existant à Dijon , et rédigé plus 
d'un siècle avant ces inventaires. 



CATALOGUE 

DE LA BIBLIOTHÈQUE 

DU COmENT 



DES 



RELIGIEUX DOMLMCAIJXS DE DIJO.\ , 

RÉDIGÉ EN M. CCC. TH. 



Si les livres étaient rares avant l'invention de 
l'imprimerie , les bibliothèques devaient l'être bien 
davantage et les catalogues de ces collections peu 
volumineuses , plus rares encore ; c'est ce qui nous 
a fait regarder comme une particularité biblio- 
graphique , un petit catalogue de hvres , rédigé au 
commencement du xiv® siècle, et qui a été récem- 
ment découvert dans les archives de Bourgogne. 
Ce catalogue est celui de la bibliothèque des 
Dominicains de Dijon , portant la date de 1307. 
Quoique cette pièce n'offre presque aucun intérêt 
par elle-même, elle a cependant fixé notre attention 
comme vieux monument de catalogographie , très- 
rare à cette époque et remarquable par la naïve et 
barbare simplicité de sa rédaction ; nous croyons 

8 



— 118 — 
donc qu'elle peut voir le jour , et nous allons la 
reproduire avec la plus scrupuleuse exactitude. 
Disons d'abord un mot de sa forme et de quelques 
préliminaires qui y sont adhérents. 

Ce catalogue consiste en un mince cahier de 5 
pages, inséré et fixé au milieu d'un Manuscrit sur vé- 
lin, format pet. ^/l-4°, relié, assez épais , et renfermant 
plusieurs pièces relatives au couvent des Dominicains 
de Dijon. Ces pièces sont mentionnées dans une note 
inscrite, en 1773, par un religieux du couvent , sur 
la dernière garde du Manuscrit , appliquée contre 
sa couverture en bois. Comme il est non-seulement 
question dans cette note , du catalogue qui va nous 
occuper , mais qu'elle offre encore quelques petits 
détails sur le couvent en question, nous croyons de- 
voir la rapporter textuellement. Voici comment 
s'exprime ce religieux : 

tt Ce volume est bien entier. 

5) Cet antique Manuscrit est vraiment précieux pour 
->} nous , parce qu'il est du premier siècle de la fondation 
)) de l'Ordre et de la maison (i) , desquels il présente 



(1) Les Dominicains ont été établis à Dijon , en 1237 , par 
la duchesse Alix de Vergy. Avant la révolution , leur maison 
très-vaste, était d'une grande ressource pour la ville ; les habitants 
s'y assemblaient pour l'élection du Maire ; l'Académie des 
sciences, arts et belles-lettres y tenait ses séances avant l'ac- 
quisition de la belle maison qu'elle avait achetée des héritiers 
de M. le président de Grandmont ; et l'ancienne université de 
Dijon y tenait aussi ses écoles et ses assemblées. Depuis la sup- 
pression des Ordres religieux, en 1791 , les bâtiments du cou- 



— 119 — 
)) les titres et privilèges conservés en originaux ou copies 
)> authentiques, dans le dépôt de ce couvent. Les pièces 
» que ce volume contient , sont de trois sortes : 

» 1° Les bulles des Papes depuis la première année 
» du pontificat d'Alexandre IV , c'est-à-dire depuis 
» 1254^ ou plutôt depuis Grégoire IX, élu pape en 
)) 1227, jusqu'au temps où le copiste écrivait, et 
» il paraît que c'était en 1286. Il n'a point suivi l'ordre 
» chronologique dans l'arrangement des pièces ; c'est 
)) ce qui fait qu'on voit Alexandre IV figurer en tête du 
» volume , avant Innocent IV, qui doit le précéder. 
» Voici la suite des Papes dont il existe des bulles 
)) dans ce volume : 

» Grégoire IX, anno 1° 1227. Clément IV , 1265. 

» Innocent IV, 1243. Grégoire X , 1271. 

» Alexandre IV , 1254. Nicolas III , 1277, 

» Urbain IV, 1261. Martin IV, 1281. 

)) of" Beaucoup de lettres de notre général , Jean le 
» Theutonique , {sic) 1241, du Cardinal Hugues de 
)) Saint-Cher, 124.., des formules de lettres-patentes 
» usitées dans l'Ordre , et une petite chronique de 
)) rOrdre depuis 1243 jusqu'à 1264. 

» Un catalogue de la bibliothèque du couvent de 
» Dijon, fait en i3o7, lequel n'est pas de même main. 
» Le nombre des volumes monte à 140 (i). Saint 



vent ont été vendus , et il ne reste plus que l'éo^lise qui a été 
convertie en marché public. Cette église avait 175 pieds de lon- 
gueur, 66 de largeur et 51 de hauteur. 

(l)Ce nombre nous parait encore assez considérable pour le 
temps ; c'est ce que nous allons prouver par quelques renseigne- 
ments que nous avons recueillis sur le petit nombre de volumes 



— 120 — 
» Thomas d'Aquin y est encore désigné sous le nom de 
i) Frater Thomas. En 1770, la bibliothèque du cou- 
1) vent possède sept à huit mille volumes. 



qui, au moyen âge , composaient les bibliothèques delà plupart 
des monastères. Ces collections de livres ne s'appelaient point 
alors bibliothèques ; on les nommait libraria , quand elles ap- 
partenaient à des particuliers , et armaria , quand elles tenaient 
à des abbayes, parce que les volumes étaient précieusement ren- 
fermés dans des coffres ou dans des armoires. Le bibliothécaire 
avait le titre de librarius , et ses fonctions se désignaient par 
le mot lihrariatuSy ûs. Voici donc, quant au nombre de volumes, 
ce en quoi consistaient les richesses bibliques , ascétiques , 
mystiques et parénétiques de certains couvents au moyen âge. 
Si quelques ouvrages profanes , classiques ou autres , y parais- 
saient , on pouvait leur appliquer à juste titre le Tari sunt 
nantes , etc. 

Commençons par un catalogue rédigé au ix^ siècle , et qui 
se trouve à la fin des scholies de S. Maxime sur S. Grégoire ; 
ce catalogue est celui de la bibliothèque d'un couvent qui pos- 
sédait en tout 32 volumes. 

La Bibliothèque d'Evrard , comte de Frioul , qui vivait sous 
l'empereur Lothaire en 868 , était composée de 50 vol. 

Celle de l'Abbaye de S. Etienne, en Allemagne, en avait 43. 

L'Abbaye de Pompose près de Ravenne, dont Guidon était 
abbé au xi^ siècle , avait 62 vol. 

A l'Abbaye de Moyen-Montier , il en existait 67. 

Dans celle de Gemblou en Belgique , on comptait , en 1048, 
jusqu'à 160 vol. , dont 60, dit-on , appartenaient à des auteurs 
profanes. 

La célèbre Abbaye du Mont-Cassin , dans le même siècle , 
n'avait que 90 vol. dont 7 étaient profanes. 

Au commencement du xii siècle , la bibliothèque de l'Abbaye 
d'HIrschau n'était riche que de 60 volumes. 



— 121 



)) 3° Une exacte copie de nos anciens titres , depuis 
1 287 jusqu'en 1286. On voit par ce volume que nous 



Celle que Gérard de Blaye, Evéque d'Angouléme , légtia à 
cette ville en 1136, contenait 100 volumes. 

L'Abbaye de Pontivi en Bretagne en possédait 200. 

En 1248 , la Bibliothèque de Glastonbury était très-remar- 
quable pour le temps ; on y voyait 400 vol. et entre autres les 
œuvres de Tite-Live , Salluste , Virgile , Lucain , Claudien , etc. 

L'église de Ratisbomie avait 500 vol. qu elle racheta , en 
1251 , pour la somme de 67 marcs d'or, plutôt que de s'en 
voir dépouiller par Conrad , lils de l'empereur Frédéric IL 

Le nombre de livres que S. Louis avait fait copier et dépo- 
ser à la Sainte-Chapelle à Paris, devait être assez considérable, 
puisque, par une clause de son testament daté de février 1269 
v. st. , il ordonne qu'elle sera partagée entre quatre couvents , 
savoir : les Dominicains de Compiègne , l'Abbaye de Royau- 
mont , les Dominicains et les Cordeliers de Paris. 

Le roi Jean , à sa mort, en 1364, n'a laissé que 10 volumes. 

Son fils Charles V, décédé en 1380, a enrichi le Louvre 
d'une collection de 910 vol. 

Certains particuliers possédaient aussi des bibliothèques assez 
remarquables pour le temps ; celle de Nicolas de ISicolis , bi- 
bliophile italien , était composée de 800 volumes grecs qu'il 
légua au public par son testament; il est mort en 1439. On 
prétend que cette collection pouvait valoir 466,400 fr. de 
notre monnaie actuelle. 

Le cardinal Bessarion , non moins passionné pour les livres , 
avait aussi une collection de 600 volumes grecs, que l'on disait 
encore plus précieuse que celle de Nicolis , quoique moins 
nombreuse; elle lui avait coûté 30,000 écus. Ce célèbre Cardinal 
est mort le 19 nov. 1472. 

Nous nous arrêtons ici ; l'imprimerie venait d'être décou- 
verte , et dès-lors les bibliothèques n'eurent plus de mérite à 
devenir nombreuses. 



— 122 — 
» n'avons rien perdu. Voyez à cet égard le catalogue 
» raisonné du dépôt. )) (i) 



(1) Cette dernière collection de titres ou actes, tous rédigés 
en latin , a xxx feuillets paginés au recto. Voici un échantillon 
du stjle de ces sortes d'actes ; celui-ci , sous le n° IJ^fol. xii, 
est un acte de vente de la maison du bourreau de la Tille , passé 
au profit du couvent, en mars 1251. Il est intitulé : De domo 
Andrew garnificis , et commence ainsi : «< NOS Mercator de- 
canus Cape lie Ducis (Hugues IV ) , e^ Magister Albericus de- 
canus Chris danitatis d/^ionensis, notum Jhcimus omnibus pré- 
sentes litteras inspecturis , quod constitutus inpresentiânostrd, 
Andréas carnifex y filius Colini dicti Lebot , recognot^it se ven- 
didisse pro sud nccessitate et concessione in hereditatem perpé- 
tuant , Jratribus predicatoribus de Dj'i'ione , domum quamdam 
cum manso (portion de terrain ), quœ domus cum manso sita 
est ante ecclesiam dictorum fratrum juxta mansum qui médius 
est eorumdem fratrum _, et dimidius Pétri Chauchart ex una 
parte y et juxta domum sororis predicti Andreœ ex altéra, vide- 
licet pro precio viginti quatuor librarum Dyç^ionensium quas etiam 
jani recognowit se récépissé et habuisse in pecuniâ numeratd* 
Propter quod de dicta domo se coram nobis penitus deues tiens, 
predictos fratres de eadem domo cum manso int^esti^^it et pro- 
mis it , juramento prestito corporaliter , se nunquam de cetero 
per se vel per alios contra ire , et super se et omnia bona sua 
acquisita et acquirenda dictam venditionem predictis Jratribus 
et eorum successoribus contra omnes defendere et garantire. 
Hanc aulem venditionem laudaverunt et ratam habuerunt Ce- 

cilia ux or dicti Andreœ, et Regina mater ejusdem Incujus 

rei testimonium ad preces partium , presenti carte sigilla mtstra 
apposuimus. Actum anno Dni m° cc° quinquagesimo primo , 
mense Marco. » 

Il paraît que pour ces sortes d'actes en faveur des établisse- 
ments religieux , les doyens de la Sainte-Chapelle et du Chapi- 
tre de Saint-Jean remplissaient les fonctions de tabellions. 



— 123 — . 
Telle est la note qu'on lit à la fia de cet intéres- 
sant manuscrit, qui est en général d'une belle écri- 
ture, petite gothique ; mais les cinq pages du cata- 
logue sont d'une autre main beaucoup moins habile ; 
l'écriture en est détestable et presque indéchiffrable 
dans beaucoup de passages. Nous allons donner ce 
catalogue informe tel qu'il est rédigé en latin , sans 
rien changer ni à l'ordre observé dans la liste des arti- 
cles qui le composent , ni à l'orthographe , qui ne 
donnera pas une grande idée de la capacité du libra- 
rÎMs du couvent. Il n'y a aucun autre titre que ces 
deux lignes préliminaires : 

« 3n tôto libro rontin^ntur Itbri qtios abutt (sic) 
commiue ^imommis. ^Inno Oomini m" ccc'' mu » 

Puis commence la liste des livres par ces deux 
articles parfaitement semblables : 

)> Vêtus et Novum Testamentum , in duobus volumini- 
hus magnis. (i) 



(1) La Bible devait naturellement tenir le premier rang dans 
un catalogue de bibliothèque conventuelle ; nous la retrouvons 
ainsi placée dans l'inventaire des livres de la célèbre abbaye 
de Cîteaux , que nous venons de découvrir à l'instant dans la 
Bibliothèque publique de Dijon. Le premier article de ce cata- 
logue est ainsi annoncé : 

« Prima. Una pulchra Biblia intégra , m satis magno polu- 
mine, benè scripta et compétent! littera. Conf. secundum fo- 
Kùm in prologo , incipit : Die de terra ; et penultimum , in 
Epîstolâ ad Hebreos (sic) desinit : scriptum est de. » 

Nous nous proposions de donner, à la suite du présent cata- 



— 124 — 

» Vêtus et Novum Testamentura . in duohus magnis 
voluminibus . 

)) Velus et Novum pro exemplari , in quatuor parvis 
s^oluminibus . (Les mots : Deeslunum, sont en surcharge), 
puis : — Genesis, Exod. , glosati, in uno uolumine. — 
Levitic. , Numeri , Deut. , glosati , in uno \^olumine. — 
Josue, Jufiicum , Rulh, Esdras, Thobias (5ic), Judith, 
quatuor libri Regum, Parai., glosati , in uno i^olumine. 

» Job, glos. , in uno volumine, — Psalterium, glos.. 
in uno voluniine. 



logue des livres des Dominicains de Dijon , cet inventaire des 
livres deCîteaux, rédigé en 1480 et 1482 ; mais il est trop volu- 
mineux ; il forme un m-4° de 93 pag. sur parchemin , à deux 
colonnes de 33 lignes chacune , et contient 1 200 articles. Il a été 
fait par Jean de Cirej, abbé de Cîteaux ; il est en deux parties ; 
la première , p. 1-62 , qui a 747 articles , a pour titre : 

« Inventarium librorum monasterii Cistercii Cabillonensis 
diœcesis ( diocèse de Chalons S. S, ) , factum per nos fratrem 
Johannem , abbatem ejusdem loci , anno Domini millesima 
quadringentesimo octogesinio ( 1480 ), postquam per duos annos 
condnuos labore duorum et sœpiàs trium ligatorum , eosdem li- 
bros aptari , ligari et cooperiri cum magnis sumptibus et im- 
pensis fecimus. » 

La seconde partie , /?. 63-93 , qui continue les n*^* des articles 
de 748 à 1200, est ainsi intitulée : 

« Inve>taricm librorum existentium in studiorio monasterii 
apud Cistercium , per nos abbatem ejusdem loci factum die xj 
mensis octobris anno Domini millesimo cccc lxxxij ( 1482). » 

Comme ce catalogue présente plus d'intérêt que celui des Do- 
minicains de Dijon , nous pourrons en faire l'objet d'un travail 
particulier , et nous parlerons des améliorations qui s'aperce- 
vaient déjà dans la rédaction des catalogues. 



— 125 — 

» Qulnque libri Salomonis , in uno woluminei 

» Quinque libri Salomonis^ in uno uolumine; cum 
Actibus et Epistolis canonicis et Apocbalis , (sic) totum 
Yolumen glo. 

)) Ysaias , glo. , in uno wolumine, 

» Jeremias , glo. , iji uno volumine. 

» Ezechiel , Daniel , glo. , in uno wolumine. 

» Duodecim prophète , glo. , in uno ^olumine, 

» Matheus , Marchus {sic)^ glo. , in uno volumine,^ 

» Lucas , glo. , in uno wolumine. 

» Johao. , glo. , in uno volundne. 

)) Epistole Pauli , in uno uolumine, glo. 

)) Epistole Pauli , in uno \^olumine, glo. 

)) Prima pars Epistolarum Pauli, glo-, in uno vo- 
lumine. 

» Secunda pars Epistolarum Pauli , glo. , in uno vo- 
lumine, 

^) Tria paria Summar. Magistri Guillelmi(i) autisio- 
dari j tribus uoluminibus , q.libet in suo volumine. 

)) Quatuor Evangeliste , glo. , in uno uolumine, 

» Quedam Questiones vage , in uno volumine, 

yt Liber Sententiarum (2), quatuor paria. 



(1) Cet auteur doit être Guillaume , célèbre professeur de 
théologie à Paris, archidiacre de Beau vais, mort en 1230, et 
qui a donné une Somme de théologie qu'on attribue mal à 
propos à Guillaume d'Auxerre , évéque de Paris , mort en 
1223. 

(2) C'est le fameux livre des Sentences de Pierre Lombard , 
qui , professeur de l'université de Paris , devint évéque de cette 
ville, en 1159, et mourut l'année suivante; M. Van-Praet ne 
le fait mourir qu'en 1164. Le livre des Sentences était si re- 



— 126 — * 

M Decretales (i) apparate, in uno volumine* 

» Décréta , in uno i^olumine. 

» Décrétai es alie apparate, in uno uolumine, 

» Summa de Casibus apostolica , in uno et duohus 
voluminibus. 

)) Liber... ( moZ illisible) de ordine indiciario , z'/z 
uno volumine. 

)) Summa quœ dicitur copiosa, in duohus i^olumi- 
nibus. 

)) Summa Gofridi , in uno volumine. 

» Somma {sic) monaldina , in uno uolumine. 

î) Somma martiniana , in uno voluniine. 

» Somma praepos. , in uno v^olumine, 

)) Somma de Virtutibus et Viciis ( sic ) ; perdita est 
antequam Alardus esset librarius , tempore librariatûs 
fratris H. de Belna ( de Beaune ). 

» Quedam pars Somme de virtutibus , in uno s^olu- 
mine. 

)) Concordancie magae (2) , in uno ^olumine. 



nommé , qu'il n'est pas surprenant que le couvent en ait possédé 
quatre copies semblables, ou peut-être quatre paires , quatuor 
paria , comme dit l'élégant rédacteur. 

(1) Les Décrétâtes sont des rescrits des Papes, relatifs à des 
règlements ou à des décisions sur quelques points de discipline. 
Le Pape Grégoire IX fit compiler en 1220 toutes les dé- 
crétales ou constitutions de ses prédécesseurs, en cinq livres- 
Innocent III, qui a tenu le siège pontifical de 1198 à 1216, 
en a plus fourni que tous les autres Papes ensemble. Cette com- 
pilation a été faite par le frère Raymond , dominicain , chapelain 
de Grégoire IX ; c'est la seule autorisée par les Papes, et admise 
en France. 

(2) Cette concordance doit être celle de Hugues de Saint- 



— 127 — 

» De auctorîtatibus concordancie. 

)) Et Precationes , in uno volumine. 

» Concordancie super auctoritatibus , in uno illu- 
mine. 

» Papias, in unovolumine. 

» Liber Bjitonis , in uno volumine. 

» Postille super duos nocturnos Psaltepii , in uno vo- 
lumijie. 

» Postille super Johannem , in uno volumine. 

)) Postille super Actibus et canonicis epistolis Pauli , 
in quodam paivo volumine. 

)) Beda (i) super Lucam , in quodam weteri volumine. 

)) Prologorum expositio super totara Bibliam , in uno 
volumine. 

w Correptores Bibliae , in uno parvo volumine. 

» Postille super Genesim , quae fuerint fratris Lau- 
rencii , in uno volumine. 

» Hymni , glos. , in quodam parvo volumine. 

)) Dialogus GG. (Gregorii)et quidam Liber Beali 
Bernardi (2) , in uno volumine. 



Cher, cardinal en 1244, qui employa cinq cents religieux à 
ce grand travail de patience, si utile et si commode pour fa- 
ciliter les recherches dans la Bible. Ce cardinal est mort à Or- 
viette, le 19 mars 1263. 

(1) Le vénérable Bede, né à Wermouth en 673, est mort 
à l'abbaye de Sarrow , en 735 , laissant une Histoire ecclésias- 
tique et des Commentaires sur l'Ecriture Sainte. 

(2) Nous ignorons quel est cet ouvrage de S. Bernard. Ce 
célèbre docteur , l'honneur et la gloire de la Bourgogne , est né 
à Fontaine près de Dijon . en 1091 ; il est mort à Clairvaux le 
20 août 1153, et a été mis solennellement au nombre des 



— 128 -- 

)) Pastoral is GG. (Gregorii), continens libros An- 
selmi , in uno volumine. 

» Régula Beati Augustini, cum constitutionibus , in 
uno uolumine. 

» Régula Beati Augustini , cum expositione hujus de 
Sancto Victore, in uno s^olumine. 

» Vite patrum , in uno uolumîjie. 

)) Liber de Proprietatibus rerum (i) , in uno volu- 
mine. 

» Quedam Somma de coronis Ofifroni , in uno \^olu- 
mine. 

» Liber de cœlesti Gerarcbiâ (Hierarchiâ), induobus 
voluniinibus. 

)) Moralia Gregorii super Job , in tribus voluminibus. 



Saints en. 1165, par bulle du Pape Alexandre IIL Pourquoi 
ne lui donne-t-on ici que le sirpple titre de Beatus ? Il est vrai 
qu'on traite de même S. Augustin dans les deux articlfs 
suivants. 

(1) Cet ouvrage est de Barthelemî d'Angleterre { Barlholo- 
mœus anglicus ) , auquel on donne le surnom de Glanville. 
Presque tous les auteurs qui en ont parlé , le font ^ ivre vers 
1360; maïs puisque son Traité est inscrit dans ce Catalo- 
gue-ci rédigé en 1307, il n'y a pas de doute qu'il florissait avant 
1360; ou bien il faudrait adopter l'opinion du P. Quetif qui, 
dans ses Scriptores Ordinis Prœdicatorum , tom. I, p. 486, 
cherche à prouver que le Glanville qui florissait vers la fin du 
xiv^ siècle, ne peut être l'anglais Barthelemi qui a écrit le 
De Proprietatibus rerum, avant la fin du xiii® siècle. —Antoine 
Possevin , dans son Apparatus sacer , donne à Barthelemi , le 
surnom de Grannuyse ; on ignore où il a puisé ce surnom em- 
poyé par lui seul. 



— 129 — 

)) Cronica Martini (i) Summorum Pontificum , irip. 
et corr. , in uno voluinine, 

)) Quinque paria historiarum. 

» Quatuor paria historiarum. 

» Spéculum historiale (2) , in quatuor i^oluminihus , 

)) Liber de ofïiciis Ordinis, in uno volumine. 

)) Secundus fratris Thomae (3) , in uno volumine. 

» Quartus fratris Thomae , in uno volumine. 

» Prima pars Secunde fratr. Thomse, in uno ^olumine. 

» Secunda Secunde fratr. Thomse, in uno v^olumine. 

)) Prima pars Somme fratr. Thomae, in uno uolumine. 

)) Scripta fratris Auberti super senlencias {sic), in 
uno uolumine. 

» Summa Alexandri , in duobus v>oluminihus. 

•» Secundus et tercius {sic) fratr. Pétri, in uno wolu- 
mine. 

» Questiones vage , in uno wolumine. 

» Questiones fratris Odonis Bissuntini , in uno wolu- 
mine. 

)) Quaedam questiones super sententias super asseri- 
bus. 

)) Scriptum super hbros Dyonisii , in uno ^olumine. 



(1) Cet auteur est Martin de Pologne , mort le 29 juin 1278 ; 
il a laissé des Sermons et cette Chronique qui finit au Pape 
Clément IV, mort le 29 novembre 1268. 

(2) C'est la quatrième partie du fameux Spéculum majus de 
Vincent de Beauvais , mort en 1256 selon les uns , et en 1264 
selon les autres. 

(3) S. Thomas d'Aquin, né en 1226, prit l'habit chez les 
Dominicains de Naples en 1243; il est mort le 7 mars 1274, 
et a été canonisé par Jean XXII, en 1323, seize ans après la 
rédaction du présent Catalogue, 



— 130 — - 
)) Qaartus Pétri , in uno volumine. 
» Primus , secundus , tertius Pétri , in uno volumine, 
» Liber de anima , et Liber raetheororum ( sic ). — 
Frater Richardus Divionensis habet. 

« 36t00 Ubroô t)(tbmt {sic) qui sequuntur : 

» Frater Huga de Parrecceyo habet Bibliam unam 
parvam , quae fuit fratris Hugonis saliniensis. 

)) Frater Haymo de Borda , primam Secundae fratris 
Thomse. 

» Frater Herveus Breviarium unum quod fuit fratris 
H. Saliniensis ( de Salins ). 

» Frater Herveus habet Summam de casibus , cum 
apparatu et mutuavit precedens frater Herveus supra 
predictam Summam c. p. (compactam, reliée) , ad va- 
lorem quinquaginta solidorum divionensium. 

^) Habentur in cathenis (i) quatuor Evangeliste de 
opère fratris Thomse, quos dédit conventui frater Johan- 
nes de Ta lento ( de Talani, près de Dijon). 

)) 39ti eunt sfrmaitfô Cornus preîïicatorum îrit)i0- 
nensium» 

» Serraones de P.... (illisible).,. , in duobus ^olumi- 
nibus. 

» Sermones de Sanctis , in uno volumine. 

» Sermones de Maylle (sic)^ in uno volumine. 



(1) Les li\Tes d'église étaient alors fort rares , et crainte qu'on 
ne les dérobât, ou qu'on ne les détériorât , on les attachait sur 
le pupitre avec une chaîne , dans une espèce de grille à claire- 
voie ; on passait la main à travers les barreaux pour tourner 
le feuillet. 



— 131 — 

- » Sermones de Mayle (5ic), m w«o i^o/amz'/ze. 

» Serraones de Vyarte ( sic ) , in uno uolumine, 

» Distinctiones Mamerci , in uno i^olumine nigiv, 

» Distinctiones Viardi , in uno v>olumine. 

» Epistole Pétri Blesensis (i), et lib... de conside- 
ralione Bibl. , in uno ^olumine, 

)) Décréta abreviata , que fuerint fratris Laurencii , 
in uno ^olumine rubro, 

» Vita Sanctorum qqam vocant vita aurea (a) , in 
uno volumine. 

» Vita Sanctorum abreviata , in uno volumine, 

» Liber quidam in gallico , qui incipit de p. precep- 
lis et loquitur de virtutibus et viciis (j/c). Priorfrater 
Jo. de Manso babet. 

» Frater Riebardus divionensis babet Bibliam de 
conventu que fuit fratris Milonis de Maynegio. 

» Frater Matbeus babet Summam de casibus, que 
fuit fratris Milonis. 



(1) Pierre de Blois , ce savant si distingué de son temps , est 
mort en Angleterre vers l'an 1200 ; il a laissé 183 lettres , 60 
sermons et d'autres ouvrages. 

(2) C'est ce qu'on appelle la Légende dorée , due à Jacques 
de Yoragine , pieux , mais très-crédule archevêque de Gènes. 
Cependant ce n'est pas lui qui a inventé tous les récits ridicules 
que ce livre renfermait dans son origine ; on en voyait déjà dans 
Métaphraste , dans Vincent de Beauvais, etc. Mais il a ajouté 
à ces fables des ornements , des circonstances et des dialogues 
qui annoncent plus d'imagination et de goût pour le roma- 
nesque , que de talent pour écrire l'histoire , surtout la bio- 
graphie des Saints. Jacques de Voragîne, né en 1230 , d'abord 
dominicain, puis archevêque de Gènes en 1292, est morte» 
1298 , neuf ans avant la rédaction du présent catalogue. 



— 132 — 

)) Sermones antiqui qui incipiunt : « Misit de sum- 
mo et accepit me. » In uno uolumine nigro. 

)) Breviarium de Parisiis. — Quoddam aliud brevia- 
rium parvum. 

» Habetur in domo quartus sententiarum ceptus qui 
est abbatis Sancti Stephani , glos. , in uno uolumine. 
— Loco et precedens abbas habet decretales abreviatas 
que fuerint fratris H. de Cugliniaco , ( de Quetigny, 
village à 6 kilomètres de Dijon. ) 

» Collectum super quoddam antiquum quod fuit fra- 
tris H. de Pareceyo (de Parrecej, dans le Jura , peu 
éloigné de Dole). 

)) Questiones quedam super asseribus , in uno volu- 
mine. 

)) Sermones antiqui , incipiunt : « Haec cum Martha 
sollicitaret. » 

» Quedam pars Summae de virtutibus, in uno uolu- 
mine, 

» Decretales abreviatae quae fuerint fratris H. de 
Cugtiniaco , in uno paivo volumine, cum camisia. 

» Liber de timoré , in uno volumine. 

w Sextus Decretalium , in uno volumine. 

Ici finit le catalogue de la Bibliothèque des 
Dominicains de Dijon , rédigé en 1307 ; c'est , 
comme nous l'avons dit , une petite spécialité in- 
forme , ridicule , parfois illisible et même inintelli- 
gible, mais qui , présentant un échantillon de la 
catalogographie à son berceau , nous a semblé 
pouvoir être de quelque intérêt pour Famateur qui 
se plaît à remonter à Torigine des différentes 
branches de la Bibliographie. 



TABLE 

DES DIVISIONS DE L'OUVRAGE. 



ANCIENNE BIBLIOTHÈQUE DES DUCS DE BOURGOGNE, 

Pages. 

Lettre préliminaire. 5 

Petit tableau des rapports généalogiques entre les Rois 
de France et les Ducs de Bourgogne de la dernière 
race; ( en note ) 10 

Quelques pièces relatives aux dépenses que faisaient les Ducs 
en acquisition de livres , 

Sous Philippe-le-Hardi, 23 

Sous Jean-sans-Peur 33 

Sous Philippe-le-Bon 36 

Sous Louis XI , remplaçant Charles-le-Téméraire. . . 37 
Catalogue d'une partie des livres composant Tancienne 

bibliothèque des Ducs de Bourgogne de la seconde 

race : 

Inventoire des liures et romans du Duc Philippe-le-Hardi, 
(en 1404) 41 

Liures appartenant à la chapelle de mondict Seigneur. . . 52 

Aultres liures pour l'oratoire de Monseigneur 55 

Extrait de l'inventaire de 1405. 

1° Heures et aultres liures d'orisons; au cofire seigniet A. P. 67 

2° Liures et Roumans en iij cofifres dont l'un est seigniet A.E. 61 

9 



— 134 — 

Pag. 
3" Aultres Hures et Roumans ou coffre A. M 69 

4" Aultres lîures Roumans ou coffre A. 73 

Oultre l'inventoire 74 

Extrait de l'inventaire de 1423 76 

Extrait de l'inventaire de 1477 85 

UN MOT sur les quatre inventaires des meubles et 
joyaux d'où sont tirés les éléments du Catalogue précé- 
dent 103 

Préambule de l'inventaire des meubles de Phillppe-le- 
Hardi , dressé après son décès en 1404 «104 

Préambule de l'inventaire des meubles de Marguerite de 
Flandre , veuve de Philippe-le-Hardi , rédigé après son 
décès, le 7 mai 1405 108 

CATALOGUE de la bibliothèque du couvent des reli- 
gieux dominicains de Dijon, rédigé en 1307 117 

Table des divisions de l'ouvrage 133 

Table des matières • 135 



TABLE 

DES MATIÈRES. 



A. 



ABOLITION (Leltres d') du crime 
de l'assassinat de Louis duc d'Or- 
léans , délivrées en faveur de Jean- 
sans-Peur, s'en avouant coupable, 
JD. 35 , note. 

absurdités relatives à la Belette , à 
l'Aigle , à la Licorne, dans le li\Te 
du Bestiaire, p. 67 ; — à quelques 
sujets représentés dans des tableaux 
du XV* siècle , p. 64. 

Académie des Inscriptions et Belles- 
Lettres (Mémoires de 1'), cités ^. 
8, not. 

Acte de vente ( Forme et style d'un ) 
passé en laSi , au profit des do- 
minicains de Dijon, rapporté p. 
122 , not. 

Adekbz dit Le Roi , Romancier du 
xiii'" siècle, ciXê pp. 45 , 66, 68. 

Ama>ton (Notice sur la vie et les 
ouvrages de feu M^". C.-N. j , citée 
^. 5 et 6, not. 

Amusements philologiques , ouvrage 
cité y>. 32 , not. 

Anecdote plaisante sur uu jaloux , 
racontée par Ducange,/?. 93. 

Anneau de mariage de S. Joseph et 
de la Sainte-Vierge , relique citée 
p. 94, «o/. 

Antoine , comte de Retbel , fils de 
Philippe-le-Hardi , tué à la bataille 
d'Azincourt en 1 416, cité ^. 16, 
not. 

Arc ( Collège de 1' ) , fondé à Dole , 
par dispositiou testamentaire de 
Philippe-le-Bon , du 8 décembre 
1441 , p. i3,not. 

Armoria, mot par lequel on dési- 
gnait les bibliothèques dans les 
Couvents au moyen âge, ^. 120, 
not. 

Arts libéraux ( Les sept ) ; en quoi ils 
consistaient,/?/?. 72 et 73. 



Assassinat àe Louis, duc d'Orléans , 
en 1407, p. 34, not. —de Jean- 
sans-Peur , duc de Bourgogne , en 
1419,7^.80. 

AuBERT d'Hesdin ( David ) , écrivain 
du XV* siècle ; extrait de sa Chro- 
nique de Naples; il vante le goût 
de Philippe-le-Bou pour les lettres 
et sa générosité envers les savants , 
p 14. 



B. 



BAJAZET (Le sultan) exige une 
forte rançon pour rendre la liberté 
au comte de Nevers qu'il a fait 
prisonnier ; procédé généreux de 
Philippe-le-Hardi à son égard , p. 
5i , not. 

Balbi de Gènes ( Jean ), gi-ammairicn 
du siii* siècle , citent?. 54 , not. 

Barlaam et Josaphat , roman cité o. 
97. 

Barre (de la ) , éditeur des 31é- 
moires sur Charles YI, Charles YII, 
et les Ducs de Bourgogne, cité p. 
5r. 

Barrois (M'. J.), savant auteur de 
la Bibliothèque protrpogi-aphique , 
cité p. 9, Jiot. , eip. loi. 

Barthelzmi de Glanville, écrivain 
du xin* siècle, cité/;. 43, et p. 
128 , not. 

Bataillier (Jehan), traducteur de la 
Légende dorée , au xiv* siècle , cité 
p. 43. 

Bâtarde ancienne , courante , brisée, 
ronde, et autres écritures em- 
ployées au moyen à^e,pp. 27-28, 

Beckman>- , éditeur du Liber lapidum, 
de Marbodius , cité/?. 86. 

Bede le vénérable , cité p. 127. 

Bedfort (Le duc de ) dispose, vers 
i43o, d'tme partie des li\Tes de 



— 136 — 



Charles V , Charles VI et Chailes 
\ll,p.9,not. 
Beh>-, enlumineur de livres a Dijon, 

auxiT*^ siècle, cité/?. 23. 
Bercheur ( Pierre ) , traducteur de 
Tite-Live, au xiv^ siècle , cité p. 
43. 
Bersard (S.) , cité/>. ïi'^^not. 
Bessario- ( Le cardinal ) , cité p. 121, 

no t. 
Bestiaire (Le livre de), cité p. 66. 

— Autre,/?. 68. 
Bible ystoriée 'La) , citée/?. 42. 
Bible "( Défense de lire la ) , en fran- 
çais, p 56. 
Bibliothèques au moyen âge (Petit 
nombre de livres qui composaient 
les)/?. 1 19 et 120, nof. 
Bla>che (La Royne) de Navarre, 

citée/?. 56. 
Boccace ( Jehan ) , son traité Des 
nobles Femmes, cité p. 45, 82 , 
83. 
BoECE , son Linre de Consolation , 
traduit en prose par Jehan de 
Meun ,/?. 72 , 81. 
BoTSRATiER ( Guill. dc ) , archevêque 

de Bourges, cité /?. 61. 
Bo>>-ET(Macé), curé de Monlereau, 
trouve le Bréviaire de Jean-sans- 
Peur, /?. 80. 
BoRaoN (Robert de), romancier du 
xri« siècle , auteur présumé du 
Saint-Graal, p. 63; traducteur du 
Roman de Lance lot , p. 65. 
Bouclier d'Âbbeville (Le Fabliau du), 

cité p. 67. 
BouDOT (Note sur feu M.), ancien 

archiviste à Dijon , p. 6. 
Bourgogne (La ^Maison de) élevée 
au rang des premières puissances 
sous Philippe-le-Bon, /?. i3. 
Brvciaire de Jean-sans-Peur , perdu 
sur le pont de Montereau ( conjec- 
ture sur le) ,/?, 80. 
Briserahre , écrivain du xiv* siècle , 
traité de légier compaignon, par 
Philippe de M ai zi ores , p. 77. 
BacNET ( M. ) , célèbre bibliographe, 

cité/». 6, no t. 
BuRiDAw (Nicaise) , tabellion de 
Marguerite de Flandre ; échantillon 
de son style et de son orthographe, 
p. 76 , not. 



c. 



Ci RD IN AUX présents au Concile 
de Constance ( Dons faits aux ) , de 
la part de Jean-sans-Peur, /?. 5o. 

Castelt.ain ( Georges), historiogi-aphe 
du Duc Philippe-le-Bon , cité p. 
17. 

Catalo go graphie, ignorée au xv'= 
siècle, /?. 38. 

Catalogue d'une partie des livres des 
Ducs de Bourgogne : extrait de 
l'inventaire de 1404,/?. 4i-57 — 
De l'inventaire de i4o5 ,/?. 57-76. 
— De l'inventaire de 14^3 , p. 76- 
85. — De l'inventaire de it^-j'] ,p. 
85-98. 

Catalogue des livres de la bibliothè- 
que des dominicains de Dijon, p. 
I 17-122. 

Catalogue des livres de l'abbaye de 
Citeaux, mentionné/'. i23 et 124, 

flOt. 

CathoUcon (Note sur le mot),^. 54, 
not. 

Cessoles (Jacques de), écrivain du 
xiii' siècle , auteur présumé d'un 
livre sur le Jeu des Echecs, ciiê p. 
60. 

Chapelle et oratoire de Philippe-le- 
Haidi (LivTcs servant à la), /?. 52- 
5-. 

Charles V, roi de France , cité p. 8, 
9, 10, II, 52, 89, 121. 

Charles VI, cité y?. 8, 9, 10, 34, 35, 
51,92. 

Charles VII, cité/?. 9, 10, 92, 
etc. 

Charles-Quint (l'Empereur), sou 
goût pour l'horlogerie , p. 84. 

Chakles-le-Téméraire , Duc de 
Bourgogne, p. 17; — Son goût 
pour les Lettres, p. 17-21, 98. 

Chasse (Goût des Rois et des Pnnces 
pour la ). — Trains de chasse des 
Ducs de Bourgogne, p. 5i,not. — 
de Bajazet , id. — Le liure de la 
Chasse, cité /?. 87. 

Chastelain de Coucy ( Li Roumans 
du) cité,/?. 61 et 62. 

Chemise de S. Louis, conservée par- 
mi les joyaux de la couronne, p. 



137 



cheveux de J,-C. , conservés dans un 
reliquaire,^. 94. 

Choix de testaments anciens et mo- 
dernes, ouvrage cité/?. i3, not. 

Chousat ( Jean ) , conseiller du Duc 
Jean-sans-Peur , cilé d. 3o, 33 , 
35,36. 

Chresties de Troyes , romancier du 
XII'' siècle , met en vers le roman 
du S. Graal , p. 63 , cilé p. 68. 

Christine de Pisan , femme savante 
du XV'' siècle , ses différents ouvra- 
ges cités yj. II, 16,33,89. 

CUomades ( Le liure de ) , Roman 
d'Adenez Le Roi, cité p. 65 et 66. 

Collège de Dole fondé par Philippe- 
le-Bon, p. i3 , not. 

ÇoMESTOR (Pierre), écrivain du xiii^ 
siècle, cité p. 42. 

CoMiNES, historien du xv* siècle, 
cité/». 17. 

Concile de Constance , où s'agite la 
question du tyrannicide, p. 5o. 

CoRBECHON ( Jean ) , écrivain du xiv* 
siècle, cité/?. 43. 

CouRTÉpÉE, historien de Bourgogne, 
cité/?. 54 , not. 

Couvertures des livres des Ducs de 
Bourgogne , richement décorées , 
/?. 39. 

Crapelet (g. a. ) , célèbre et savant 
imprimeur de Paris, cité/?. 62. 

Creston ( Jean ) , libraire à Paris au 
XV* siècle, cité/;. 32. 

Crevant ( Le maréchal de) a demandé 
à Louis XI les meubles des Ducs , 
existant au palais de Dijon , mais 
ils avaient été accordés au gouver- 
neur-général Georges de la Tre- 
moille , /?. 99 et 100. 

Croy ( La maison de ) flatte le goût 
du duc Philippe-le-Bon , poiu' les 
livres , par des dons multipliés , /?. 
i5. 

Curiosités bibliographiques , ou\Tage 
cité/?, 14, not. 

Cjrus ( Histoire de ) , précieux ma- 
nuscrit; sa description, son prix, 
p. 19, not. — Acquis par la reine 
des Belges (Louise-Marie) en 
i833 , /?. 20, not. 



D. 



DAUNAY, escripvain à Dijon au 
xtv'" siècle, cité /?. 26. 

Déchant, terme de musique, sa si- 
gnification , /?. 91 , not. 

Dec ré ta les des Papes , citées/?. 126 , 
not. 

Dépenses des Ducs de Bourgogne 
pour se procurer et faire exécuter 
des li^Tes précieux : sousPhilippe- 
le-Hardi , /?. 2 3-32 ; — sous Jeau- 
sans-Peur,^. 33-36; — sous Phi- 
lippe-le-Bon, /?. 36-37. 

Desduit des chiens et des oyseaulx 
(Le liure du) , cité /?. 46. 

Discipline, instrument de pénitence 
à l'usage de S. Louis , cité sous le 
nom d'Escourgées en fer, /?. 93. 

Dominicains (Quelques détails sur le 
couvent des) à Dijon, p. 118- 
122. 

DoNAT, gi'ammairien du iv^ siècle, 
cité/?. 54. 

DoNNEDiEu ( Pierre ) , escripvain du 
xiv'' siècle, à Paris, cité/?. 27. 

DccANGE, savant philologue, cité 
/?. 93. 

Ducs de Bourgogne ( Les quatre ) de 
la seconde race royale ; tableau 
de leur généalogie , parallèle à 
celle des Rois leurs contemporains, 
/?. 10, not. — Leur goût pour 
les lettres, /?. 8-21. 

Durand ( Jean ) , physicien ( méde- 
cin ) du duc Phiiippe-le-Hardi , 
cité /?. 3i. 

DuvERDiER, écrivain français, cité 
/?.46,67, 71, 

E, 

ECHECS (Moralité du Jeu des) ou- 
vrage traduit en français par Jean 
de Yignay , au xiv"^ siècle , p. 5g. 

Etrennes ; elles se donnaient au i" 
janvier , quoique l'année commen- 
çât à Pâques , /?. 29 , not. 

EvAx , roi d'Arabie , médecin sous 
Tibère, auteur grec du li\Te De 
gemmis, traduit en vers latins par 
Marbodius, au x;!*" siècle,/?. 86. 



138 ■— 



Evrard , comte de Frioul , cité pour 
sa bibliothèque peu volumineuse , 
p. 120,^^ 



no t. 



F. 



FABLIAUX {Le Hure des) ^ ses 

diverses éditions,^. 69 et 70. 
Ferron ( Jean le ) , auteur du xiv'= 

siècle, cité p. 60. 
Fevre ( Raoul le ) , chapelain de 

Philippe-le-Bon , écrivain du xv^ 

siècle, cité;?. 64. 
Flandre (Les anciens comtes de) ont 

encouragé les lettres, />. 12. 
Fleur des rstoires d' O riant (Jut liure 

àe la) y cïlép. 45. 
Formats des livres au xv* siècle , p 

38, not. 
Forme (Les lettres de); ce qu'on 

entend par ces sortes de lettres 

dans l'écriture du xv* siècle , />. 2 7 

et 28 , not. 
Froissard, historien, cité p. 12 et 

92. 
FROMO^T ( Philippe ) , évèque de 

jN'evers, confesseur du duc Phi- 

lippe-le-Hardi , cité p. 54 , not. 
FuRNivAL ( Richaid de ) , romancier 

du xui* siècle , cité /?. 67. 

G. 

GAGE ou Gasse de la Bigne, écrivain 
du XIV* siècle , cité/?. 46 et 86. 

Gagne de Perrigny ( Ant. -Bernard ) , 
Président au Parlement de Bour- 
gogne , cité p. 100. 

Galilée, savant italien, inventeur 
du télescope , cité />. 32 , not. 

Galliot-Dupré , savant imprimeur 
et éditeur, cité p. 86. 

Gallopès d'Angers (Jean) , écrivain 
du XIV* siècle , cité p. 65. 

Garde-joyaux , titre doimé aux bi- 
bliothécaires dans le xv* siècle, 
p- 14. 

Gautier de Coinsi , écrivain du xni* 
siècle, cité p. 72. 

Gautier de Met/ , auteur du li\Te de 
Mapmondcow Ymaige du monde , 
cite p. 70. 



Gelée ou GiélÉe de Lille , auteur 

du Nouveau Renard, cité p. 70. 
Généalogie synoptique des fils et 

petits-fils du Roi Jean ,p. 10 , not. 
Gérard de Blaye , évèque d'Angou- 

lème , cité p. 121, not. 
Gerso> ( Jean ) , savant théologien 

du XV* siècle, cité/?, 35, not. 
GiRARDiN d'Amiens , écrivain du xiii* 

siècle, cité/?. 45, 71. 
Giron le Courtois ( Le livre de ) , 

cité /?. 96. 
Graal ( Saint ) ou Gréal , définition 

de ce mot et histoire de ce vase , 

p. 63. 
Grégoire IX, pape, cite/?. 126, 

not. 
GuiARD des Moulins, écrivain du 

xm* siècle, cité/?. 42. 
Guillaume , savant théologien de 

Paris , au xm* siècle , cité p. 12 5, 

not. 
Guillaume de la Charité , escripvain 

( copiste ) à Paris , dans le xv* 

siècle, cité/?. 34. 
GuiLLAuiME de Machaut , auteur du 

XIV' siècle, cité/?. 97. 
Guillaume de Nangis , chroniqueur, 

cité p. 75. 
Guillaume des Bares (Le liure de) 

et des sept Saiges , célèbre roman, 

p. 70 et 71, 
Guillaume d'Osmont , auteur du 

Lapidaire, cité/?. 87. 
Guilleville ( Guillaume de ), auteur 

du XIV* siècle, cité/?. 65. 
GuYOT d'Angers , escripvain employé 

par le duc Philippe-le-Bon , /?. i5. 

H. 

HAYTON de Courchy , écrivain ar- 
ménien du XIV* siècle, cité p. 45. 

HÉBERs , auteur du xii* siècle , cité 
p. 71. 

Histoire de Cjrus, précieux manus- 
crit, cité et décrit, /?. 18-20. 

Histoires de Trojes (Recueil des), 
p. H. 

Horloge de Courtrai prise en i382, 
et envoyée à Dijon par Philippe- 
le-Hardi, /?. 84. 



— 139 — 



Horlogerie ( Goût de Charles-Quint 

pour r ), ;?. 84. 
HouDANC (Raoul de) , romancier du 

xn* siècle , cité p. 68. 
HuET ( évêque d'Avranche ) , son 

opinion sur le Romande Barlaam 

et Josaphat , p. 98. 
HcGUEs IV , duc de Bourgogne , cité 

p. 122 , not. 
HuGrts de Saint-Cher , auteur de la 

concordance de la Bible, cité p. 

126 et 127 , not. 
Huile de la Sainte Vierge, gardée 

dans un reliquaire, p. 94, not. 
Huisseries, explication de ce mot , p. 

83 , not. 



I. 



I3IPRIMERIE, date de son intro- 
duction dans plusieurs villes de 
Belgique, p. 10. 

INNOCENT m, pape , cité p. 126, 
not. 

Inventaire des livres et romans du 
duc Philippe-le-Hardi (en 1404), 
p. 41-57. — Des livres de la du- 
chesse Marguerite de Flandre , en 
i4o5 , p. 67-76. — Des livres de 
la duchesse Marguerite de Bavière, 
en 1423,^, 76-85, — Des livres 
provenant du duc Charles-le-Té- 
méraire, en 1477, p- 85-98. — 
Dates des quatre inventaires, p. 7, 
not. 

Inventaire des meubles du duc Phi- 
lippe, ;?. 104. 

Inventaire des joyaux du Roi Charles 
VI, /7. 92-94. 



JACQUEyiART, nom donné à plu- 
sieurs horloges,;?. 84. 

Jalousie ( Plaisante anecdote de ) , 
racontée par Ducange, p. 98. 

Jean , Roi de France ; généalogie de 
ses fils et petits-fils, p. 10 not.; 
cité/7. 121. 

Jea>- , duc de Berr)- ; sa bibliothèque 



considérable pour le temps, p. 8, 
61 , 78. 

Jean de Bourgogne , comte d'Estam- 
pes , petit-fils du duc Philippe-le- 
Hardi, cité/7. 16, not. 

Jean de Cirey , abbé de Citeaux , 
cité p. 124 , not. 

Jean de IVIehun , dit Clopinel , célèbre 
écrivain du xiii" siècle, cité/?. 47, 
48, 52 , 72, 81. 

Jean-sans-Peur , duc de Bourgogne; 
son goût pour les lettres , p. 12 , 
1 3 ; — Ses dépenses pour acquisi- 
tion de livTCS , p. 33-36. 

Jean Damascene (S.) ; Roman qui 
lui est attribué, /?. 97. 

Jeanne de Bourgogne , première 
femme du Roi Philippe VI, citée 

r- 77. 

Jeanne II , reine des Deux-Siciles , 

citée p. 45. 
JosEPHE, historien juif , cité p. 95. 
Joyaux de Charles VI f inventaire 

des) , p. 92-94. — De Marguerite 

de Flandre,/?. 108. 

L. 

LABBE (Le P.), savant Jésuite, 
cité/?. 65, 

La Croix-du-Maine , écrivain fran- 
çais , cité p. 46 , 71. 

La Curne de Sainte Palate, écri- 
vain français, cité/?. 46 , 68 , 75. 

Lam ARCHE /'M. de), premier prési- 
dent au Parlement de Dijon , cité 

p. ICI. 

La Marche (Olivier de) , écrivain du 

xv^ siècle, cité /?. 18 , not. 
Lapidaire ( Le ) , traduit du latin de 

Marbodius,cité/?. 86. 
La Serna Santander , savant biblio- 

gi-aphe, cité/?. 9, nor. ,et /?. loi. 
Leboevf (l'abbe) , savant pliilologue, 

cité /?. 8 , 29. 
Lefevre ( Raoul ) , auteur des Hys- 

toires de Troyes, cité jo. 64. 
Le Franc ( Martin) , auteur de VEs- 

trif de fortune , cité/?. 16. 
Légende dorée , citée/?. 48, i3i, 
Legrand d'Aussy , écrivain français , 

cité/?. 49? '^y. 



— 140 — 



Le Grakt( Jacques), auteur du livre 

des Bonnes Mœurs, cité p. i5. 
Le La-bourecr , auteur de l'Histoire 

de Charles VI , citéyw, 8 , not. 
Leroux de Linct, savant philologue, 

cité/? 22, not. 
Lescxtyer (Robert) , libraire à Paris, 

au xiv*" siècle , cité p. -2.5. 
Lettres de forme , lettres de somme , 

bâtarde ancienne , brisée , ronde , 

écriture gothique , etc. ( Note sur 

les) , p. 27-28, 
Lhtillier ( Martin ) , libraire à 

Paris, au xiv* siècle, citéy^. 2.5. 
Libraria, nom qu'on donnait aux 

bibliothèques des particuliers, dans 

le moyen âge; — Librarius , nom 

domié au bibliothécaire ; — Libra- 

rialus , fonction du bibliothécaire, 

p. 120 , not. 
LiNFOL (Pierre) , libraire à Paris, au 

XV* siècle, cité^. 33. 
Livres ( Des ) considi rés comme 

joyaux , leur rareté , leur cherté , 

p. i3 , 14, not. 
Livres (Des) enchaînés, p. i3o , 

not. 
LoRRis ( Guillaïunfi de ) , auteur du 

Roman de la Rose, cité p. 47 , 

not. 
Louis IX ( S. ) , Roi de France , cité 

p. '•j'j el p. 10. 1 , not. 
Louis XI, Roi de France, cité;?, 10, 

not., 21 , 22 , 37, 98, 99, 100. 
Lunettes, note sur l'époque de leur 

découverte , p. 32. 

M. 

MACHAUT ( Guillaume de ) , cité p. 

97- 

Maillard de Chambure , membre 
de plusieurs sociétés savantes , 
conserv ateur des Arclùves de Bour- 
gogne, cité p. 6, not. 

Mâle ( Louis de ), comte de Flandre, 
beau-père de Philippe-le-Hardi , 
cité p. 12. 

Male-Marrastre ( le Roman de la ) 
cité^. 98. 

Mallet ( Gilles ) , garde de l'an- 
cienne bibliothèque du Louvre , 
en fait l'inventaire, p. 9, not. 



Maî(deville (le LÎNTe de Jehan de) 

cité ». 68. 
Mantel de S. Louis, conservé parmi 

les joyaux de la couronne, p. 93. 
Ma>lel ( les frères Polequin et Ja- 

nequin ) , enlumineurs de li\Tes 

au XV* siècle, cités ^. 3o, 3i. 
Map ( Gautier ) , romancier du xii* 

siècle, cité p. 63 , 65. 
Marbodius , écrivain du xti* siècle ; 

son Liber lapidum , cité p. 86. 
Marguerite de Bavière , veuve de 

Jean-sans-Peur, citée p. 7, not., 

p. 76,84. 
Marguerite de Flandre , veuve de 

Philippe-le-Hardi, citée /^. ':,not., 

p. 76, not. 
MARGUERITE d'Yorck , femme de 

Charles-le-Téméraire , chée p. 21. 
Marie de Bourgogne , fille du duc 

Charles , épouse l'archiduc Maxi- 

milien, citée /?. xo, not. 
Marie de France , poète du xii* ou 

XIII* siècle , citée /? 49. 
Marot ( Clément ) , poète du xv* siè- 
cle, cité /?. 47. 
Marti>- de Pologne , chroniqueur , 

cité p. 129 , not. 
Matheolus (Je Livre de ) , ou Satyre 

contre le mariage, p. 90. 
Maximilies (l'archiduc), cité ^. 10, 

not. 
Mensel de Hesdin ( Jean ) , écrivain 

du xv*^ siècle , employé par Phi- 

lippe-le-Bon , p. i5. 
MÉow (M. ) , philologue très-instruit 

dans la littérature française du 

moyen âge, cité p. 47. 
Meubles et joyaux des Ducs de Bour- 
gogne ( UN mot sur les inventaires 

des), p. io3-ii4. 
Meu> , voy. Jean de Mehun. 
Miniatures ridicules dans le Recueil 

des Hystoires de Troyes, p. 64. 
Miracles de Nostre-Dame ^(le liuie 

des) cité^. 72. 
Missel donné en étrennes à Philippe- 

le-Haidi, par son chancelier, /j». 

3o , not. , p. Si. 
Montres ( les ) n'ont été en usage 

qu'au X VI* siècle,/?. 84. 



— lil 



N. 



NAMUR (M. P.), bibliographe, 
cité^. I02. 

Nangis ( Guillaume de ) , historien 
du xiii'' siècle, cité^. 75. 

Nelli ( Clément de ) , auteur d'une 
vie de Galilée , cité^p. Sa , not. 

Nicolas de Gonesse , écrivain du xv* 
siècle, cité^. 20, 96, 

N/coLAS de Nicolis , bibliophile ita- 
lien, cité p. 12 1, not. 

Nodier ( Charles ) , savant éditeur 
des Mémoires sur l'ancienne che- 
valerie, cité p. 46. 

Nouvel/es ( les cent nouvelles ) , ou- 
vrage composé à la Cour de Phi- 
lippe-le-Bon ,^. 22 , not. 



o. 

OGIER LE Danois ( le Roman de ) , 

cité p, 45. 
Oresme (Nicolas), écrivain du xni« 

siècle , cité p. 42, 52. 
Orléans ( Louis duc d' ) assassiné 

par ordre de Jean-sans-Peur , cité 

p. 34-35. 
OsMOND ( Guillaume ) , auteur d'un 

ouvrage intitulé : Le Lapidaire , 

cité p. 87. 



PJINS à cacheter , déjà en usage 
sous Charles VI, /;. gS. 

Paon ( le livre des Fœux du ) , cité 
p. 77. 

Papes dont les bulles sont relatives 
à l'établissement et à la discipline 
du couvent des Dominicains de 
Dijon, p. 119. 

Pélerinaige du monde ( le ) , cité 
P- 44. 

Pélerinaige de la vie humaine ( le li- 
vre de ) , cité;?. 65. 

Perrot de S. Cloot (S. Cloud), écri- 
vain du xn^ siècle, cité p. 70. 

Petit ( Jean ) , cordeber, apologiste 
de l'assassinat de Louis duc d'Or- 
léans, p. 34 et 35, not. 



Pétrarqlt: ; son livre des Remèdes 
de l'une et de l'autre fortune, cité 
p. 86. 

Philippe , comte de Nevers , et An- 
toine , comte de Rethel , son frère, 
fils de Pliilippe-îe-Haidi , tués à 
la bataille d'Azincourt , en i4i5 , 
cités p. 16, not. 

Phxlipp£-le-Bo>- , duc de Bourgogne; 
son goût pour les lettres , p. i3 ; 
— date de sa mort ; fortune qu'il 
a laissée, /?. 17. 

Philippe-le-Hardi , duc de Bour- 
gogne ; son goût pour les lettres , 
P- 8 ; — ses dépenses pour acheter 
et faire exécuter de beaux ouvra- 
ges, p '2 3-32 ; — fait enlever l'hor- 
loge de Courtrai , et la fait con- 
duire à Dijon , p. 84 ; — date de 
sa mort , p. 10 ; — transport de 
son corps de Hall à Dijon , p. 53 
et 54 , not. 

Philippe de Maizières , écrivain du 
XIV* siècle , cité^. 77. 

Philippe de Rouvre, dernier duc 
de Bourgogne de la première race 
royale , cité p. 23, 24, not 

Pierre de Blois , savant théologien 
du xr siècle, cité/;'. i3i, not. 

Pierre Lombard , le maître des sen- 
tences , cité/?. 125, not. 

Pipe d'or ; signification de ce mot , 
p. 52, not. 

Plancher (Dom), historien de Bour- 
gogne , cité/7. 35, not. 

Platine d'argent doré, pour mettre 
les lunettes du duc Philippe-le- 
Hardi , /?. 32. 

PoGGE de Florence , auteur de la tra- 
duction latine de V Histoire de Cy- 
rus , par Xenophon; cité p. 19, 
not. 

Pot DE Vesle (M'-de), bibliophile, 
cité p. lor. 

PoRÉE ( Martin), jacobin, chancelier 
du duc Jean-sans-Peur, envoyé au 
concile de Constance , p. 5o; — 
donne un Missel au Duc, p. 53. 

PossEviN ( Antoine ) , savant auteur 
du xv!!"" siècle, cité/?. 12 S. 

Préambule de l'inventaire des meu- 
bles de PhiUppe-le-Hardi , p. 104; 
— de Marguerite de Flandre , sa 
veuve, p. 108. 



— 142 — 



Premierfait I Laurent de ) , écrivain 

du XIV* siècle, cité p. 83. 
Presles ( Raoul de ) , écrivain du 
xiu* siècle, cité/?. 43. 
Prévost, scribe du bailliage deDijon» 

au XV* siècle, cité/?. 37. 
Propriété des choses ( le livre de la ) , 

cité p. 3o, 43, 71, 8i, 128. 
Propriété des pierres (le livre de la), 

cité p. 57, 69. 
Propriétés des testes ( le livre des ) , 

cité p. 82. 
P rot )-po graphie de M*" J. Barrois , 

citée p. loi. 
Psalterium , précieux manuscrit en 

lettres d'or, cité/7. 20, 21. 
Put-iorcT ( Jean de), garde des joyaux 

de Charles VI , cité p. 92 . 

Q. 

QUERARD ( M-^ ) , savant biblio- 
graphe, cité/?. 6, not. 

QuÉTiF ( le P. ) , historien de l'ordre 
des Frères prêcheurs , cité p. 128, 
not. 



R. 

RAOUL ( Jehan), prebstre de Dijon, 
copiste et enlumineur, cité/?. 37. 

R-iPoxDE ( Dyne ) , marchand à Paris, 
procure de beaux livres au duc 
Philippe-le-Hardi , p. 28; — lui 
rend de grands services, /? 29, not. 

Rapoîîde ( Jacques ) , frère du précé- 
dent , pourvoit aussi , à grands 
fi'ais , la bibliothèque du duc Phi- 
lippe , de livres curieux; cité/?. 
27, 3o, 3i, 33. 

Raymo>d ( Frère ) , chapelain du 
pape Grégoire IX, cité/?. 126, 
not. 

R_\YNouARD ( M. ) , savant explora- 
teur de la langue romane , et phi- 
lologue distingué, cité o. 48 et 
81. 

Reliques, la plupart singulières, men- 
tionnées dans l'inventaire de 
Charles YI , p. 93 ; — et dans 
l'inventaire des meubles du chas- 
tel de ÎS'oyers, /?. 94 , not. 



Renart (Le Roumant du), cité/?. 
70. 

Renouard père (M. ) , savant éditeur 
d'un grand nombre de beaux ou- 
vrages , et surtout de la meilleure 
édition des Fabliaux de Legrand 
d'Aussy, cité/?. 69, 70. 

Robert (M. ) , éditeur des Fables 
inédites des xii^ , xtii* et xtv'' siècles, 
cité/?. 49. 

Robert de Borron , écrivain du xm* 
siècle, cité/?. 74. 

Rochefort ( Guy de ) , premier pré- 
sident au Parlement de Bourgogne, 
cité /?. 100. 

RoLLo> ou Robert , premier duc de 
Normandie, cité comme ayant 
fourni le sujet de Robert le Diable, 
p. 72. 

Roman de la Rose ( note sur le ), p. 
47 , not. 

Roquefort ( M"^ ) , philologue dis- 
tingué, cité/?. 49 et 63. 

Rusticien de Pise , écrivain du xm* 
siècle , traducteur des Romans de 
Giron-Ie- Courtois et du Bruth, 
etc , cité /?. 71 et 96. 

Rutbeuf, écrivain du xm* siècle, 
cité,/?. 70. 

S. 

SALVINO Degli Armati , habile 
italien, passe pour l'inventeur des 
lunettes, cité/?. 32 , not. 

Sendebad , très ancien écrivain in- 
dien, cité /?. 71. 

Simon de Hesdin, auteur du xrv* 
siècle, cité/?. 20 et 98. 

SiMox ( Richard ) , savant philologue 
biblique , cité/?. 42. 

SiNNER , ( M' ) , érudit du xvrri* 
siècle , cité/?. 59 et 63. 

SoiLLoT ( Charles ) , écrivain du xv* 
siècle, cité p. r5 , 17. 

Solas , explication de ce vieux mot , 
/?. 44. 

Sommes ( Diverses ) payées par les 
Ducs de Bourgogne, pour acqui- 
sition , enluminure et reliure de 
livTes, p. 23-38. 



J 



— 143 — 



TESTAMENT de Philippe-le-Bon , 

cité p. ï^ , not. 
Thomas d'Aquik ( S. ), cité^. 129 , 

not. 
TonKs ( Hugues de ), chroniqweur du 

Duc Charies-le-Téméraire , cité p. 

Tbémoille ( Georges de la), seigneur 
de Craon ; lettre qu'il écrit au su- 
jet du don que lui a fait Louis XI, 
des meubles du feu duc Charles , 

Trmum et quadrivium : ce que l'on 
entend par cesmots,^. 72 et 73. 

u. 



Vasque de Lucene , écrivain du x^ 

siècle, cité/;. 18-20, not. 
Yauquelin (Jean), auteur du xv' 

siècle , cité /?. 16, not. 
Vénerie du Duc Philippe-le-Bon 

( détails sur la ), /?. 5i, not. 
Vergy ( Alix de ) , fondatrice des 

Dominicains de Dijon, p. 118, not. 
ViGNAY (Jehan de), traducteiu- delà 

Légende dorée au xiv* siècle, p. 

43, 59, 77. 
ViNCEUT DE Beautais, écrivaln du 

XIII* siècle , cïxkp. 77 et 129. 
T'oie d'Enfer et Paradis ( le liure 

delà), cité p. 68. 
V0RAGINE ( Jacques de ) , auteur de 

la Légende dorée, cité/?. 43 elp. 

i3i. 



URRIES (Moses Ugo de ) , traduc- 
teur espagnol de Valère-Maxime , 
cité/7. 20. 



XÉNOPHON , cité/7. 17, i8 et 19. 

Y. 



VALERE-MAXIME , précieux ma- 
nuscrit de la Bibliothèque de 
Charles-le-Téméraire , cité/7. 20. 

Vallière ( le Duc de la ) , célèbre 
bibliophile, cité /7. ici. 

Vak-Praet (Joseph), bibUographe 
très-distingué , publie l'inventaire 
de l'ancienne bibliothèque du 
Lou\Te, dressé par Mallet en 1 3 7 3 , 
cité p. 9, not., p. 14, not., et/?. 
12 5, not. 



YSOPE T ( le li\Te appelé Fables-) , 

c'est-à-dire yâ^/e^ d'Esope, cité/7. 

48. 
Ystoires et croniques des contes de 

Flandre ; ouvrage cité p. 48. 

— Autres croniques de Flandre , 

p. 52. 

Ystorié , définition de ce mot appli- 
qué aux. livres , /? . 3 o 



^049 



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